Manque criant de main-d'oeuvre

La Terre de chez nous - - LA UNE - MAR­TIN MÉ­NARD mme­nard@ la­terre.ca @me­nard.jour­na­liste

Jo­han­ny Per­reault peine à re­cru­ter des tra­vailleurs mal­gré tous les avan­tages so­ciaux qu’elle offre. Un casse- tête au­quel sont confron­tés tous les sec­teurs de toutes les ré­gions.

Des pro­duc­teurs agri­coles sus­pendent leurs pro­jets d’ex­pan­sion et alour­dissent leur charge de tra­vail en rai­son du manque de main-d’oeuvre. Des fermes et des en­tre­prises de trans­for­ma­tion dé­roulent le ta­pis rouge pour re­cru­ter des em­ployés et ont de plus en plus re­cours aux tra­vailleurs étran­gers. Por­trait d’une si­tua­tion gé­né­ra­li­sée.

« Un taux de chô­mage de 2,4 %, c’est le plus bas qu’on a ja­mais vu. Les pro­duc­teurs doivent com­pé­ti­tion­ner avec des in­dus­tries qui offrent des postes de jour­na­liers à 18 ou 20 $ l’heure. Ça nous rentre de­dans! Cer­taines fermes doivent at­tendre des mois avant de trou­ver des tra­vailleurs. Avant, c’était fait en deux ou trois se­maines », ex­plique Maxime Bol­duc-Pou­lin, conseiller en res­sources hu­maines au Centre d’em­ploi agri­cole de Chau­dière-Ap­pa­laches. Pour re­cru­ter des ou­vriers sans ex­pé­rience, des ex­ploi­ta­tions doivent of­frir des condi­tions de tra­vail ja­mais vues.

Même constat au Sa­gue­nay–Lac-SaintJean et au Centre-du-Qué­bec, où la si­tua­tion du re­cru­te­ment est par­ti­cu­liè­re­ment pro­blé­ma­tique en rai­son de l’éloi­gne­ment de ces ré­gions des prin­ci­paux bas­sins de main-d’oeuvre. Après des mois à es­pé­rer trou­ver un ou­vrier, des fermes lai­tières et ma­raî­chères se sont ré­so­lues à en­ga­ger un tra­vailleur étran­ger. Mais leurs di­ri­geants doivent alors s’ex­pri­mer en es­pa­gnol, ce qui consti­tue un autre dé­fi!

L’aug­men­ta­tion de la main-d’oeuvre étran­gère est par ailleurs élo­quente : 10 454 tra­vailleurs étran­gers ont été ap­pe­lés en ren­fort en 2016. C’est 28 % de plus que les 7 957 qui sont ve­nus ici en 2010, in­dique la Fon­da­tion des en­tre­prises en re­cru­te­ment de main-d’oeuvre agri­cole étran­gère (FERME). De­puis plus de 25 ans, l’or­ga­nisme ef­fec­tue le re­cru­te­ment de tra­vailleurs étran­gers tem­po­raires.

10 600 em­plois à pour­voir

D’après le Con­seil ca­na­dien pour les res­sources hu­maines en agri­cul­ture, près d’un tra­vailleur agri­cole sur quatre au Qué­bec de­vrait prendre sa re­traite d’ici 2025. Quelque 10 600 em­plois agri­coles risquent de ne pas être pour­vus au Qué­bec dans sept ans, se­lon l’or­ga­nisme fé­dé­ral. Ce­lui-ci sou­ligne que le taux de rou­le­ment au Qué­bec est plus éle­vé que la moyenne ca­na­dienne. À ce su­jet, des conseillers en res­sources hu­maines contac­tés par La Terre men­tionnent que des en­tre­prises agri­coles font plus d’ef­forts pour gar­der leurs em­ployés et que ça fonc­tionne. No­tons éga­le­ment que di­verses cam­pagnes de re­cru­te­ment sont dé­ployées ici et là au Qué­bec. L’or­ga­nisme Place aux jeunes en ré­gion a d’ailleurs réus­si à faire mi­grer 981 jeunes de la ville vers des mu­ni­ci­pa­li­tés ru­rales pour qu’ils y tra­vaillent.

En 2014, 3 300 postes n’ont pas été pour­vus au Qué­bec en agri­cul­ture, ce qui a coû­té 116 M$ au sec­teur. Source : Con­seil ca­na­dien pour les res­sources hu­maines en agri­cul­ture

Au Centre-du-Qué­bec, 503 postes ont été com­blés par des tra­vailleurs étran­gers en 2017. En 2014, il n'y en a eu que 216.

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