Éve­lyne Beau­din se dé­fend

La Tribune - - ACTUALITÉS - ISA­BELLE PION isa­belle.pion@latribune.qc.ca

SHER­BROOKE — La conseillère mu­ni­ci­pale élue de Sher­brooke Ci­toyen, Éve­lyne Beau­din, s’est dé­fen­due, jeu­di, au su­jet de la plainte dé­po­sée par l’or­ga­ni­sa­tion du Re­nou­veau sher­broo­kois (RS) à son en­droit au Di­rec­teur gé­né­ral des élec­tions du Qué­bec (DGEQ). Alors que la plainte conteste son éli­gi­bi­li­té au su­jet de son lieu de ré­si­dence, Mme Beau­din as­sure res­pec­ter la loi. « Je n’ai pas vu le conte­nu de la plainte », sou­ligne-t-elle en di­sant avoir « deux adresses à Sher­brooke », soit une adresse chez ses pa­rents et son ap­par­te­ment. « Je ré­side à Sher­brooke de fa­çon non conti­nue de­puis en­vi­ron 29 ans. »

Seule conseillère élue sous la ban­nière de Sher­brooke Ci­toyen, elle se­ra quand même as­ser­men­tée ce ven­dre­di aux cô­tés des autres élus. Elle dit avoir hâte de pou­voir se concen­trer sur son tra­vail et de re­pré­sen­ter les élec­teurs du dis­trict du Car­re­four. Jointe une pre­mière fois par

La Tri­bune mer­cre­di, elle avait d’abord pré­fé­ré ne pas com­men­ter.

Mme Beau­din a été con­tac­tée par le DGEQ jeu­di. Elle de­vrait ren­con­trer un en­quê­teur au cours des pro­chaines se­maines.

L’or­ga­ni­sa­tion du RS sou­tient que Mme Beau­din, qui a ré­si­dé à Ma­tane où elle en­sei­gnait, au­rait contre­ve­nu à l’ar­ticle 61 de la Loi sur les élec­tions et les ré­fé­ren­dums dans les mu­ni­ci­pa­li­tés (LERM). Ce­lui-ci sti­pule qu’« est éli­gible à un poste de membre du conseil de la mu­ni­ci­pa­li­té toute per­sonne qui a le droit d’être ins­crite sur la liste élec­to­rale de celle-ci et qui ré­side de fa­çon conti­nue ou non sur le ter­ri­toire de la mu­ni­ci­pa­li­té de­puis au moins les 12 der­niers mois le 1er sep­tembre de l’an­née ci­vile où doit avoir lieu une élec­tion gé­né­rale ».

Le plai­gnant es­time qu’elle au­rait com­mis une in­frac­tion à l’ar­ticle 632 (1) de la Loi, qui sti­pule qu’une per­sonne qui « pose sa candidature à un poste de membre du conseil en sa­chant qu’il n’est pas éli­gible » com­met une in­frac­tion.

Mme Beau­din a dé­lo­gé le conseiller sor­tant Pierre Tar­dif tan­dis que la can­di­date du RS, Na­dia Chou­bane, est ar­ri­vée troi­sième.

Si le DGEQ ju­geait qu’il a eu contra­ven­tion à la loi, un constat d’in­frac­tion pour­rait être dé­po­sé de­vant la Cour du Qué­bec. Par­mi les scé­na­rios pos­sibles s’il y avait eu faute, on pour­rait aus­si pen­ser à une contes­ta­tion d’élec­tion (in­ten­tée par un élec­teur ou un can­di­dat dé­fait) ou en­core une re­quête en dé­cla­ra­tion d’in­ha­bi­li­té (in­ten­tée par un élec­teur, par exemple.)

Mme Beau­din avait fait l’ob­jet d’une plainte au DGEQ lors des élec­tions mu­ni­ci­pales de 2013 et se­lon elle, c’est le RS qui avait dé­po­sé cette plainte, qui lui re­pro­chait no­tam­ment d’avoir omis d’ins­crire la men­tion lé­gale « payé et au­to­ri­sé par l’agent of­fi­ciel » sur son ma­té­riel élec­to­ral. Comme elle avait fait son site elle-même et que ça ne lui avait rien coû­té, elle n’avait alors pas pen­sé écrire la men­tion.

« C’est quand même des fonds pu­blics. En 2013, cette plainte a fait en sorte que deux en­quê­teurs qui tra­vaillent à Qué­bec se sont dé­pla­cés à Sher­brooke... C’est une des choses qui peut m’in­quié­ter dans la si­tua­tion ac­tuelle : en­core une fois on en­gage des fonds pu­blics. Je ne suis pas en train de dire aux gens qui constatent des ano­ma­lies de ne rien faire, mais je pense qu’il faut être prudent parce qu’on en­gage des fonds pu­blics », dit-elle en ajou­tant ne pas avoir eu de nou­velle de cette en­quête.

Seule conseillère élue sous la ban­nière de Sher­brooke Ci­toyen, Mme Beau­din se­ra quand même as­ser­men­tée ce ven­dre­di aux cô­tés des autres élus.

— PHO­TO ARCHIVES LA TRI­BUNE, FRé­Dé­RIC Cô­Té

éve­lyne Beau­din as­sure qu’elle ré­side à Sher­brooke de fa­çon non conti­nue de­puis en­vi­ron 29 ans.

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