Une jeune fa­mille plon­gée dans le noir

La Tribune - - ACTUALITÉS - MA­RIE-CH­RIS­TINE BOUCHARD ma­rie-ch­ris­tine.bouchard@la­tri­bune.qc.ca

SHER­BROOKE — Une jeune mère de Sher­brooke a vé­cu une longue jour­née de dé­tresse, lun­di, quand Hy­dro-Sher­brooke a dé­ci­dé de cou­per le cou­rant dans sa ré­si­dence du centre de Sher­brooke. Avec les tem­pé­ra­tures qui chutent sous zé­ro la nuit et qui ne grimpent guère plus haut le jour, Kay­la Fré­chette se de­man­dait com­ment elle al­lait pas­ser les pro­chains jours dans un ap­par­te­ment froid, sans fa­çon fa­cile de ré­chauf­fer, de se la­ver et de pré­pa­rer des re­pas pour elle et sa pe­tite fille de 20 mois.

« Quand la dame d’Hy­dro-Sher­brooke m’a an­non­cé lun­di ma­tin que mon ser­vice d’élec­tri­ci­té se­rait dé­bran­ché, j’ai d’abord été très dé­çue de moi : j’avais une en­tente de paie­ment et j’au­rais dû la res­pec­ter. Mais je n’ai pas été ca­pable de le faire. Je suis une ma­man à la mai­son, on vit avec un seul sa­laire, et c’est très dif­fi­cile de payer le paie­ment de 600 $ par mois qu’Hy­dro-Sher­brooke me de­mande », se dé­sole Kay­la Fré­chette.

En­suite vinrent les né­go­cia­tions : pour ce mois-ci, Mme Fré­chette n’avait que la moi­tié de la somme de­man­dée par le ser­vice pu­blic pour ac­quit­ter sa dette. Que pou­vait-elle faire pour conser­ver son ser­vice? Rien, lui ont ré­pon­du les em­ployés d’Hy­dro-Sher­brooke, sauf payer la to­ta­li­té de sa fac­ture.

« J’étais en dé­tresse. Hy­dro-Sher­brooke a man­qué de com­pré­hen­sion. Je suis une jeune mère de fa­mille, j’ai une jeune en­fant et je suis en­ceinte. Est-ce qu’on n’au­rait pas pu m’ai­der un peu plus dans ma si­tua­tion, plu­tôt que de me lais­ser dans un ap­par­te­ment non chauf­fé qui est ra­pi­de­ment des­cen­du à 18 de­grés? » s’at­triste-t-elle.

Cette cause est d’au­tant plus com­plexe que l’his­to­rique de la con­som­ma­tion d’élec­tri­ci­té de Mme Fré­chette fait face à une pro­cé­dure en ce mo­ment. En ef­fet, une bonne par­tie de sa dette s’est ac­cu­mu­lée dans son pré­cé­dent ap­par­te­ment alors que, preuve d’un élec­tri­cien à l’ap­pui af­firme-t-elle, tous les chauffe-eau de son im­meuble étaient ali­men­tés par le comp­teur de son ap­par­te­ment.

« Je paye quand même de­puis plu­sieurs mois pour une fraude qui a été com­mise à mon in­su. Dans ce contexte-là en­core plus, j’au­rais ap­pré­cié plus de com­pré­hen­sion de la part d’Hy­dro-Sher­brooke. Et c’est ça que je veux dé­non­cer : je ne veux plus que d’autres fa­milles comme la mienne se re­trouvent dans une si­tua­tion aus­si dif­fi­cile à l’ave­nir », lance-t-elle.

En fin d’après-mi­di lun­di, Kay­la Fré­chette s’est fait prê­ter par un ami les quelque 300 $ man­quant pour payer son élec­tri­ci­té du mois de no­vembre. « Un ange gar­dien a été mis sur ma route! »

Mise au cou­rant en fin de jour­née que la mère de fa­mille al­lait pou­voir payer sa fac­ture dès le len­de­main, une em­ployée d’Hy­dro-Sher­brooke a aus­si­tôt dé­pê­ché un tech­ni­cien chez la mère de fa­mille pour lui ra­me­ner cha­leur et lu­mière avant la tom­bée de la nuit.

La jeune femme a sou­pi­ré de sou­la­ge­ment. « Pour ça, je re­mer­cie Hy­dro-Sher­brooke. J’étais vrai­ment contente de pou­voir la­ver ma fille et la cou­cher au chaud », se ré­jouit-elle.

Rap­pe­lons qu’Hy­dro-Sher­brooke ne peut cou­per le cou­rant à ses abon­nés entre le 1er dé­cembre et le 31 mars. En date du 1er dé­cembre, l’élec­tri­ci­té se­ra au­to­ma­ti­que­ment re­bran­chée pour toutes les per­sonnes dont le ser­vice avait été in­ter­rom­pu au­pa­ra­vant. Mais si la si­tua­tion ne se règle pas avant, c’est au prin­temps sui­vant qu’une autre cou­pure de ser­vice se­rait pos­sible pour les gens qui sont en dé­faut de paie­ment.

— PHOTO SPECTRE Mé­DIA, MA­RIE-LOU BéLAND

Kay­la Fré­chette a pu re­trou­ver la lu­mière et la cha­leur grâce à un ami, Ra­phaël Cha­rest, qui lui a prê­té l’ar­gent pour s’ac­quit­ter de sa dette en­vers Hy­droS­her­brooke.

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