Un avis dis­ci­pli­naire sème la co­lère

La Tribune - - ACTUALITÉS -

GRANBY — Une in­fir­mière a re­çu un avis dis­ci­pli­naire pour avoir par­ti­ci­pé aux deux sit-in des 26 et 27 mars, à l’hô­pi­tal de Granby, pour dé­non­cer le manque de per­son­nel aux soins in­ten­sifs, une dé­ci­sion que dé­nonce la pré­si­dente du Syn­di­cat des pro­fes­sion­nelles en soins des Can­tons-de-l’Est, af­fi­lié à la Fé­dé­ra­tion in­ter­pro­fes­sion­nelle de la san­té du Qué­bec (FIQSPSCE), So­phie Sé­guin. « La di­rec­tion n’a pas émis de com­men­taires en lien avec la per­sonne qui a été ci­blée, pré­cise-t-elle. On trouve ça dé­so­lant, l’équipe en place aus­si trouve ça dé­so­lant parce qu’il y a quand même six per­sonnes sur deux jours qui ont fait le sit-in. On s’ex­plique mal la dé­ci­sion de la di­rec­tion. Par contre, ce qu’on voit c’est qu’on veut faire un exemple pour s’as­su­rer qu’il n’y ait pas d’autres ar­rêts de tra­vail spon­ta­né sur le ter­ri­toire. »

L’in­fir­mière sanc­tion­née a été ren­con­trée une pre­mière fois pour une col­lecte de don­nées sur la si­tua­tion, puis elle a re­çu son avis dis­ci­pli­naire, ven­dre­di après­mi­di, une sus­pen­sion d’une jour­née sans solde.

« La lettre reste au dos­sier. On va contes­ter cet avis dis­ci­pli­naire. La per­sonne ne veut pas être nom­mée de peur de re­pré­sailles parce que l’em­ployeur lui a de­man­dé de ne pas par­ler de son avis dis­ci­pli­naire. Nous, on porte la voix des membres et on trouve que c’est abu­sif dans les cir­cons­tances, sur­tout que la re­ven­di­ca­tion des gens aux soins in­ten­sifs date de 2013 et qu’on est ren­du en 2018. Il y a une in­équa­tion. »

Le 26 mars, l’équipe de jour a dé­ci­dé de ne pas en­trer au tra­vail à 8 h. Ha­bi­tuel­le­ment, quatre in­fir­mières sont en poste pour ce quart de tra­vail, mais l’une d’elles était ab­sente. De plus, sa­chant qu’une in­fir­mière de soir était ab­sente, celles de jour sa­vaient de l’une d’elles de­vrait res­ter pour du temps sup­plé­men­taire, avait alors ex­pli­qué Mme Sé­guin. « Les gens de jour sont tan­nés d’être en écart né­ga­tif, et sur­tout d’être obli­gés de res­ter ré­gu­liè­re­ment, même très ré­gu­liè­re­ment, en temps sup­plé­men­taire et en temps sup­plé­men­taire obli­ga­toire de soir parce qu’il manque du monde », avait-elle dé­cla­ré lors du pre­mier sit-in.

Le len­de­main, la pro­blé­ma­tique de manque de per­son­nel n’avait pas été ré­glée, alors l’équipe de jour a re­mis ça.

Mme Sé­guin avait as­su­ré qu’il n’y avait au­cun im­pact sur les pa­tients. L’équipe de nuit était de­meu­rée en place jus­qu’à ce qu’une « équipe vo­lante » ar­rive pour prendre la re­lève.

GRADATION DES SANC­TIONS

« On ne peut pas ac­cep­ter qu’il y ait des ac­tions qui soient prises pou­vant avoir des consé­quences sur les usa­gers sans faire de sanc­tion, af­firme An­nie-An­drée Émond, porte-pa­role du CIUSS de l’Es­trie-CHUS.

« Toutes les per­sonnes ont re­çu un avis ver­bal, mais en ce qui concerne une per­sonne qui a par­ti­ci­pé à deux sit in, et non pas un seul, il y a eu ef­fec­ti­ve­ment une sanc­tion plus grande, c’est-à-dire une sus­pen­sion d’une jour­née. »

Elle ajoute que les sanc­tions sont don­nées se­lon la gra­vi­té des actes re­pro­chés par la di­rec­tion et l’équipe des re­la­tions de tra­vail. Une pre­mière of­fense re­ce­vra un avis ver­bal, tan­dis que la deuxième of­fense au­ra une sanc­tion plus im­por­tante.

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