Un re­jet des par­tis po­li­tiques, vrai­ment?

La Tribune - - OPINIONS -

Steve Lus­sier a rem­por­té la mairie en tant que can­di­dat in­dé­pen­dant. Ce qu’on peut re­te­nir des der­nières élec­tions, c’est le re­jet des par­tis po­li­tiques mu­ni­ci­paux avec une apo­lo­gie pour les in­dé­pen­dants. Se­lon cer­tains, une élue ou un élu in­dé­pen­dant n’est pas re­de­vable à un par­ti, mais à ses élec­teurs et élec­trices. Même Hé­lène Pi­got de Sher­brooke Ci­toyen avait pro­mis de dé­mis­sion­ner de son poste de cheffe du par­ti une fois élue à la mairie. D’un autre cô­té, voir des ci­toyens et ci­toyennes de se re­grou­per pour dé­fendre des idées n’est-il pas un signe de san­té dé­mo­cra­tique? (…) Les par­tis po­li­tiques sher­broo­kois ont per­du la mairie et n’ont fait qu’élire trois conseillers de ville sur 14. Ce­pen­dant, est-ce que seuls les Sher­broo­kois(es) ont tour­né le dos aux par­tis po­li­tiques, ou les règles du jeu ont éga­le­ment in­fluen­cé le ré­sul­tat? Si on re­garde du cô­té du vote po­pu­laire, Steve Lus­sier a été élu avec 43,5 % des voix. M. Sé­vi­gny et Mme Pi­got ont ob­te­nu en­semble 53,7 % des voix. (…) Si l’élec­tion avait été à deux tours ou au scru­tin pré­fé­ren­tiel, est-ce que Steve Lus­sier au­rait été élu maire de Sher­brooke?

Il n’y a pas que le poste de maire où le sys­tème élec­to­ral pose pro­blème. Le mode de scru­tin a été in­juste en­vers les par­tis au ni­veau des conseillers aus­si. La moi­tié des conseillers (ères) de ville ont été élus sans avoir la ma­jo­ri­té des votes. Lors­qu’on re­garde le vote po­pu­laire qu’ont ob­te­nu les par­tis po­li­tiques au ni­veau des conseillers (ères) de ville, le Re­nou­veau Sher­broo­kois a ob­te­nu 22,4 % des voix et deux conseillers sur 14 (ce qui re­pré­sente 14 % du conseil). Sher­brooke Ci­toyen a ob­te­nu 21,1 % des voix et une seule conseillère sur 14 (ce qui re­pré­sente 7 % du conseil). Dans un scru­tin pro­por­tion­nel, le Re­nou­veau Sher­broo­kois au­rait eu un conseiller de plus et Sher­brooke Ci­toyen deux de plus, ce qui au­rait dou­blé la re­pré­sen­ta­tion des par­tis au conseil mu­ni­ci­pal.

Il est grand temps de re­voir le sys­tème élec­to­ral, même au ni­veau mu­ni­ci­pal afin qu’il cesse d’être un mi­roir dé­for­mant de la vo­lon­té po­pu­laire. On doit même re­pen­ser la dé­mo­cra­tie mu­ni­ci­pale et la rendre plus dé­mo­cra­tique et par­ti­ci­pa­tive. Au lieu d’être une arène du pou­voir, elle de­vrait être un en­droit convi­vial où se bâ­tissent des pro­jets avec les ci­toyennes et ci­toyens.

Da­vid Lan­ne­ville, Étu­diant au doc­to­rat en gé­ron­to­lo­gie à l’Uni­ver­si­té de Sher­brooke

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