Fi­nan­cer sa re­lève, ça marche!

Il est plus avantageux que ja­mais pour un agri­cul­teur qui vend sa ferme d’ac­cor­der lui-même un prêt à sa re­lève, et ce, sans risque fi­nan­cier. La for­mule ven­deur-prê­teur de La Fi­nan­cière agri­cole du Qué­bec (FADQ) offre une ga­ran­tie de prêt de­puis 29 ans,

La Terre de chez nous - - LA UNE - THIER­RY LARIVIÈRE tla­ri­viere@la­terre.ca

« Le pro­gramme est amé­lio­ré. Avant, les ven­deurs avaient trop de risques », ex­plique Mi­chèle La­lan­cette, pré­si­dente de la Fé­dé­ra­tion de la re­lève du Qué­bec (FRAQ), qui dis­cute d’ailleurs ces jours-ci avec son père d’un éven­tuel prêt se­lon la for­mule de la FADQ. « Ça donne de la confiance aux autres prê­teurs. Si le cé­dant est prêt à faire un bout de che­min, ça donne de la cré­di­bi­li­té au pro­jet », ajoute Mi­chèle La­lan­cette. Cette der­nière pré­cise aus­si que le ven­deur, ap­pa­ren­té ou non, exige sou­vent moins de ga­ran­ties qu’une ins­ti­tu­tion fi­nan­cière sur la par­tie qu’il prête, ce qui peut ré­duire la ga­ran­tie glo­bale né­ces­saire pour que le trans­fert soit au­to­ri­sé.

La for­mule ven­deur-prê­teur de la FADQ (voir en­ca­dré) per­met à ce­lui qui veut vendre sa ferme de fi­nan­cer sa re­lève en tout ou en par­tie. Ce pro­gramme pro­pose aus­si un ac­com­pa­gne­ment par des conseillers et éli­mine les risques fi­nan­ciers pour le prê­teur. La ga­ran­tie of­ferte par la FADQ est la même que celle oc­troyée aux ins­ti­tu­tions fi­nan­cières ac­cordent des prêts en agri­cul­ture. La for­mule offre en plus un cré­dit d’im­pôt de 40 % sur le taux d’in­té­rêt payé par la re­lève.

Mal­gré ces avan­tages, la for­mule ven­deur-prê­teur ne per­met de fi­nan­cer que 16 trans­ferts par an­née en moyenne. « On parle ré­gu­liè­re­ment de la for­mule, mais l’offre de fi­nan­ce­ment est grande, ex­plique An­dré Pi­card, di­rec­teur du fi­nan­ce­ment agri­cole à la FADQ. Ce ne sont pas les banques qui vont né­ces­sai­re­ment re­com­man­der le pro­gramme à nos clients. »

Cyn­thia Dion, conseillère en trans­fert au Centre ré­gio­nal d’éta­blis­se­ment en agri­cul­ture (CREA) de Chau­diè­reAp­pa­laches, es­time qu’une ma­jo­ri­té de fermes font des trans­ferts d’ac­tions ou des rem­bour­se­ments de billets à leur re­lève ap­pa­ren­tée sans al­ler cher­cher la ga­ran­tie et les avan­tages de la FADQ. « Il y a des clients qui ont uti­li­sé la for­mule de la FADQ, mais cer­tains autres vont uti­li­ser le même prin­cipe sans al­ler cher­cher la ga­ran­tie », in­dique Cyn­thia Dion, qui pré­cise que cer­tains sou­haitent ain­si pou­voir ré­cu­pé­rer la terre si la re­lève a un pro­blème.

Le Fonds d’in­ves­tis­se­ment pour la re­lève agri­cole (FIRA) offre aus­si des so­lu­tions pour fi­nan­cer la re­lève et il est pos­sible de les com­bi­ner avec la for­mule de la FADQ. « Ça prend un ven­deur qui n’a pas be­soin de tout l’ar­gent tout de suite. Une par­tie du ca­pi­tal doit sou­vent être pla­cée de toute fa­çon », ex­plique Gilles Mon­grain, conseiller en in­ves­tis­se­ment au FIRA. Deux dos­siers de ce type, concer­nant une re­lève non ap­pa­ren­tée, sont d’ailleurs à l’étude en ce mo­ment. Le ven­deur-prê­teur de­vient alors le créan­cier de 1er rang, l’ins­ti­tu­tion fi­nan­cière, ce­lui de 2e rang et le FIRA, ce­lui de 3e rang. « La for­mule est un bon ou­til », in­dique Gilles Mon­grain, qui ne com­prend pas pour­quoi ce fi­nan­ce­ment n’est pas plus fré­quent.

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