En­goue­ment co­los­sal pour la soie d’Amé­rique

La Terre de chez nous - - INNOVATION - MARIANNE BISSONNETTE

En 2012, la culture de l’as­clé­piade était en­core em­bryon­naire. À peine quatre ans plus tard, Ser­vices pu­blics et Ap­pro­vi­sion­ne­ment Ca­na­da signe un contrat de 507 000 $ avec Pro­tecS­tyle.

Spé­cia­li­sées dans la pro­duc­tion de fibres vé­gé­tales et éco­lo­giques, Pro­tec-Style et sa com­pa­gnie soeur, Fibre Mo­nark, se­ront res­pon­sables de four­nir la Garde cô­tière ca­na­dienne en dou­blures de par­ka, en com­bi­nai­sons, en gants et en mi­taines. L’ap­pro­vi­sion­ne­ment en soie se­ra as­su­ré par la Coo­pé­ra­tive Mo­nark. « C’est vrai­ment ras­su­rant pour les pro­duc­teurs, lance Da­niel Al­lard, pré­sident de la Coo­pé­ra­tive. On s’est tous lan­cés dans la pro­duc­tion d’as­clé­piade sans être cer­tains de la tour­nure que les choses al­laient prendre et, quatre ans plus tard, on est dé­jà dé­bor­dés! »

Soixante-quinze fermes sont ac­tuel­le­ment en­ga­gées dans l’aven­ture, et vingt-cinq autres sont en at­tente d’ap­pro­ba­tion. La pro­duc­tion a beau être toute nou­velle, elle sus­cite un en­goue­ment im­pres­sion­nant, et le mar­ché est dé­jà bien ac­tif.

L’en­vers de la mé­daille

« Ça peut avoir l’air tout rose, mais on vit une grande pres­sion, dé­clare M. Al­lard. Toute l’in­dus­trie re­pose sur nos épaules! » Alors que les champs d’as­clé­piade de la Coo­pé­ra­tive Mo­nark couvrent 800 hec­tares, l’homme es­time qu’il en fau­drait au moins 3 000 pour ré­pondre aux de­mandes du mar­ché.

Chez Fibre Mo­nark, Nathalie Mo­rier, di­rec­trice gé­né­rale, est épa­tée de l’en­thou­siasme du pu­blic. « On n’avait pas en­core de site Web et on re­ce­vait des ap­pels de gens qui avaient cher­ché notre nu­mé­ro de té­lé­phone pour réus­sir à nous joindre », s’ex­clame-t-elle. La vi­si­bi­li­té de la Coo­pé­ra­tive dans les mé­dias ne fait qu’in­ten­si­fier l’in­té­rêt de l’in­dus­trie tex­tile. Trois pages lui se­ront bien­tôt consa­crées dans le Pa­ris Match, preuve que le pro­jet s’ex­porte à mer­veille.

Ce que Da­niel Al­lard sou­haite, tou­te­fois, c’est que l’en­goue­ment pour l’as­clé­piade aug­mente aus­si du cô­té des pro­duc­teurs. Près d’une cen­taine d’au­da­cieux s’y in­té­ressent dé­jà, mais ce ne se­ra bien­tôt plus as­sez pour ré­pondre aux be­soins en ma­tière pre­mière. D’au­tant plus que l’as­clé­piade né­ces­site un cer­tain temps de pro­duc­tion, ce qui peut com­pli­quer la si­tua­tion. En ef­fet, pour les plants se­més en 2016, on ne pour­ra avoir de ré­colte qu’en 2018. « Dans l’in­dus­trie, les gens ne sont pas ha­bi­tués à at­tendre, dé­plore M. Al­lard. Ils n’au­ront ce­pen­dant pas d’autre choix s’ils veulent avoir une fibre com­pé­ti­tive. Il faut bien faire les choses si on veut res­ter dans la course. »

Même s’il croit fer­me­ment au po­ten­tiel du mar­ché de la fibre d’as­clé­piade, le pré­sident de la Coo­pé­ra­tive Mo­nark, Da­niel Al­lard, est conscient du dé­fi que cela pose pour la jeune fi­lière.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.