La ferme comme pro­jet de fa­mille

Léa et Noé­mie, 9 et 10 ans, par­ti­cipent avec joie aux tra­vaux de la ferme. « J’aide ma mère à fa­bri­quer les pâ­tés et les rillettes », dit Noé­mie, très fière. « Moi, j’aime don­ner des branches et des pommes aux chèvres », lance Léa, qui prend aus­si plai­sir

La Terre de chez nous - - NEWS - GE­NE­VIÈVE QUESSY Col­la­bo­ra­tion spé­ciale

SAINT-DA­MIEN — En fon­dant la Chè­vre­rie Barbe Bouc à Saint-Da­mien, dans La­nau­dière, Anik Mon­dor et Ja­cob La­pierre ont trou­vé leur vo­ca­tion, mais plus im­por­tant en­core, ils peuvent ain­si of­frir à leurs en­fants le quo­ti­dien fa­mi­lial dont ils rê­vaient.

« Vivre dans une ferme, c’est avant tout le choix d’un mode de vie et c’est ce que je vou­lais pour mes filles. De­puis qu’on a la chè­vre­rie, je suis plus pré­sente. Les en­fants peuvent re­ve­nir à la mai­son après l’école, car ma­man est là pour les ac­cueillir », ex­plique Anik.

Com­prendre le cycle de la na­ture, sa­voir d’où pro­vient le steak avant qu’il se re­trouve à l’épi­ce­rie, voi­là ce que les éle­veurs vou­laient in­cul­quer à leurs en­fants. De plus, la tren­taine de chèvres Boer croi­sées et leurs pe­tits, des­ti­nés à la bou­che­rie, sont de bons pro­fes­seurs.

Leur rêve de­ve­nu réa­li­té

Le couple ha­bi­tait à Saint-Ga­briel-de-Bran­don. Elle était hor­ti­cul­trice, et lui, pe­tit-fils de pro­duc­teur. Ils rê­vaient d’avoir leur propre ferme un jour.

« On vou­lait quelque chose de nou­veau, de pas com­mun », ex­plique Ja­cob. Puis, l’illu­mi­na­tion est sur­ve­nue quand il a été dans l’im­pos­si­bi­li­té de trou­ver un agneau pour son mé­choui an­nuel. « On a fi­ni par faire cuire un che­vreau et c’était tel­le­ment bon! Je me suis de­man­dé pour­quoi cette viande n’était pas plus connue et j’ai été sur­pris de dé­cou­vrir que c’est ce qui est le plus consom­mé dans le monde. »

Il ne res­tait plus qu’à trou­ver l’en­droit. Un beau jour de 2012, le rêve des fu­turs éle­veurs s’est pré­sen­té à eux : une fer­mette dans un rang tran­quille, avec quelques bâ­ti­ments à ré­no­ver.

« On a dû tout ap­prendre sur le tas. L’éle­vage de chèvres est très mar­gi­nal au Qué­bec et peu do­cu­men­té. On en est en­core à l’expérimentation », ex­plique Ja­cob. Au fil du temps, le couple a dé­ter­mi­né le croi­se­ment idéal pour ob­te­nir des ani­maux bien en chair tout en ayant de bonnes mères lai­tières.

En plus de la viande de dé­coupe, les pro­duc­teurs com­mer­cia­lisent des sau- cisses, des rillettes, des tour­tières et des pâ­tés de foie éla­bo­rés à par­tir de re­cettes mai­son. Bien­tôt, ils of­fri­ront éga­le­ment un sau­cis­son sec. Il y a une édu­ca­tion à faire, pense le couple. « Quand on leur pose la ques­tion, les gens ré­pondent que le che­vreau est le pe­tit du che­vreuil. »

Ja­cob La­pierre, Anik Mon­dor et leurs deux filles Léa et Noé­mie.

La fa­mille pos­sède éga­le­ment un pe­tit éle­vage de co­chons.

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