Les spiritueux qué­bé­cois im­pres­sionnent

Une pe­tite ré­vo­lu­tion s’opère dans le do­maine des spiritueux. De vé­ri­tables ar­tistes va­lo­risent à leur fa­çon le ter­roir d’ici. Dé­cou­vrez-les!

La Terre de chez nous - - LA UNE - MAR­TIN MÉ­NARD mme­nard@ la­terre.ca

Les mi­cro­dis­til­le­ries re­pré­sentent un dé­bou­ché in­té­res­sant pour l’agri­cul­ture qué­bé­coise. Au mo­ment de l’en­tre­vue, Éric La­france ve­nait d’ef­fec­tuer sa 500e dis­til­la­tion. Toutes ces dis­til­la­tions ont en­glou­ti 1,4 mil­lion de livres de pommes pro­ve­nant de ses ver­gers. L’an pro­chain, près de 50 % de sa pro­duc­tion de pommes ser­vi­ra à la dis­til­la­tion, une fa­çon de ren­ta­bi­li­ser son ver­ger et de com­pen­ser la dé­crois­sance du mar­ché du cidre de glace qu’il en­tre­voit dans l’ave­nir.

Le pro­prié­taire du Do­maine La­france sou­ligne avoir créé deux em­plois à temps plein avec la dis­til­la­tion. Il pré­dit que plu­sieurs vi­gne­rons et ci­dri­cul­teurs s’équi­pe­ront d’alam­bics dans les pro­chaines an­nées pour créer no­tam­ment du co­gnac et du bran­dy bien de chez nous.

Des bleuets au gin

À Ro­ber­val, au Lac-Saint-Jean, Phi­lipe Har­vey, de la Dis­til­le­rie Bee­mer, tra­vaille de­puis 10 ans sur un gin, une vod­ka et une eau-de­vie conçus à par­tir de bleuets sau­vages. « On a des sur­plus de bleuets qu’on peut va­lo­ri­ser. Les ef­fluves des bleuets dans l’al­cool donnent un ré­sul­tat as­sez ex­cep­tion­nel. Et je crois que pour réus­sir dans les spiritueux, il faut jus­te­ment mi­ser sur les ca­rac­tères ré­gio­naux », ex­plique ce­lui dont la dis­til­le­rie ser­vi­ra aus­si de lieu d’en­sei­gne­ment pour la for­ma­tion de 1 185 heures axée sur le dé­ve­lop­pe­ment d’al­cools fins du ter­roir qu’of­fri­ra le Ser­vice aux en­tre­prises et aux col­lec­ti­vi­tés du Cé­gep de Saint-Fé­li­cien.

En Mon­té­ré­gie, Sté­phan Ruf­fo, de la mi­cro­dis­til­le­rie Les Sub­ver­sifs, uti­lise du grain de sa ré­gion pour son whis­ky. Il teste une crème de menthe confec­tion­née avec de la menthe bio­lo­gique du Qué­bec.

35 000 tonnes de grains

Les Dis­tille­ries Cir­ka, si­tuées à Mon­tréal, se font une spé­cia­li­té de créer leur al­cool à par­tir de grains qué­bé­cois. En­vi­ron trois tonnes de seigle, de maïs et d’orge sont em­ployées chaque semaine pour pro­duire leurs gin, vod­ka et whis­ky. L’un des four­nis­seurs de Cir­ka se trouve à Saint-Té­les­phore, près de la fron­tière on­ta­rienne. « On vend de plus en plus de maïs aux dis­tille­ries. L’an pas­sé, c’était à peu près 150 tonnes, cette an­née proche de 250 et nous croyons que ce­la aug­men­te­ra », men­tionne Kim McKay, du Moulin St-Georges. Elle pré­cise que les dis­til­la­teurs de­mandent du maïs non gé­né­ti­que­ment mo­di­fié.

Les Pro­duc­teurs de grains du Qué­bec es­timent que près de 35 000 tonnes de maïs qué­bé­cois sont em­ployées par les dis­til­la­teurs, in­cluant les pro­duc­tions in­dus­trielles.

Joanne Gau­dreau, co­pro­prié­taire de Cir­ka, tient ici le Gin 375 is­su de maïs, de can­ne­berges, de griottes et de pé­tales de rose du Qué­bec.

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