Le re­cen­se­ment des cas de mé­prise

La Tribune - - SPORTS - LUC LAROCHELLE COU­REUR DES BOIS luc.larochelle@la­tri­bune.qc.ca

Les nouvelles règles ap­pli­quées en Es­trie pour la chasse au che­vreuil ont pro­vo­qué une aug­men­ta­tion du nombre de cas « d’abat­tage par mé­prise ». Aux yeux des au­to­ri­tés, ceux-ci de­meurent tou­te­fois mar­gi­naux en pro­por­tion des chas­seurs ayant par­ti­ci­pé à la pre­mière des cinq sai­sons du pro­jet ex­pé­ri­men­tal de res­tric­tion de la taille lé­gale des bois (RTLB).

Six cas de mé­prise avaient été re­cen­sés dans les zones 6 nord et 6 sud en 2015, il y en a eu huit en 2016 et ce nombre a grim­pé à 30 à l’au­tomne 2017. Il im­porte de pré­ci­ser que ces sta­tis­tiques ne com­prennent pas toutes les er­reurs de ju­ge­ment rap­por­tées au Ser­vice de pro­tec­tion de la faune. Comme, par exemple, celle d’avoir ré­col­té un cerf sans bois qui se trou­vait dans l’angle de tir d’une cible pré­su­mé­ment lé­gale. Des si­tua­tions sem­blables se sont pro­duites dans le pas­sé, pour les­quelles des chas­seurs re­pen­tants et ayant four­ni des ex­pli­ca­tions va­lables ont été exo­né­rés.

Pour avoir un por­trait juste de l’im­pact du RLTB, le mi­nis­tère a éta­bli des com­pa­rables en se ré­fé­rant aux seuls cas des der­nières an­nées liés à la taille des bois, le plus clas­sique étant ce­lui d’un da­guet (spike) qui n’avait pas deux pointes d’une lon­gueur mi­ni­male de 7 cm. C’est la règle s’ap­pli­quant en­core d’ailleurs dans le reste du Qué­bec.

Rappelons que les chas­seurs fré­quen­tant les 6 nord et 6 sud avaient en plus cette an­née l’obli­ga­tion de s’as­su­rer qu’un mâle avait « au moins trois pointes de 2,5 cm ou plus d’un côté du pa­nache pour pou­voir être abat­tu ».

Ces res­tric­tions sup­plé­men­taires vi­sant à as­su­rer la pro­tec­tion des jeunes mâles, avec l’ob­jec­tif de re­haus­ser la qua­li­té de chasse au che­vreuil dans la ré­gion, aug­men­taient le co­ef­fi­cient de dif­fi­cul­té. D’au­tant que les mo­ments les plus pro­pices pour ré­col­ter un cerf sont aux pre­mières lueurs du ma­tin ou au dé­clin du jour, au mo­ment où la lu­mi­no­si­té est ré­duite.

« Cer­tains chas­seurs se sont adres­sés di­rec­te­ment à nos bu­reaux pour nous si­gna­ler qu’ils avaient abat­tu un mâle dont le pa­nache ne ren­con­trait pas tous les cri­tères. Dans d’autres si­tua­tions, la mé­prise a été consta­tée lors du me­su­rage à une sta­tion d’en­re­gis­tre­ment, et c’est à partir de là que le chas­seur en cause en­trait en com­mu­ni­ca­tion avec nous. Chaque dos­sier a été éva­lué et la ré­sul­tante, dans la plu­part des cas, a été un avis écrit qui se­ra conser­vé au dos­sier du chas­seur. La même per­sonne ne pour­ra es­pé­rer la to­lé­rance s’il y a ré­ci­dive », com­mente le ser­gent Fran­çois La­prise du bu­reau de pro­tec­tion de la faune de l’Es­trie.

Tous les chas­seurs im­pli­qués dans ces im­bro­glios ont dû re­mettre la car­casse du cerf qu’ils avaient ré­col­té. Leur ve­nai­son a été ache­mi­née à la banque de dé­pan­nage ali­men­taire Mois­son Es­trie.

Pré­ci­sons d’autre part qu’il n’ap­par­tient pas au per­son­nel des sta­tions d’en­re­gis­tre­ment de joueur au chien de garde en dé­non­çant sys­té­ma­ti­que­ment les cas pro­blé­ma­tiques.

« Nous avions fait le tour des sta­tions de la zone 6 pour ex­pli­quer les nouvelles règles et s’as­su­rer qu’elles se­raient bien com­prises de tous. En fin de compte, c’est le chas­seur qui est ré­pon­dant de ses gestes.

Trente cas, c’est plus qu’au cours des an­nées pré­cé­dentes, mais ça reste peu en pro­por­tion des 19 000 chas­seurs s’étant ins­crits au pro­jet RTLB en se pro­cu­rant le per­mis com­plé­men­taire re­quis », ajoute le ser­gent La­prise.

Ce der­nier n’est pas en me­sure de chiffre le nombre de dos­siers en en­quête qui pour­raient, eux, dé­bou­cher sur des sanc­tions à l’en­contre des fau­tifs.

Les ges­tion­naires fau­niques s’at­ten­daient à des ré­per­cus­sions sem­blables en met­tant le pro­jet RTLB à l’es­sai dans la ré­gion pour une pé­riode de cinq ans. Ils mar­chaient tou­te­fois sur des oeufs avant la sai­son de chasse puis­qu’un mes­sage de to­lé­rance au­rait pu être in­ter­pré­té comme un in­ci­ta­tif à la dé­lin­quance.

Jus­qu’à quel point ce por­trait « of­fi­ciel » est-il fi­dèle au res­pect des nouvelles règles ?

Je conviens d’em­blée qu’il ne tra­duit sûrement qu’une par­tie de la réa­li­té, mais à qui et à quoi pour­rions-nous ré­fé­rer pour le rendre plus com­plet ?

Cet as­pect fait par­tie des étapes sub­sé­quentes d’adap­ta­tion et d’amé­lio­ra­tion d’un mode de ges­tion mis l’es­sai à la de­mande des chas­seurs. Nous fai­sons donc par­tie des so­lu­tions au­tant que du pro­blème que ces chiffres peuvent sous-es­ti­mer.

MFFP — ILLUS­TRA­TION

Il y a eu aug­men­ta­tion du nombre de cas « d’abat­tage par mé­prise « l’au­tomne der­nier en Es­trie suite au dé­mar­rage du pro­jet de res­tric­tion de la taille lé­gale des bois (RTLB). Ces cas de­meurent ce­pen­dant mar­gi­naux en pro­por­tion des 19 000 chas­seurs ayant par­ti­ci­pé à la pre­mière an­née d’ex­pé­ri­men­ta­tion, juge-t-on au mi­nis­tère de la Faune.

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