Ter­mi­ner ses se­mis et faire les foins en même temps

La Terre de chez nous - - UN PRINTEMPS ÉPROUVANT - MAR­TIN MÉ­NARD

La saison de culture 2017 a com­men­cé tar­di­ve­ment, mais une fois en­clen­chée, elle ne laisse au­cun ré­pit aux agri­cul­teurs.

À Noyan, en Mon­té­ré­gie, Na­than Kai­ser et sa fa­mille viennent de ter­mi­ner l’en­si­lage de 75 ha de lu­zerne et de 15 ha de gra­mi­nées. Le chan­tier a du­ré deux jours. « C’était le temps de fau­cher. La qua­li­té est là. La quan­ti­té aus­si. Ça de­vrait être une grosse an­née pour le foin », ré­sume Na­than.

Pen­dant une di­zaine de jours, les Kai­ser s’étaient en­ga­gés dans une course contre la montre pour se­mer leurs 800 ha de grandes cul­tures. Il res­tait en­core quelques champs à en­se­men­cer, mais les agri­cul­teurs ont dé­ci­dé de chan­ger leurs plans en se lan­çant plu­tôt dans la ré­colte des four­rages. « Quand tu en­siles tôt, tu as plus de pro­téines. Aus­si, on es­saie de fau­cher et d’en­si­ler les four­rages en 24 heures. Plus on ré­colte vite, plus on conserve l’éner­gie de la plante et moins on doit ali­men­ter le trou­peau avec du maïs­grain », ex­plique le co­pro­prié­taire de la ferme de 150 vaches en lac­ta­tion.

Prio­ri­ser les four­rages

À Saint-Louis-de-Gon­zague, en Mon­té­ré­gie, l’agro­nome Marc Leduc conseille à ses clients de dé­lais­ser les se­mis pour se concen­trer sur la ré­colte des four­rages lorsque la pro­chaine fenêtre de beau temps s’ou­vri­ra, « en es­pé­rant que le beau temps ar­rive un jour », pré­cise-t-il avec hu­mour. Il men­tionne qu’en­core 25 % des se­mis res­tent à être com­plé­tés dans son sec­teur; sauf que les plantes four­ra­gères n’at­ten­dront pas. « La ma­tu­ri­té du foin change d’une jour­née à l’autre. Le dac­tyle est épié, le brome et le mil s’en viennent. Chaque jour qui passe nous fait perdre des pro­téines. Et si la cha­leur ar­rive, ça peut al­ler très vite pour la lu­zerne », in­dique M. Leduc, conseiller en nu­tri­tion ani­male à la meu­ne­rie Gé­rard Ma­heu.

Bon si­gnal ailleurs

Au Lac-Saint-Jean, le di­rec­teur gé­né­ral d’Éco-Lu­zerne, De­nis Ri­ve­rin, an­ti­cipe une pre­mière coupe de qua­li­té. « Nous avons eu une bonne couverture de neige, alors il y a peu de pertes cau­sées par le gel. Les lu­zer­nières sont très belles. Il manque un peu de cha­leur, mais je m’at­tends à ce qu’on amorce la ré­colte à la même pé­riode que d’ha­bi­tude, soit au­tour du 5 juin », ex­plique le co­pro­prié­taire de l’en­tre­prise, qui ré­colte ha­bi­tuel­le­ment près de 1 000 ha de lu­zerne des­ti­née à être déshy­dra­tée et com­pres­sée.

Au Bas-Saint-Laurent, Jean-Luc La­plante men­tionne que la sur­vie à l’hi­ver est bonne pour ses quelque 160 ha de plantes four­ra­gères. La ré­colte at­ten­dra à la mi-juin ce­pen­dant. « Les gra­mi­nées ont com­men­cé, mais la lu­zerne n’a pas en­core vrai­ment “dé­col­lé”. C’est trop froid », conclut le pro­duc­teur lai­tier éta­bli près de Ka­mou­ras­ka.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.