Une marge de cré­dit hy­po­thé­caire vous convient-elle?

La Tribune - - CHEZ MOI! -

(EN) Aus­si ex­ci­tant que ce­la puisse être, l’achat d’une mai­son peut aus­si s’avé­rer une ex­pé­rience stres­sante. La di­ver­si­té des modes de fi­nan­ce­ment qui sont main­te­nant of­ferts par les prê­teurs est im­mense.

L’un des modes de fi­nan­ce­ment les plus po­pu­laires est la marge de cré­dit hy­po­thé­caire (MCH). Comme cette der­nière a un taux d’in­té­rêt gé­né­ra­le­ment moins éle­vé que les autres ins­tru­ments de cré­dit, elle peut vous ai­der à at­teindre vos ob­jec­tifs fi­nan­ciers. Il faut tou­te­fois consi­dé­rer un cer­tain nombre de fac­teurs pour sa­voir si ce pro­duit vous convient.

À ne pas confondre avec un prêt sur va­leur do­mi­ci­liaire (prêt d’un mon­tant for­fai­taire as­su­jet­ti à un taux d’in­té­rêt, à des mo­da­li­tés et à un ca­len­drier de rem­bour­se­ment fixes), la MCH fonc­tionne plu­tôt comme une carte de cré­dit : le mon­tant dis­po­nible di­mi­nue lorsque vous em­prun­tez et aug­mente lorsque vous rem­bour­sez le prêt, jus­qu’à concur­rence de la limite de cré­dit éta­blie.

Tou­te­fois, à la dif­fé­rence d’une carte de cré­dit, une MCH est ga­ran­tie par la va­leur de votre mai­son. Ce­la si­gni­fie que si vous n’êtes pas en me­sure de rem­bour­ser les sommes que vous de­vez, votre prê­teur peut prendre pos­ses­sion de votre mai­son.

Bien com­prendre ce pro­duit

Les MCH sont com­mer­cia­li­sées sous dif­fé­rents noms d’une banque à l’autre, ce qui peut faire que vous ayez de la dif­fi­cul­té à re­con­naître ce pro­duit lors­qu’on vous l’offre. De nos jours, une MCH est ha­bi­tuel­le­ment com­bi­née à une hy­po­thèque clas­sique à échéance fixe pour for­mer un « prêt hy­po­thé­caire sur la va­leur nette ». Dans pa­reil cas, il est très pro­bable que la limite de cré­dit de votre MCH aug­mente au­to­ma­ti­que­ment à me­sure que vous rem­bour­sez le prin­ci­pal de votre hy­po­thèque. Un prêt hy­po­thé­caire sur la va­leur nette peut aus­si com­prendre d’autres pro­duits ban­caires et de cré­dit, comme des prêts per­son­nels, des cartes de cré­dit et des prêts-au­tos, qui sont as­su­jet­tis à une même limite de cré­dit. Par­mi les avan­tages de re­grou­per ces pro­duits, on note la com­mo­di­té et les taux d’in­té­rêt moins éle­vés. Par contre, pa­reil re­grou­pe­ment pré­sente aus­si des in­con­vé­nients, no­tam­ment des frais et des res­tric­tions dans le cas où vous vou­driez op­ter pour un autre prê­teur ain­si que des taux d’in­té­rêt va­riables qui peuvent aug­men­ter à court pré­avis. Votre ins­ti­tu­tion fi­nan­cière a éga­le­ment le droit de vous de­man­der de payer le solde dû au com­plet à tout mo­ment.

Gare au re­cours ex­ces­sif à l’em­prunt sur la va­leur nette de votre mai­son

Votre mai­son est pro­ba­ble­ment l’investissement le plus im­por­tant que vous fe­rez dans votre vie. Comme beau­coup de gens, vous comp­tez sans doute sur la va­leur nette de votre mai­son pour fi­nan­cer votre re­traite.

« La plu­part des prê­teurs vous per­mettent de payer seule­ment l’in­té­rêt sur votre MCH, ce qui fait qu’il est plus fa­cile de re­tar­der le rem­bour­se­ment du prin­ci­pal », ex­plique Lu­cie Te­des­co, com­mis­saire de l’Agence de la consom­ma­tion en ma­tière fi­nan­cière du Ca­na­da. « Le fait d’em­prun­ter constam­ment sur la va­leur nette de votre mai­son sans rem­bour­ser le prin­ci­pal peut com­pro­mettre votre sé­cu­ri­té fi­nan­cière à long terme. Par exemple, si une cor­rec­tion du mar­ché im­mo­bi­lier se pro­duit, vous pour­riez de­voir un mon­tant su­pé­rieur à la va­leur de votre mai­son. »

Évi­tez les gains à court terme qui en­traînent des pro­blèmes à long terme

De­man­dez-vous si un faible taux d’in­té­rêt et un ac­cès fa­cile au cré­dit pour­raient vous en­cou­ra­ger à dé­pen­ser au-de­là de votre ca­pa­ci­té de rem­bour­ser. Vous pour­riez vous re­trou­ver dans une spi­rale d’en­det­te­ment et de­voir em­prun­ter da­van­tage sur la va­leur nette de votre mai­son sim­ple­ment pour res­ter à jour dans les ver­se­ments de votre prêt hy­po­thé­caire. Ce­la pour­rait vous rendre en­core plus vul­né­rable aux évé­ne­ments im­pré­vi­sibles, comme une perte d’em­ploi, une ma­la­die ou une hausse des taux d’in­té­rêt.

En­vi­sa­gez d’éta­blir votre propre plan pour rem­bour­ser le mon­tant prin­ci­pal em­prun­té sur une pé­riode don­née. Don­nez-vous comme ob­jec­tif de ver­ser plus que le mon­tant mi­ni­mal exi­gé ou les frais d’in­té­rêt chaque mois. Avec les MCH, il n’y a gé­né­ra­le­ment au­cune pé­na­li­té pour paie­ment an­ti­ci­pé; vous pou­vez donc ef­fec­tuer en tout temps le paie­ment le plus éle­vé que vous pou­vez vous per­mettre.

Pour en sa­voir plus, consul­tez Ca­na­da.ca/ar­gent.

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