ALEXAN­DRA ROY, MI­TRAILLEUSE DE BORD

Alexan­dra Roy a fait sa place dans les Forces ar­mées pour ob­te­nir ce poste pres­ti­gieux

La Tribune - - LA UNE - MA­RIE-CH­RIS­TINE BOU­CHARD ma­rie-ch­ris­tine.bou­chard@la­tri­bune.qc.ca

SHER­BROOKE — La Sher­broo­koise Alexan­dra Roy est la pre­mière femme à oc­cu­per le poste de mi­trailleuse de bord au 430e Es­ca­dron tac­tique d’hé­li­co­ptères, ba­sé à Val­car­tier, et pro­ba­ble­ment la pre­mière femme à le faire dans toutes les Forces ar­mées ca­na­diennes (FAC).

Les mi­trailleurs de bord, mieux connus sous leur ap­pel­la­tion an­glo­phone de « door gun­ner », sont très peu nom­breux. Sur 6000 mi­li­taires qui tra­vaillent à la base mi­li­taire de Val­car­tier, il n’y a que sept postes de mi­trailleurs de bord. « C’est un grand pri­vi­lège quand on se voit of­frir ce poste », sou­ligne la ca­po­rale de 30 ans, qui a joint les FAC il y a quatre ans seu­le­ment.

« Quand on m’a pro­po­sé ce tra­vail, je ne vou­lais ab­so­lu­ment pas ra­ter cette oc­ca­sion unique », ajoute la jeune mi­li­taire, qui avait com­plé­té son bac­ca­lau­réat en gra­phisme à l’Uni­ver­si­té La­val avant de s’en­ga­ger dans les FAC.

Les mi­li­taires qui exercent des mé­tiers de com­bat peuvent oc­cu­per le poste de mi­trailleur de bord de l’avia­tion tac­tique pen­dant deux ans. Alexan­dra Roy a ter­mi­né sa for­ma­tion et par­ti­cipe main­te­nant aux exer­cices pour peau­fi­ner ses ap­ti­tudes, no­tam­ment ce­lui du re­pé­rage des en­ne­mis au sol et de la com­mu­ni­ca­tion avec les pi­lotes de l’hé­li­co­ptère.

Alexan­dra Roy vole à bord des Grif­fon, des hé­li­co­ptères uti­li­sés pour le trans­port tac­tique et qui peuvent aus­si trans­por­ter jus­qu’à 13 per­sonnes, soit deux pi­lotes, un mé­ca­ni­cien de bord (qui a le man­dat d’as­su­rer la sé­cu­ri­té à la droite de l’ap­pa­reil) et dix pas­sa­gers. Le tra­vail d’un « door gun­ner » est d’as­su­rer la sé­cu­ri­té de l’hé­li­co­ptère du cô­té gauche.

« Je suis as­sise dans la porte ou­verte de l’hé­li­co­ptère, à gauche, et je dois m’as­su­rer la sé­cu­ri­té de l’hé­li­co­ptère de mi­di à 6 h, c’est-àdire tout le cô­té gauche de l’hé­li­co­ptère, avec toutes mes armes. Si on se fait at­ta­quer, je suis là pour ré­pli­quer. Je suis aus­si une paire d’yeux sup­plé­men­taires pour le pi­lote et le co­pi­lote », sou­ligne la ca­po­rale.

Alexan­dra Roy doit donc ma­nier des mi­trailleuses C6 dans le cadre de ses fonc­tions.

Ain­si, en si­tua­tion de com­bat, le mi­trailleur de bord doit at­ta­quer l’en­ne­mi, au meilleur de son ju­ge­ment. Le mi­trailleur de bord est uti­li­sé prin­ci­pa­le­ment pour as­su­rer la sé­cu­ri­té et la pro­tec­tion des sol­dats au sol lorsque les sol­dats au sol sont moins nom­breux que l’en­ne­mi.

Lors d’un at­ter­ris­sage dans une zone de dé­bar­que­ment en­tou­rée d’arbres, les mi­trailleurs de bord ont aus­si un grand rôle à jouer. « Nous de­vons nous as­su­rer qu’il n’y a pas d’autres obs­tacles », men­tionne-t-elle.

OPÉ­RA­TION IM­PACT

Et quels sont les ob­jec­tifs der­rière tout cet en­traî­ne­ment ri­gou­reux? Être prête pour toutes les oc­ca­sions où son es­ca­dron pour­rait être ap­pe­lé à in­ter­ve­nir en fonc­tion des be­soins, et peut-être par­ti­ci­per l’an pro­chain à l’Opé­ra­tion Im­pact en Irak. Cette opé­ra­tion re­pré­sente la contri­bu­tion des FAC à la coa­li­tion mon­diale contre Daech en Irak et en Sy­rie. Entre le 30 oc­tobre 2014 et le 14 oc­tobre 2017, la Force opé­ra­tion­nelle aé­rienne en Irak a ef­fec­tué quelque 3266 sor­ties aé­riennes, ce qui laisse pré­sa­ger que la mi­trailleuse de bord pour­rait être fort oc­cu­pée si elle s’en­ga­geait dans ce théâtre d’opé­ra­tions.

« Dans une uni­té de com­bat, on tra­vaille fort, on y consacre beau­coup de temps, beau­coup d’exer­cices à l’ex­té­rieur, beau temps mau­vais temps, alors c’est mo­ti­vant de sa­voir que l’on pour­ra faire quelque chose de concret, d’al­ler ai­der pour vrai. Quand on s’en­gage, on a la vo­lon­té de pou­voir ai­der dans un vrai théâtre d’opé­ra­tions », sou­tient la ca­po­rale Roy.

Être l’une des pre­mières femmes, si­non la pre­mière, à oc­cu­per ce poste au sein des FAC rend Alexan­dra Roy par­ti­cu­liè­re­ment fière. « Dans mon es­ca­dron, il y a une seule femme pi­lote. C’est un mi­lieu très ma­jo­ri­tai­re­ment mas­cu­lin. Mais j’ai été su­per bien ac­cueillie. C’est cer­tain que j’ai at­ti­ré l’at­ten­tion quand je suis ar­ri­vée parce qu’il y a peu de femmes. Mais quand on tra­vaille bien, qu’on tra­vaille fort, ça va su­per bien. Les FAC veulent faire de la place aux femmes, et il y a de la place pour toutes celles qui s’in­té­ressent aux Forces », as­sure la Sher­broo­koise d’ori­gine.

— PHO­TO FOUR­NIE, JOUR­NAL ADSUM

La ca­po­rale Alexan­dra Roy est mi­trailleuse de bord et elle tra­vaille avec les hé­li­co­ptères Grif­fon des Forces ar­mées ca­na­diennes, un ap­pa­reil po­ly­va­lent qui per­met de dé­po­ser des sol­dats ou de trans­por­ter du ma­té­riel.

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