Ren­de­ments dé­ce­vants dans les can­ne­berges

La Terre de chez nous - - LA UNE - MYRIAM LAPLANTE EL HAÏLI mla­plante@ la­terre.ca

Il est trop tôt pour dres­ser le bi­lan de la sai­son 2017 de can­ne­berges, mais on s’at­tend à une di­mi­nu­tion d’au moins 25 % des vo­lumes ré­col­tés en culture conven­tion­nelle et d’au moins 30 % en ré­gie bio­lo­gique.

Avec 275 mil­lions de livres ré­col­tées, la sai­son 2016 avait été « ful­gu­rante », ex­plique la di­rec­trice gé­né­rale de l’As­so­cia­tion des pro­duc­teurs de can­ne­berges du Qué­bec, Mo­nique Tho­mas. Elle n’a pas tous les chiffres pour dres­ser un bi­lan de la ré­colte qui s’est ter­mi­née la se­maine der­nière, mais elle es­time que le vo­lume ré­col­té de­vrait at­teindre tout au plus 240 mil­lions de livres, un chiffre qui pour­rait bien faire perdre au Qué­bec son titre mon­dial de 2e ré­gion pro­duc­trice de can­ne­berges au pro­fit du Mas­sa­chu­setts.

Cycle et tem­pé­ra­ture

Les fac­teurs ex­pli­quant ces ré­sul­tats sont mul­tiples, ex­plique Mme Tho­mas. Elle sou­ligne d’abord que les plants suivent un cycle. Après une ré­colte « ful­gu­rante », la ré­colte sui­vante est sou­vent qua­li­fiée de « nor­male ». « Mais je ne suis pas sûre de qua­li­fier cette an­née de nor­male », ren­ché­rit Mme Tho­mas. La pé­riode de pol­li­ni­sa­tion n’a pas été op­ti­male. La pluie de juillet n’a pas per­mis aux abeilles de faire cor­rec­te­ment leur tra­vail. De plus, le froid de la fin août qui avait com­men­cé à faire rou­gir les fruits a été sui­vi d’une ca­ni­cule de trois se­maines en sep­tembre. « Ça a pris énor­mé­ment de temps avant d’avoir de la cou­leur; plus de temps que d’ha­bi­tude », in­dique Mme Tho­mas.

Le bio au dé­fi

« Ma ré­colte a été ca­tas­tro­phique cette an­née! » s’ex­clame Mi­chel Gard­ner, pro­duc­teur de Saint-Lu­cien. L’homme, qui cultive des can­ne­berges de­puis 25 ans, ef­fec­tue sa 2e ré­colte sous ré­gie bio­lo­gique. « J’avais une moyenne de 30 000 lb à l’acre ici. À ma pre­mière an­née de tran­si­tion, je suis des­cen­du à 25 000, ce que je trouve nor­mal, mais cette an­née, je suis tom­bé à 10 000 lb à l’acre », in­dique M. Gard­ner. Rap­pe­lons qu’en pé­riode de tran­si­tion, les fruits sont culti­vés sous ré­gie bio­lo­gique pen­dant trois ans, mais sont ven­dus au prix du conven­tion­nel. Les pro­duc­teurs as­sument donc un coût de pro­duc­tion plus éle­vé sans pou­voir re­ce­voir le prix du bio.

Sur près de 10 000 acres de can­ne­berges en culture au Qué­bec, un tiers des su­per­fi­cies sont cer­ti­fiées bio­lo­giques et plus de 1 100 acres sont en tran­si­tion vers le bio­lo­gique. « C’est très, très dif­fi­cile pour eux », té­moigne Mme Tho­mas, d’au­tant plus que le pro­gramme Agris­ta­bi­li­té ne « dé­clen­che­ra » pas cette an­née, no­tam­ment à cause des bas prix qui per­durent de­puis trop long­temps dans les can­ne­berges. L’an der­nier, les vo­lumes éle­vés ont sau­vé la mise pour les pro­duc­teurs, mais ce ne se­ra pas le cas cette an­née. Le bi­lan réel de la ré­colte se­ra dis­po­nible au dé­but dé­cembre.

Cette ré­colte pour­rait bien faire perdre au Qué­bec son titre de 2e ré­gion pro­duc­trice de can­ne­berges du monde au pro­fit du Mas­sa­chu­setts.

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