In­quiets pour leur re­lève

La Terre de chez nous - - LA UNE -

Plu­sieurs pères sont sou­cieux de l’ave­nir de leur re­lève. Par­mi les sources d’in­quié­tude men­tion­nées, no­tons les hauts taux d’en­det­te­ment des jeunes. Les pères trouvent souvent que leur re­lève ne se donne pas as­sez de marge de ma­noeuvre en cas d’im­pré­vus. Comment évo­lue­ra le contexte éco­no­mique? Qu’ar­ri­ve­ra-t-il à la ges­tion de l’offre? Quel se­ra l’ave­nir pour les en­tre­prises à di­men­sion fa­mi­liale?

D’autres ques­tions leur trottent dans la tête à pro­pos de l’ave­nir de leur re­lève. Main­tien­dra-t-elle sa mo­ti­va­tion? Au­ra-t-elle la san­té? Se­ra-t-elle heu­reuse à la ferme? Va-t-elle pou­voir bien vivre de son tra­vail et trans­mettre elle aus­si le pa­tri­moine fa­mi­lial à la gé­né­ra­tion sui­vante? Comment va-t-elle at­teindre l’équi­libre tra­vail-fa­mille au­quel elle as­pire? La re­lève veut s’im­pli­quer da­van­tage au­près de ses en­fants. Comment par­vien­dra-t-elle à conci­lier ses res­pon­sa­bi­li­tés pa­ren­tales avec celles d’une en­tre­prise agri­cole?

C’est nor­mal de s’in­quié­ter pour ses en­fants. On di­rait que c’est presque dans l’ADN des pa­rents. On veut ce qu’il y a de mieux pour nos en­fants. Tou­te­fois, ceux-ci sont souvent plus forts qu’on le pense. Il faut leur faire confiance et les lais­ser vo­ler de leurs propres ailes. Cha­cun a ses ap­ti­tudes, ses in­té­rêts, ses pas­sions. S’ils sont à la bonne place au dé­part, c’est dé­jà un gage de réus­site. Bien sûr, ils vont faire des er­reurs; ça fait par­tie des ap­pren­tis­sages de la vie. Vous-même, vous êtes pas­sé à tra­vers plu­sieurs crises. Rap­pe­lez-vous toutes les tem­pêtes que vous avez réus­si à tra­ver­ser…

On peut avoir mal­gré tout des in­quié­tudes lé­gi­times par rap­port à sa re­lève. Les en­fants se nour­rissent de la confiance de leurs pa­rents, mais celle-ci ne doit pas être aveugle non plus.

Q J’ai lu ce que vous avez écrit sur la dé­pres­sion. J’ai­me­rais que vous vous pen­chiez da­van­tage sur ce qu’on peut faire pour ai­der une per­sonne dé­pres­sive. Je n’ai ja­mais vu mon conjoint comme ça. Je me sens dé­mu­nie et très im­puis­sante.

R Lorsque votre conjoint souffre d’une ma­la­die comme la dé­pres­sion, c’est une pé­riode qui peut être très dé­sta­bi­li­sante pour lui, mais éga­le­ment pour vous. Souvent, la per­sonne dé­pres­sive ne se re­con­naît plus, et son en­tou­rage ne la re­con­naît pas non plus. Elle se de­mande peut-être s’il va tou­jours en être ain­si. Son conjoint ou sa conjointe n’ose pas le dire, mais se pose pos­si­ble­ment la même ques­tion.

Le fait de ne pas sa­voir avec cer­ti­tude com­bien de temps du­re­ra la dé­pres­sion de votre conjoint peut ac­cen­tuer votre sen­ti­ment de désar­roi. Ce­pen­dant, rap­pe­lez-vous et rap­pe­lez-lui qu’on peut s’en sor­tir avec de l’aide, un traitement et du TEMPS. C’est sûr que vous de­vrez faire preuve de pa­tience et de com­pré­hen­sion. Les chan­ge­ments ne sont pas ins­tan­ta­nés, même lors­qu’un traitement a été re­com­man­dé par un mé­de­cin.

Si votre conjoint a re­çu un diag­nos­tic mé­di­cal de dé­pres­sion, on lui a fort pro­ba­ble­ment pres­crit une mé­di­ca­tion. Ça pour­rait prendre quelques se­maines avant qu’il en per­çoive les effets bé­né­fiques. Il faut alors l’en­cou­ra­ger à pour­suivre son traitement.

Consulte-t-il un autre pro­fes­sion­nel de la san­té? Une psy­cho­thé­ra­pie as­so­ciée à une mé­di­ca­tion peut don­ner des ré­sul­tats très po­si­tifs. Ren­sei­gnez-vous sur les symp­tômes et les trai­te­ments de la dé­pres­sion ( la­de­pres­sion­fait­mal.ca). Ce­la vous ai­de­ra à mieux com­prendre ce que vit votre conjoint pour en­suite pou­voir po­ser les bons gestes.

« Nos en­fants sont souvent plus forts qu’on le pense. Il faut leur faire confiance et les lais­ser vo­ler de leurs propres ailes. »

GI­NETTE LA­FLEUR Doc­to­rante en psy­cho­lo­gie com­mu­nau­taire à l’UQAM NANCY LAN­GE­VIN Tra­vailleuse de rang dans Chau­dière-Ap­pa­laches

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