La fierté de M. Par­fait

Shaun White sa­voure son troi­sième titre olym­pique en de­mi-lune

La Tribune - - PYEONGCHANG 2018 -

PYEONG­CHANG — Hors ca­té­go­rie. À 31 ans, l’Amé­ri­cain Shaun White a dé­cro­ché mar­di soir (heure du Qué­bec) son troi­sième titre olym­pique en de­mi-lune, confir­mant sur sa planche que le sta­tut de lé­gende de la dis­ci­pline qui l’es­corte de­puis des an­nées res­tait ab­so­lu­ment mé­ri­té. Sa­cré en 2006 à Tu­rin et en 2010 à Van­cou­ver, à une époque où ses longs che­veux roux lui va­laient le sur­nom de «Flying To­ma­to» (To­mate vo­lante), White re­vient de loin, quatre ans après un échec à Sot­chi (4e) et, sur­tout, cinq mois après une chute épou­van­table qui a va­lu au Ca­li­for­nien 62 points de su­ture et plu­sieurs opé­ra­tions de chirurgie ré­pa­ra­trice au vi­sage.

Il ac­cor­dait ma­ni­fes­te­ment une im­por­tance par­ti­cu­lière à ces JO de 2018, qui pour­raient être ses der­niers, du moins pour l’hi­ver, car il lorgne les Jeux d’été de To­kyo de 2020... en planche à rou­lettes. Voi­ci ce qu’il avait à ra­con­ter après sa vic­toire. Q Vous aviez une énorme pres­sion avant votre troi­sième des­cente... R «Je suis en haut, en tête, et je vois Hi­ra­no battre mon score. J’étais frus­tré parce que j’es­pé­rais que ma pre­mière des­cente al­lait me don­ner la vic­toire. J’avais fait un des plus gros 1440 [quatre ro­ta­tions com­plètes] de ma vie, mais il m’a dé­pas­sé. Je ne vou­lais pas res­ter là-haut à re­gar­der tout le monde pas­ser, alors j’ai en­chaî­né les des­centes. Je re­pre­nais le té­lé­siège, je di­sais ‘‘sa­lut’’ à quelques

snow­boar­ders, tout ça pour évi­ter au maxi­mum cette pres­sion. Et puis me re­voi­là en haut, je tape dans les mains de mes coachs, je m’as­sois, je re­garde le par­cours. Et je me dis : ‘‘Tu as ça en toi, tu l’as fait toute ta car­rière, alors pro­fite de ce mo­ment parce que tu pour­rais bien de­ve­nir cham­pion olym­pique’’. J’y ai cru, le pre­mier 1440 a don­né le ton et ça a mar­ché.»

Q Comment avez-vous vé­cu l’attente de votre poin­tage? R

«Ça a été une éter­ni­té. C’est dur. Par­fois, je ne peux pas m’em­pê­cher de pen­ser qu’on at­tend tou­jours de moi que je sois le meilleur, le plus grand. On at­tend de moi que je fasse des des­centes par­faites, des 100 points, et je me dis que, par­fois, je risque d’être sous-no­té à cause de ça. Parce qu’ils m’ont tou­jours vu, toute ma car­rière, tous mes meilleurs mo­ments. ‘‘Oh, je l’ai dé­jà vu faire cette fi­gure mieux que ça...’’ J’ai dû me battre pour sor­tir cette der­nière des­cente et pour avoir ce poin­tage. J’étais fou de joie.»

Q Est-ce que cette vic­toire a une sa­veur par­ti­cu­lière? R

«Je suis tel­le­ment content de cette troi­sième mé­daille d’or en quatre Jeux. Ça si­gni­fie beau­coup d’avoir su me re­le­ver après Sot­chi, d’avoir trou­vé à nou­veau l’amour et la pas­sion de ce sport. J’avais jus­te­ment dé­jà vé­cu cette si­tua­tion à Sot­chi. Être là, à de­voir sor­tir une des­cente pour ga­gner les JO et je n’avais pas réus­si. Je n’avais pas pu, j’étais bat­tu avant de des­cendre, dans ma tête. Je suis très re­con­nais­sant d’avoir eu une chance de pou­voir être là à nou­veau et de pou­voir faire cette des­cente pour ga­gner ».

Q Que si­gni­fie pour vous le fait de dé­cro­cher la 100e mé­daille d’or amé­ri­caine aux Jeux d’hi­ver? R

«Je suis fier d’avoir ga­gné pour moi et pour Team USA. Je suis fier de voir com­bien l’équipe amé­ri­caine de snow­board est au-des­sus du lot. J’ai fait un score par­fait de 100 à Snow­mass et main­te­nant ma fa­mille m’ap­pelle tout le temps M. Par­fait. ‘‘Oh, M.Par­fait vou­drait un peu plus de steak...’’ Mais 100 vic­toires, c’est vraiment dingue. Je suis fier de faire par­tie de ça.»

LEE JIN-MAN — PHO­TO AP,

Avec sa vic­toire confir­mée lors de la toute der­nière des­cente, Shaun White a aus­si of­fert une 100e mé­daille d’or aux États-Unis aux Jeux d’hi­ver.

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