DIX ANS DE PRISON POUR UN AC­CÈS DE RAGE

Dave Pou­lin-Beau­noyer s’est em­por­té après avoir aver­ti l’en­fant de sa conjointe de ces­ser de sau­ter sur le di­van

La Tribune - - LA UNE - RENÉ-CHARLES QUIRION rene-charles.quirion@la­tri­bune.qc.ca

Dave Pou­lin-Beau­noyer, cou­pable d’avoir frap­pé mor­tel­le­ment le fils âgé de 20 mois de sa conjointe parce qu’il sau­tait sur le di­van, a été condam­né hier à dix ans de prison.

SHERBROOKE — Pour avoir cau­sé le dé­cès de l’en­fant de sa conjointe, Dave Pou­lin-Beau­noyer a été condam­né à dix ans de prison.

« Je ne com­pren­drai ja­mais ce qui t’a pous­sé à t’en prendre à un bé­bé sans dé­fense, qui ne de­man­dait qu’à être ai­mé, que l’on prenne soin de lui et qu’on le pro­tège du mal et de la vie... Mais ce ma­tin-là, tu lui as en­le­vé le droit de rê­ver, de jouer, de cou­rir, rire et s’amu­ser comme tous les en­fants de son âge », a ex­pri­mé de­vant le tri­bu­nal la mère de l’en­fant de 20 mois, dont Pou­lin-Beau­noyer a re­con­nu avoir cau­sé la mort par im­pul­si­vi­té.

Pou­lin-Beau­noyer s’est em­por­té après avoir aver­ti l’en­fant de sa conjointe de l’époque de ces­ser de sau­ter sur le di­van. Il a frap­pé l’en­fant de plu­sieurs coups de poing à l’es­to­mac. L’en­fant est mort à la suite d’une hé­mor­ra­gie in­terne. Se­lon le rap­port d’au­top­sie, il ne s’agis­sait pas de la pre­mière fois que l’en­fant était roué de coups, mais il a été im­pos­sible d’éta­blir hors de tout doute rai­son­nable que la vio­lence an­té­rieure avait été faite par l’ac­cu­sé.

Lors d’ob­ser­va­tions sur la peine très émo­tives, la juge Claire Des­gens de la Cour du Qué­bec a en­ten­du la sug­ges­tion com­mune concer­nant cette longue peine d’in­car­cé­ra­tion pour les gestes d’ho­mi­cide in­vo­lon­taire cou­pable de l’en­fant de 20 mois en sep­tembre 2015.

Une fois la dé­ten­tion pro­vi­soire re­tran­chée, Pou­lin-Beau­noyer pur­ge­ra en­core 99 mois de prison, soit huit ans et trois mois pour l’ho­mi­cice in­vo­lon­taire cou­pable de l’en­fant de sa conjointe.

« Vous avez re­con­nu l’un des crimes les plus graves du Code cri­mi­nel. Un être vul­né­rable est dé­cé­dé des coups et bles­sures in­fli­gés lors d’un mo­ment de rage (...) Votre de­gré de res­pon­sa­bi­li­té est très im­por­tant. Ici, les coups de poing à l’ab­do­men ont été por­tés pen­dant que l’en­fant jouait et sau­tait sur un di­van. Vous vous en êtes pris à un être vul­né­rable de par son âge et son vé­cu d’abus phy­sique », a in­di­qué la juge Des­gens en im­po­sant la peine.

La sug­ges­tion com­mune faite par l’avo­cat de la dé­fense Me Be­noît Ga­gnon de l’aide ju­ri­dique et la pro­cu­reure aux pour­suites cri­mi­nelles Me Joan­ny Saint-Pierre évite à la fa­mille de su­bir les ex­pli­ca­tions de la pa­tho­lo­giste ju­di­ciaire.

« Nous évi­tons à la fa­mille d’avoir en tête les images qui au­raient été dé­po­sées et d’en­tendre les ap­pels 811 et 911 où l’on y en­tend Ma­thieu. Tout au long de l’ap­pel, on y en­tend la mère de l’en­fant ques­tion­ner Dave Pou­lin-Beau­noyer sur ce qui s’était pas­sé (...) Il n’y a au­cune peine qui va ra­me­ner Ma­thieu ou confor­ter la fa­mille. En mon sens, c’est la peine qui est juste qui doit être im­po­sée », a plai­dé Me Saint-Pierre.

GESTES D’UNE EXTRÈME VIO­LENCE

La mère de l’en­fant dor­mait dans la chambre à l’autre bout de l’ap­par­te­ment lorsque les gestes d’une ex­trême vio­lence ont été com­mis par Dave Pou­lin-Beau­noyer.

« La quan­ti­té de sang trou­vé dans l’ab­do­men était im­pres­sion­nante. Ce sont les bles­sures à l’ab­do­men qui lui ont été fa­tales », a in­di­qué Me Saint-Pierre.

L’avo­cat de la dé­fense a rap­pe­lé au tri­bu­nal que la thé­ra­pie faite par l’ac­cu­sé avait été bé­né­fique.

« La thé­ra­pie a per­mis à Dave Pou­lin-Beau­noyer de faire un tra­vail d’in­tros­pec­tion et de re­con­naître ses torts. Il y avait un tra­vail in­té­rieur à faire au-de­là de la pro­blé­ma­tique de consom­ma­tion. Cette prise de conscience est au coeur de la sug­ges­tion com­mune. Sans cette prise de conscience, il n’y au­rait pas eu de plai­doyer de culpa­bi­li­té, puis de sug­ges­tion com­mune (...) Rien n’ex­cuse le geste. Il y avait de la vio­lence en­cap­su­lée à cette époque. Il n’est pas en­core ca­pable d’ex­pli­quer ce geste », a si­gna­lé Me Ga­gnon. au tri­bu­nal

La juge a aus­si te­nu compte de ce dé­but de ré­ha­bi­li­ta­tion.

« Il ap­pa­raît clair dans le rap­port pre­sen­ten­ciel que vous as­su­mez votre res­pon­sa­bi­li­té. N’eût été ce che­mi­ne­ment, la peine au­rait été dif­fé­rente (...) Votre at­ti­tude de re­pen­tir, la ces­sa­tion de votre consom­ma­tion de drogue et la thé­ra­pie pour votre vio­lence que vous avez sui­vie m’aident à ac­cep­ter la sug­ges­tion com­mune », es­time la juge Des­gens.

- PHO­TO SPECTRE MÉDIA, MA­RIE-LOU BÉLAND

Dave Pou­lin-Beau­noyer a été condam­né à dix ans de prison pour avoir cau­sé le dé­cès de l’en­fant de sa conjointe.

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