Noah Dob­son se dé­marque... dis­crè­te­ment

La Tribune - - SPORTS - SI­MON SER­VANT

MON­TRÉAL — Le dé­fen­seur Noah Dob­son du Ti­tan d’Aca­die-Ba­thurst n’est pas le plus spec­ta­cu­laire sur la pa­ti­noire, mais re­tient l’at­ten­tion dans le monde du hockey en rai­son de son jeu ef­fi­cace et com­plet. Dé­jà la sai­son der­nière, à 16 ans, il a do­mi­né toutes les recrues de la LHJMQ grâce à un dif­fé­ren­tiel de plus-34. Cette sai­son, à l’aube de son pas­sage à la Sé­rie Ca­na­da-Rus­sie, l’ar­rière de 17 ans a amas­sé 18 points en 22 par­ties. Uti­li­sé dans toutes les si­tua­tions, il a ra­pi­de­ment for­cé la main de l’or­ga­ni­sa­tion et, à sa sai­son re­crue, il s’est vu confier de plus en plus de res­pon­sa­bi­li­tés. Lors de la deuxième ronde des sé­ries éli­mi­na­toires, il s’est même frot­té à plu­sieurs re­prises à l’at­ta­quant de l’Ar­ma­da Pierre-Luc Du­bois, troi­sième choix au to­tal du re­pê­chage de 2016 qui évo­lue main­te­nant dans le cir­cuit Bett­man avec les Blue Ja­ckets de Co­lum­bus.

« Nous avons eu une belle pous­sée en sé­ries l’an pas­sé et j’ai pris beau­coup d’ex­pé­rience. On me fait jouer beau­coup de mi­nutes et j’ai la chance d’évo­luer aux cô­tés du vé­té­ran Adam Hol­well. Je ne suis pas le plus flam­boyant, mais j’aime jouer avec calme et prendre les bonnes dé­ci­sions. J’aime me por­ter à l’at­taque, mais je fais de mon jeu dé­fen­sif une fier­té », a fait va­loir Dob­son, qui dit vou­loir imi­ter le style du dé­fen­seur Drew Dough­ty des Kings de Los An­geles.

Cer­tains re­cru­teurs croient que son nom se­ra en­ten­du lors de la pre­mière ronde du re­pê­chage de la LNH. D’autres croient que ce se­ra au deuxième tour. Tous s’en­tendent ce­pen­dant pour dire que Dob­son pos­sède un coup de pa­tin fluide et une vi­sion of­fen­sive hors pair. Mais au-de­là de ses prouesses sur la glace, ce sont ses qua­li­tés hu­maines et sa ma­tu­ri­té qui font le plai­sir de son en­traî­neur-chef, Ma­rio Pou­liot. Et soyez as­su­rés que vous ne trou­ve­rez pas un plus grand par­ti­san du jeune dé­fen­seur à Ba­thurst.

« J’ai lu un ar­ticle sur les 20 meilleurs es­poirs en vue du re­pê­chage de la LNH et il ne s’y trou­vait pas. Ça m’a pin­cé le coeur parce qu’il en fait dé­fi­ni­ti­ve­ment par­tie et je suis convain­cu qu’il se­ra sé­lec­tion­né avant le 20e rang, a as­su­ré Pou­liot. Dès son ar­ri­vée, il nous a mon­tré beau­coup de ma­tu­ri­té. Il fait at­ten­tion aux dé­tails, il se pré­pare comme un pro­fes­sion­nel et il veut ap­prendre. C’est un jeune qui a un plan et il le suit à la lettre. »

PARCOURS PAR­TI­CU­LIER

Rares sont les Canadiens qui s’exilent en Eu­rope pour par­faire leur ap­pren­tis­sage en hockey — c’est ha­bi­tuel­le­ment l’in­verse qui se pro­duit — mais c’est néan­moins la di­rec­tion qu’a choi­sie le dé­fen­seur de six pieds trois pouces. Après un ar­rêt en Es­trie, Dob­son, qui n’avait que 15 ans à l’époque, a re­çu un ap­pel in­tri­gant de l’an­cien joueur du Ca­na­dien de Mon­tréal, Brian Sa­vage.

« Je vou­lais quit­ter l’Île-du-Prince-Édouard et Brian, qui était un en­traî­neur du dé­ve­lop­pe­ment des joueurs en Au­triche, m’a contac­té. J’ai pris l’avion en com­pa­gnie de mon père afin de voir les ins­tal­la­tions et tout était à la fine pointe de la tech­no­lo­gie, s’est-il rap­pe­lé. J’ai dé­ci­dé d’y res­ter parce que je ju­geais que c’était mieux pour mon dé­ve­lop­pe­ment. »

Le dé­fen­seur a pas­sé une sai­son avec l’Aca­dé­mie de hockey Red Bull, à Salz­bourg, où il n’a vé­cu que pour le hockey, à des heures de vol de ses pa­rents, dans un dor­toir en com­pa­gnie de ses co­équi­piers. Si le sport fait vieillir plus ra­pi­de­ment, il n’est donc pas éton­nant de voir qu’il est un des plus ma­tures du Ti­tan mal­gré son jeune âge.

« Je trou­vais que les Red Bulls consti­tuaient la meilleure équipe pour moi. J’ai éga­le­ment eu l’oc­ca­sion de voir plu­sieurs en­droits dans le monde et d’amé­lio­rer mes tech­niques, a af­fir­mé Dob­son. Le style de jeu est très dif­fé­rent et c’est axé sur le ta­lent et la vi­tesse. Ç’a ai­dé mon coup de pa­tin et mon contrôle de ron­delle. C’est in­té­res­sant d’adop­ter cette pers­pec­tive de hockey et de l’ap­por­ter au Ca­na­da. »

« Noah n’a pas be­soin de se faire prendre par la main et il est très fa­cile à di­ri­ger, a ajou­té Pou­liot. Il sa­vait qu’il de­vait quit­ter sa fa­mille et il a pris cette dé­ci­sion ra­pi­de­ment. Ça prouve qu’il était prêt à faire les sa­cri­fices.

Cer­tains re­cru­teurs croient que son nom se­ra en­ten­du lors de la pre­mière ronde du re­pê­chage de la LNH.

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