Hausse du sa­laire mi­ni­mum : une concer­ta­tion ri­gou­reuse de­man­dée

La Terre de chez nous - - L’UPA D’EST EN OUEST - SYL­VAIN TERRAULT Pré­sident de l’As­so­cia­tion des pro­duc­teurs ma­raî­chers du Qué­bec

De­puis le 1er mai 2017, le sa­laire mi­ni­mum a aug­men­té de 0,50 $ pour at­teindre 11,25 $, et le gou­ver­ne­ment a dé­jà sta­tué sur les hausses an­nuelles pour les trois pro­chaines an­nées. Elles se­ront de 0,50 $ en 2018 et de 0,35 $ en 2019 et en 2020. Ces aug­men­ta­tions ai­de­ront cer­tai­ne­ment les per­sonnes à faible re­ve­nu, mais l’As­so­cia­tion des pro­duc­teurs ma­raî­chers du Qué­bec (APMQ) s’in­quiète des consé­quences sur le sec­teur de la pro­duc­tion des fruits et lé­gumes du Qué­bec. L’hor­ti­cul­ture de la Belle Pro­vince évo­lue dans un en­vi­ron­ne­ment de mar­ché ou­vert sans pro­tec­tion com­mer­ciale. La pos­si­bi­li­té de trans­fé­rer l’aug­men­ta­tion des coûts au mar­ché dé­pend de la concur­rence. Dans le cas des fruits et des lé­gumes, cette com­pé­ti­tion est prin­ci­pa­le­ment nor­da­mé­ri­caine, mais aus­si mon­diale (Chine, Pé­rou, etc.). Les autres pays dis­posent des mêmes tech­no­lo­gies, mais sont avan­ta­gés parce que les sa­laires sont plus bas. Or, dans notre sec­teur, la main-d’oeuvre re­pré­sente en moyenne 40 % de notre prix de re­vient et jus­qu’à 70 % pour cer­tains pro­duits. Il de­vient donc pro­blé­ma­tique pour nos en­tre­prises de sou­te­nir une aug­men­ta­tion de sa­laire plus ra­pide que nos concur­rents, en rai­son du fait que nos fermes n’ont pas de marge de ma­noeuvre pour ac­croître les prix de vente. Rap­pe­lons-nous les ré­sul­tats de la ré­cente étude me­née par le mi­nis­tère de l’Agri­cul­ture, des Pê­che­ries et de l’Ali­men­ta­tion du Qué­bec (MAPAQ), qui montre que le pre­mier cri­tère d’achat est le prix pour 80 % des con­som­ma­teurs qué­bé­cois. L’achat lo­cal gagne en po­pu­la­ri­té, mais le consom­ma­teur est plus ré­ti­cent lorsque l’écart de prix entre le pro­duit lo­cal et ce­lui qui est im­por­té de­vient trop im­por­tant. Il est donc per­ti­nent de se de­man­der si nos en­tre­prises se­ront en me­sure de de­meu­rer com­pé­ti­tives et ren­tables. Les pré­oc­cu­pa­tions sont ma­jeures dans le sec­teur des fruits et lé­gumes, où les coûts as­so­ciés à la main-d’oeuvre sont dé­jà éle­vés, et où la concur­rence avec les pro­duits importés est par­ti­cu­liè­re­ment si­gni­fi­ca­tive. L’APMQ de­mande au gou­ver­ne­ment de me­ner une concer­ta­tion ri­gou­reuse au­près des sec­teurs agri­coles pour cer­ner les im­pacts de hausses ac­cen­tuées du sa­laire mi­ni­mum sur la com­pé­ti­ti­vi­té des fi­lières qué­bé­coises et dé­ter­mi­ner des stra­té­gies d’at­té­nua­tion.

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