Nos fro­ma­gers ar­ti­sa­naux n'ont rien à en­vier aux Eu­ro­péens

La jeune in­dus­trie des fro­mages fins est dé­ter­mi­née à faire face à la concur­rence eu­ro­péenne.

La Terre de chez nous - - LA UNE - JU­LIE MER­CIER ju­mer­cier@la­terre.ca @ju­mer­cierTCN

« Dans les an­nées 1990, mon en­tre­prise se spé­cia­li­sait dans l’im­por­ta­tion de fro­mages eu­ro­péens. De­puis 2000, je ne fais que des fro­mages du Qué­bec », ra­conte Da­niel Al­lard, le pré­sident de Fro­mages CDA, un dis­tri­bu­teur qui re­pré­sente 25 fro­ma­ge­ries pour 250 pro­duits. À l’image d’un agent d’ar­tiste, M. Al­lard as­sure le lien entre les ar­ti­sans fro­ma­gers et les dé­taillants.

Nan­cy Por­te­lance, pré­si­dente et co­pro­prié­taire du dis­tri­bu­teur Plai­sirs gour­mets, constate aus­si cette im­pres­sion­nante évo­lu­tion de la fro­ma­ge­rie ar­ti­sa­nale, nour­rie par l’en­goue­ment pour les pro­duits d’ici.

« L’avè­ne­ment des fro­ma­ge­ries ar­ti­sa­nales a dé­bu­té dans les an­nées 1990, mais l’ex­plo­sion s’est beau­coup faite dans les an­nées 2000 », ra­conte-t-elle. Son en­tre­prise a com­men­cé en af­faires avec une seule fro­ma­ge­rie, celle du Pied-de-Vent, à la fin des an­nées 1990. Au­jourd’hui, elle re­pré­sente 15 en­tre­prises ar­ti­sa- nales pour une cen­taine de fro­mages dif­fé­rents. Mme Por­te­lance a vu des crois­sances de 30 à 40 % par­mi « sa gang ». « Même dans l’ar­ti­sa­nal, on peut voir grand. Ceux qui ne croissent pas, c’est un choix d’en­tre­prise, comme la Fro­ma­ge­rie Leh­mann, qui a 29 vaches et n’en veut pas plus, note la femme d’af­faires. C’est beau au­jourd’hui de voir la no­to­rié­té des fro­mages du Qué­bec. Nos fro­ma­ge­ries rayonnent dans leur mi­lieu et les gens s’ap­pro­prient leurs fro­mages en ré­gion », ajoute-t-elle.

Le goût du Qué­bec

De l’avis des deux ex­perts, les fro­mages ar­ti­sa­naux se dé­marquent par leur qua­li­té. « Tout part du goût. On a un ex­cellent pro­duit qui ac­cote ce qui se fait ailleurs. On fait de la moz­za­rel­la di bu­fa­la à faire rou­gir les Ita­liens », in­siste Nan­cy Por­te­lance. Da­niel Al­lard abonde dans le même sens. « Nos fro­mages ont du goût, de la personnalité. Au prix qu’on vend nos pro­duits, on n’a pas le choix d’être les meilleurs. » En ef­fet, fa­bri­quer des fro­mages de qua­li­té de fa­çon ar­ti­sa­nale a un prix, ce qui consti­tue d’ailleurs une fai­blesse face à la com­pé­ti­tion, re­marque M. Al­lard.

« Les gens ont de la dif­fi­cul­té à com­prendre pour­quoi un fro­mage im­por­té d’Eu­rope, avec les frais de trans­port que ça im­plique, se vend au même prix qu’un fro­mage pro­duit ici. » – Sté­phane Glantz­mann, Yan­nick Fro­ma­ge­rie d’ex­cep­tion

À Mon­tréal, Sté­phane Glantz­mann est gé­rant de suc­cur­sale chez Yan­nick Fro­ma­ge­rie d’ex­cep­tion, qui a en stock plus de 125 fro­mages. Il constate que la qua­li­té des fro­mages qué­bé­cois s’est réel­le­ment ac­crue au fil des ans, tout comme l’in­té­rêt des consom­ma­teurs. « Avant, on ven­dait deux fro­mages eu­ro­péens pour un qué­bé­cois alors que main­te­nant, c’est pra­ti­que­ment égal. »

Nan­cy Por­te­lance, pré­si­dente et co­pro­prié­taire du dis­tri­bu­teur Plai­sirs gour­mets.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.