Les nou­veaux lea­ders s’im­posent

Al­lu­més, in­for­més et bien en­tou­rés, de nom­breux jeunes comme Jean-Sé­bas­tien Sa­va­ria et Ma­rie-Pier Bé­li­veau prennent leur place dans le monde agri­cole. Dé­cou­vrez ce qui les anime et quelles sont leurs as­pi­ra­tions.

La Terre de chez nous - - LA UNE - MAR­TIN MÉ­NARD mme­nard@ la­terre.ca @me­nard.jour­na­liste MY­RIAM LA­PLANTE EL HAÏLI mla­plante@ la­terre.ca @My­riamLa­plan­teE

Le terme « re­lève » est plus ten­dance que ja­mais. Les banques, les co­opé­ra­tives et la plu­part des ins­tances agri­coles ne manquent pas de sou­li­gner leur in­té­rêt à l’égard de la jeune gé­né­ra­tion. Et que dire du mi­nistre de l’Agri­cul­ture du Qué­bec, qui as­siste re­li­gieu­se­ment à l’as­sem­blée gé­né­rale an­nuelle de la Fé­dé­ra­tion de la re­lève agri­cole du Qué­bec, lui qui ne se pré­sente pas à celle de plu­sieurs or­ga­ni­sa­tions im­por­tantes? L’élan « Je crois que cette gé­né­ra­tion va don­ner un élan qui so­li­di­fie­ra notre mo­dèle agri­cole », af­firme Jean-Claude Du­four, le doyen de la Fa­cul­té des sciences de l’agri­cul­ture et de l’ali­men­ta­tion de l’Uni­ver­si­té La­val. « Les jeunes ont un lea­der­ship entrepre­neurial évident, pour­suit-il. Ils aiment le risque, mais ont com­pris com­ment le ré­duire. Ils sont aus­si conscients que seuls, ils n’iront pas loin. Le ré­seau­tage est im­por­tant pour eux. »

La pro­duc­trice Ma­rie-Ève Ri­vard, 27 ans, as­sure que sa gé­né­ra­tion n’au­ra pas le choix d’être per­for­mante et ef­fi­cace. « La mon­dia­li­sa­tion va nous af­fec­ter plus que nos pa­rents, croit-elle. Les marges sont plus ser­rées, sans ou­blier la ges­tion de l’offre qui peut dis­pa­raître. »

À la Banque Na­tio­nale, Vincent Tur­geon in­dique que la jeune gé­né­ra­tion sait très bien comp­ter. « Les jeunes te parlent de fi­nances et de ren­ta­bi­li­té. Ce sont des su­jets en­core ta­bous pour les ba­by-boo­mers. Ils concentrent leurs in­ves­tis­se­ments dans des ac­tifs pro­duc­tifs et s’adaptent aux nou­velles si­tua­tions », re­marque ce­lui qui a ren­con­tré 1 200 jeunes de­puis sept ans dans le cadre de trans­ferts d’en­tre­prises agri­coles. « Je constate aus­si qu’ils sont plus trans­pa­rents sur leur si­tua­tion, même quand ça va mal. Ils vont cher­cher les res­sources ap­pro­priées, ce qui est un plus. Par contre, ils sont par­fois trop im­pa­tients », ex­plique M. Tur­geon. Va­lo­ri­ser le mé­tier De nom­breux jeunes pro­duc­teurs ali­mentent des comptes Twit­ter et Fa­ce­book aux­quels sont abon­nés des jour­na­listes. De là, plu­sieurs re­por­tages utiles à l’agri­cul­ture ont été réa­li­sés. Sur la Côte-Nord, Ja­son Per­ron était à l’an­tenne de Ra­dio-Ca­na­da en mars der­nier pour par­ler de la re­lève. Comme plu­sieurs, il ef­fec­tue des re­pré­sen­ta­tions pour va­lo­ri­ser le mé­tier d’agri­cul­teur. « Ce n’est pas as­sez re­con­nu dans ma ré­gion; il faut sor­tir de l’état de stag­na­tion », men­tionne-t-il.

Po­li­tique mu­ni­ci­pale

S’il y a un en­droit où les jeunes sentent qu’ils peuvent avoir de l’in­fluence, c’est en po­li­tique mu­ni­ci­pale. Le nou­veau maire de Saint-Ca­mille en Es­trie a gran­di dans une ferme por­cine. À 32 ans, il veut dé­ve­lop­per sa mu­ni­ci­pa­li­té, no­tam­ment en of­frant des in­ci­ta­tifs aux pro­duc­teurs qui dé­si­rent s’éta­blir ou agran­dir leur en­tre­prise. « Une mu­ni­ci­pa­li­té, on peut faire ce qu’on veut avec. On peut prendre ça re­laxe et faire du sur­place. Moi, je veux qu’on soit une lo­co­mo­tive, qu’on sou­tienne les fermes fa­mi­liales, car leur force as­sure notre pé­ren­ni­té et crée de la ri­chesse », dit Phi­lippe Pa­gé, qui tra­vaille sur un concept de congé de taxes pour toute nou­velle construc­tion agri­cole. Le pro­duc­teur lai­tier Mi­chael Sar­ra­zin, qui a 36 ans, siège de­puis quatre mois au con­seil mu­ni­ci­pal de Co­teau-du-Lac en Mon­té­ré­gie. Son che­val de ba­taille? La créa­tion d’une co­opé­ra­tive lai­tière qui, comme Nu­tri­nor, s’oc­cu­pe­rait de la mise en mar­ché et de la trans­for­ma­tion du lait de la qua­ran­taine de fermes de la ré­gion. Quant à Jean-Sé­bas­tien Sa­va­ria, il pro­fi­te­ra de son deuxième man­dat au con­seil mu­ni­ci­pal de Saint-Bar­na­bé-Sud en Mon­té­ré­gie pour s’at­ta­quer au rôle d’éva­lua­tion. « Je pense que là, ça va faire mal, dit l’agri­cul­teur de 30 ans. Les marges sont moins hautes en grandes cultures et les agri­cul­teurs vont se ré­veiller. »

Phi­lippe Pa­gé, maire de Saint-Ca­mille.

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