Lu­zerne gé­né­ti­que­ment mo­di­fiée: les pre­mières ré­coltes

Ca­tas­trophe pour les uns, per­cée tech­no­lo­gique ma­jeure pour d’autres : 2017 pas­se­ra à l’his­toire pour ses pre­mières cultures de lu­zerne gé­né­ti­que­ment mo­di­fiée (GM) en sol qué­bé­cois.

La Terre de chez nous - - LA UNE - MAR­TIN MÉ­NARD mme­nard@ la­terre.ca @me­nard.journaliste

Ho­mo­lo­guée au Ca­na­da de­puis l’an der­nier et culti­vée sur 2000 acres au Qué­bec cet été, la lu­zerne GM est ap­pré­ciée des uns, mais dé­criée par les autres.

Près de 2 000 acres de la lu­zerne HarvX­tra ont été se­més cette an­née au Qué­bec, et plus de 8 000 acres en On­ta­rio, pré­tend Jay Ha­ck­ney, res­pon­sable de la ges­tion des traits de ca­rac­tère chez Fo­rage Ge­ne­tics In­ter­na­tio­nal. Il pré­cise que dé­jà 30 % des su­per­fi­cies amé­ri­caines sont se­mées avec ce type de plantes. Au Qué­bec, des dé­taillants Pio­neer, Cro­pland et Pick­seed en offrent.

La lu­zerne HarvX­tra a été gé­né­ti­que­ment mo­di­fiée pour ré­sis­ter à l’her­bi­cide non sé­lec­tif de la com­pa­gnie Mon­san­to, le Roun­dup. Elle se­rait aus­si plus faible en li­gnine et de 15 à 20 % plus di­ges­tible, donc plus nu­tri­tive pour l’ani­mal.

Dif­fi­cile de sa­voir com­bien de fermes l’uti­lisent, mais chose cer­taine, La Terre a ren­con­tré trois pro­duc­teurs qué­bé­cois qui cultivent pré­sen­te­ment la lu­zerne GM. Ils se disent im­pres­sion­nés par cette tech­no­lo­gie, no­tam­ment lors de l’im­plan­ta­tion. C’est le cas de Yoan Bre­ton, en Mon­té­ré­gie. « Notre lu­zerne avait trop de com­pé­ti­tion au dé­but de l’été et le fait d’avoir pu l’ar­ro­ser [avec du gly- pho­sate] nous a per­mis d’avoir un champ propre. On a ob­te­nu plus de ren­de­ment de lu­zerne pure. Ça fait une dif­fé­rence, sur­tout cette an­née où, avec l’hu­mi­di­té qu’on a connue, la lu­zerne conven­tion­nelle au­rait été étouf­fée par les gra­mi­nées », dé­crit l’agri­cul­teur.

L’ar­ri­vée of­fi­cielle de la lu­zerne GM ne fait pas l’una­ni­mi­té. Plu­sieurs montent aux bar­ri­cades, à com­men­cer par les agri­cul­teurs sous ré­gie bio­lo­gique qui re­doutent les pro­blèmes de conta­mi­na­tion gé­né­tique cau­sés par son uti­li­sa­tion [voir autre texte]. Les bio se sou­viennent de l’in­tro­duc­tion du maïs, du soya et du ca­no­la GM, qui leur causent main­te­nant de réels pro­blèmes. « La moi­tié des lots de se­mences de maïs bio­lo­gique af­fiche ac­tuel­le­ment plus de 0,25 % d’OGM. Et avec toutes les cultures de maïs GM qui nous en­tourent au Qué­bec, c’est vrai­ment dif­fi­cile d’ob­te­nir une ré­colte de maïs bio exempt d’OGM. Dans le soya, c’est moins pire, car la pol­li­ni­sa­tion est moindre, mais dans le ca­no­la bio, la conta­mi­na­tion gé­né­tique est pra­ti­que­ment sys­té­ma­tique », constate Da­vid Proulx, pro­prié­taire de RDR Grains et se­mences, à Ni­co­let.

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