Un mi­ni­mum de neuf freins à main de­vaient être ap­pli­qués

La Tribune - - ACTUALITÉS - RE­NÉ-CHARLES QUIRION rene-charles.quirion@la­tri­bune.qc.ca

SHERBROOkE — Mi­chael Ho­ran es­time qu’un nombre mi­ni­mal de neuf freins à main de­vaient être ap­pli­qués à Nantes pour sé­cu­ri­ser le convoi de la Mon­treal, Maine & At­lan­tic (MMA) le 5 juillet 2013. Le témoignage du di­rec­teur ad­joint de la MMA se pour­sui­vait, jeu­di, au pa­lais de jus­tice de Sherbrooke au pro­cès de­vant ju­ry de Tho­mas Har­ding, Jean De­maître et Ri­chard La­brie.

Les trois hommes sont ac­cu­sés de né­gli­gence cri­mi­nelle cau­sant la mort de 47 per­sonnes lors du dé­raille­ment de train de la MMA le 6 juillet 2013 à Lac-Mé­gan­tic.

Dans son ex­po­sé d’ou­ver­ture, la pour­suite avait sou­mis dans sa théo­rie de la cause que le convoi de la MMA avait sept freins à main pour cinq lo­co­mo­tives, une lo­co­mo­tive de contrôle et 73 wa­gons lors­qu’il a été ga­ré dans la voie prin­ci­pale à Nantes le 5 juillet 2013.

Se­lon le té­moin Ho­ran, le nombre de freins à main mi­ni­mum est im­po­sé par une charte en fonc­tion du nombre de wa­gons du convoi.

« Le mi­ni­mum reste le mi­ni­mum (...) Je parle du nombre mi­ni­mum, mais je ne peux dire que c’était suf­fi­sant. Je ne l’ai pas tes­té », a té­moi­gné M. Ho­ran.

Comme di­rec­teur ad­joint au trans­port de la MMA, il n’a ja­mais été in­ter­pel­lé sur la pra­tique se­lon la­quelle les convois étaient lais­sés sur la voie prin­ci­pale à Nantes.

Le train de la MMA avait été lais­sé sur la voie prin­ci­pale à Nantes dans la soi­rée du 5 juillet 2013 avant de rou­ler vers Lac-Mé­gan­tic.

« La voie d’évi­te­ment était oc­cu­pée dans la nuit du 5 au 6 juillet. Ç’a été dis­cu­té que les wa­gons non dé­doua­nés de­vaient res­ter dans la voie d’évi­te­ment à Nantes. C’est le « bu­reau chef » à Ban­gor qui a pris cette dé­ci­sion », a in­di­qué Mi­chael Ho­ran.

Il re­con­nait qu’un dé­railleur au­rait pu ser­vir pour em­pê­cher un train de par­tir à la dé­rive.

Le té­moin a confir­mé en contrein­ter­ro­ga­toire que la pra­tique d’un mé­ca­ni­cien opé­rant seul un train était « re­la­ti­ve­ment nou­velle » à la MMA.

« Pour la conduite de la lo­co­mo­tive, il n’y avait pas de dif­fé­rence, mais c’était moins ra­pide pour les ai­guillages. La ges­tion de la sé­cu­ri­té a été dis­cu­tée avec Tran­sports Ca­na­da, puis ç’a été ac­cep­té. La MMA ré­cla­mait cette pra­tique de­puis le dé­but de leurs opé­ra­tions parce que c’était la pra­tique aux États-Unis », a in­di­qué Mi­chael Ho­ran qui croit que cette pra­tique de mé­ca­ni­cien opé­rant seul un train n’est plus pos­sible de­puis la tra­gé­die de Lac-Mé­gan­tic.

En contre-in­ter­ro­ga­toire, Mi­chael Ho­ran sou­tient qu’il y avait eu beau­coup de re­marques de sé­cu­ri­té faites aux em­ployés concer­nant l’ap­pli­ca­tion des freins à main lors­qu’un train était lais­sé sans sur­veillance.

« C’était des re­marques gé­né­rales qui ne concer­naient pas un en­droit spé­ci­fique. Il n’y en a pas eu concer­nant Nantes », a té­moi­gné M. Ho­ran en contre-in­ter­ro­ga­toire.

Mi­chael Ho­ran a men­tion­né que les convois fer­ro­viaires n’étaient pas ga­rés à Lac-Mé­gan­tic.

« Nous n’avions pas l’es­pace vou­lu à Lac-Mé­gan­tic pour sta­tion­ner un train. Quand un train de­vait être ga­ré, c’était à l’ex­té­rieur. Avec la lon­gueur des trains et les pas­sages à ni­veau, ça ne fonc­tion­nait pas », a ex­pli­qué Mi­chael Ho­ran.

Le contre-in­ter­ro­ga­toire du té­moin Ho­ran se pour­sui­vra, lun­di pro­chain, au pro­cès de­vant ju­ry pré­si­dé par le juge Gaé­tan Du­mas de la Cour su­pé­rieure.

«

Nous n’avions pas l’es­pace vou­lu à Lac-Mé­gan­tic pour sta­tion­ner un train. Quand un train de­vait être ga­ré, c’était à l’ex­té­rieur. Avec la lon­gueur des trains et les pas­sages à ni­veau, ça ne » fonc­tion­nait pas. — Mi­chael Ho­ran

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