«Les pom­piers m’ont dit que Tom Har­ding avait ris­qué sa vie»

La Tribune - - PROCÈS DE LAC-MÉGANTIC - RE­NÉ-CHARLES QUIRION rene-charles.quirion@la­tri­bune.qc.ca

SHER­BROOKE — « Les pom­piers m’ont dit que Tom Har­ding avait ris­qué sa vie. »

Le contre­maître de l’en­tre­tien de la voie de la Mon­treal, Maine & Atlantic (MMA), Jean-Noël Busque, a af­fir­mé à la fin de son témoignage que les pom­piers de Lac-Mé­gan­tic avaient com­men­té de cette fa­çon la conduite du conduc­teur du train Tho­mas Har­ding qui avait dé­pla­cé des wa­gons de la scène du dé­raille­ment au centre-ville de Lac-Mé­gan­tic le 6 juillet 2013.

Le contre­maître en en­tre­tien de la voie, Jean-Noël Busque a com­plé­té son témoignage, mar­di, au pro­cès de trois de ses an­ciens col­lègues de tra­vail de la MMA au pa­lais de jus­tice de Sher­brooke.

Tho­mas Har­ding, le con­trô­leur de la cir­cu­la­tion fer­ro­viaire (CCF), Ri­chard La­brie et le di­rec­teur de l’ex­ploi­ta­tion, Jean De­maître sont ac­cu­sés de né­gli­gence cri­mi­nelle cau­sant la mort de 47 per­sonnes à la suite du dé­raille­ment fer­ro­viaire du 6 juillet 2013 à Lac-Mé­gan­tic.

Jean-Noël Busque, qui est le der­nier em­ployé de la MMA qui a vu la lo­co­mo­tive de tête 5017 après l’in­cen­die du 5 juillet 2013 à Nantes, avait une cer­taine connais­sance des freins à main.

En contre-in­ter­ro­ga­toire, il a ré­pé­té qu’il n’avait au­cune connais­sance concer­nant les freins au­to­ma­tiques sur les lo­co­mo­tives, mais une cer­taine connais­sance sur les freins à main.

« La com­pa­gnie avait es­sayé de nous don­ner une for­ma­tion sur les freins à main, mais le syn­di­cat s’en était mê­lé », a men­tion­né Jean-Noël Busque qui a pré­ci­sé qu’il avait sui­vi une for­ma­tion avec Mike Ho­ran de la MMA sur le « one man crew » sur le ter­rain, soit l’équi­page de train à un seul homme, en jan­vier 2010.

À une ques­tion en conte-in­ter­ro­ga­toire s’il avait vu le train bou­ger à Nantes, Jean-Noël Busque a ré­pon­du : « Ja­mais (...) Ce n’était même pas ima­gi­nable dans ma tête », a té­moi­gné M. Busque.

Il en a ajou­té concer­nant sa per­cep­tion de ce qui se pas­sait dans la nuit du 6 juillet à Lac-Mé­gan­tic.

« Je n’avais ja­mais vu ça en 40 ans un train qui part tout seul. Il y a quelque chose qui ne mar­chait pas », a in­di­qué M. Busque.

Il confirme avoir ap­pe­lé le CCF Ri­chard La­brie vers 2 h 5 le 6 juillet pour si­gna­ler que « dans sa tête à lui » il y avait un pro­blème avec les freins à main.

« Un train qui part tout seul ça ne se peut pas. J’ai dit à Ri­chard La­brie que « l’in­gé­nieur » de­vait avoir ou­blié de mettre ses breaks », qui s’était alors fait ré­pondre que le train était en­core à Nantes.

Ne croyant pas que le train de Nantes avait dé­raillé au cen­tre­ville de Lac-Mé­gan­tic, Ri­chard La­brie a de­man­dé à Jean-Noël Busque d’al­ler vé­ri­fier sur place ce qui en était.

Le contre­maître de la MMA Busque est re­tour­né à Nantes pour consta­ter que le train n’était plus là. Il a alors trans­mis l’in­for­ma­tion à Ri­chard La­brie.

« Je lui ai dit qu’il n’y avait plus de train à Nantes et que ça de­vait être ça qui brû­lait », a in­di­qué M. Busque.

IL AC­CUEILLE THO­MAS HAR­DING

Jean-Noël Busque a ac­cueilli Tho­mas Har­ding dans sa ca­mion­nette à l’ef­fi­gie de la MMA lors­qu’il a été éva­cué de l’Eau-Berge où il lo­geait.

« Le conduc­teur amé­ri­cain est ar­ri­vé au vé­hi­cule. Il a don­né un cel­lu­laire à Tom. Il par­lait en an­glais avec sa pa­tronne aux États », a ex­pli­qué Jean-Noël Busque.

Lors­qu’il a trou­vé les lo­co­mo­tives à en­vi­ron deux ki­lo­mètres des lieux de la tra­gé­die en com­pa­gnie de son pa­tron Da­niel Au­bé, Jean-Noël Busque a consta­té que la lo­co­mo­tive 5017 avait ses freins à main.

« Nous avons vé­ri­fié tous les freins pour être cer­tains que les en­gins ne re­viennent pas dans le feu. On a vé­ri­fié les freins à main. J’ai vé­ri­fié les deux pre­miers et Da­niel Au­bé a vé­ri­fié le reste. Les freins à main étaient sur la 5017. Tu peux ha­bi­tuel­le­ment faire dix ou quinze tours. Je n’ai fait qu’un quart de tour », a té­moi­gné JeanNoël Busque.

Jean-Noël Busque, contre­maître en en­tre­tien de la voie de la MMA

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