Des ro­bots à four­rure pour ré­con­for­ter les aî­nés

Ces pe­tits ro­bots rendent le sou­rire à plu­sieurs aî­nés grâce à leur pré­sence ami­cale et ras­su­rante

La Tribune - - LA UNE - MA­RIE-CH­RIS­TINE BOU­CHARD ma­rie-ch­ris­tine.bou­chard@latribune.qc.ca

SHER­BROOKE — Des chats et des chiens ro­bo­ti­sés ont fait leur ap­pa­ri­tion ces der­niers mois dans les CHSLD de Sher­brooke. Dès la se­maine pro­chaine, ils ap­pa­raî­tront aus­si dans plu­sieurs autres CHSLD du CIUSSS de l’Es­trie–CHUS et pour­raient en­core se mul­ti­plier dans les pro­chains mois. Ces pe­tites bêtes à poil, qui res­semblent étran­ge­ment à de vrais ani­maux et qui peuvent miau­ler, ron­ron­ner et ré­agir à cer­taines ca­resses, ap­portent un grand ré­con­fort aux ré­si­dents des CHSLD. « Nous avons pu nous pro­cu­rer quelques chats et chiens ro­bo­ti­sés grâce à la Fon­da­tion Vi­tae. Face à l’in­té­rêt que ces ani­maux ro­bo­ti­sés pro­curent, nous avons dé­ci­dé d’en faire pro­fi­ter da­van­tage de CHSLD. Il y a aus­si cer­taines fa­milles qui, voyant les bien­faits pour leur proche, ont dé­ci­dé d’ache­ter un chat ou un chien ro­bo­ti­sé, qui peut donc res­ter dans la chambre en tout temps », ex­plique Pier­rot Ri­chard, chef de ser­vice des sec­teurs loi­sirs et bé­né­vo­lat et vo­let san­té.

C’est le cas de Hé­lène Ouel­let, qui pos­sède son propre chat ro­bo­ti­sé de­puis qu’elle est hé­ber­gée en CHSLD. Au cours de l’en­tre­vue, Pi­cas­so est as­sis sur elle et ron­ronne. Il bouge aus­si, se­lon cer­taines ca­resses. Mme Ouel­let le flatte sans s’ar­rê­ter. « J’aime Pi­cas­so. Il reste chez nous (NDLR : dans sa chambre du CHSLD), je ne suis pas toute seule. Même mon pe­tit-fils aime le ca­res­ser quand il vient voir sa grand-mère. Sou­vent, Pi­cas­so dort avec moi. Mais des fois, ça ne lui tente pas et il s’en va. Il mange aus­si », ra­conte Mme Ouel­let.

Pi­cas­so, le chat ro­bo­ti­sé, ne marche pour­tant pas. Il ne mange pas non plus. Mais la ré­si­dente s’est tel­le­ment prise au jeu qu’elle le consi­dère comme un vrai chat. Comme un membre de sa fa­mille. Comme un ami qui est tou­jours là pour elle.

« Pour nous, c’est très ras­su­rant de sa­voir que notre mère a un com­pa­gnon. Et on se prête au jeu. Nous aus­si on flatte Pi­cas­so quand on vient rendre vi­site à notre mère! » s’ex­clame en riant Na­tha­lie De Pauw, la fille de Mme Ouel­let.

DISPONIBLES DE JOUR COMME DE NUIT

Une ques­tion s’im­pose : pour­quoi pas des vrais chats et des vrais chiens?

« Nous fai­sons de la zoo­thé­ra­pie et des ac­ti­vi­tés de zooa­ni­ma­tion et on connait tous les bien­faits de ces ac­ti­vi­tés. Mais il y a des coûts, il y a des contraintes de temps, d’es­pace, de dis­po­ni­bi­li­tés, on ne peut pas né­ces­sai­re­ment al­ler aux chambres. Tan­dis que les chats et les chiens ro­bo­ti­sés sont tou­jours disponibles, de jour comme de nuit », nuance Pier­rot Ri­chard.

Ces ani­maux sont plu­tôt nou­veaux sur le mar­ché. Il n’y a pas si long­temps, ils n’étaient ni abor­dables ni très réa­listes. « Ces chats et ces chiens coûtent 175 $. En plus, ils sont réa­listes sans être in­fan­ti­li­sants. Ils ne res­semblent pas à des tou­tous », sou­ligne le chef de ser­vice.

Les bien­faits sont grands pour les ré­si­dents. D’abord, ils per­mettent aux usa­gers de se désen­nuyer grâce à ce com­pa­gnon. Les pe­tits ro­bots offrent aus­si un moyen de com­mu­ni­ca­tion aux ré­si­dents qui parlent peu. L’ani­mal va aus­si per­mettre d’apai­ser le stress et l’an­xié­té chez les aî­nés qui souffrent de pro­blèmes cog­ni­tifs.

« À la mai­son, nous avons du ma­té­riel pour nous di­ver­tir. Les gens qui ar­rivent dans les CHSLD ont sou­vent dû lais­ser bien des choses der­rière eux. Cer­taines per­sonnes ont peu ou pas de vi­sites. L’ani­mal ro­bo­ti­sé leur per­met non seule­ment de se rap­pe­ler des bons sou­ve­nirs, mais ap­porte aus­si un vo­let af­fec­tif, un contact phy­sique agréable qui est sou­vent rare dans un CHSLD », ajoute Pier­rot Ri­chard.

Pour le mo­ment, ce sont les tech­ni­ciens en loi­sirs qui donnent vie à ces com­pa­gnons à poils. Éven­tuel­le­ment, ils se­ront ac­ces­sibles aux pré­po­sés aux bé­né­fi­ciaires et aux in­fir­mières qui pour­raient les uti­li­ser s’ils pensent que le pe­tit ani­mal pour­rait faire du bien à un ré­sident qui vit une moins bonne jour­née.

Dans un contexte où la maind’oeuvre se fait rare en CHSLD, estce une bonne fa­çon de dis­traire les ré­si­dents à faible coût? « Même si nous avions tous les bras dont nous avions be­soin dans les CHSLD, le contact avec le chiot ou le chat ro­bo­ti­sé se­rait quand même bé­né­fique; il est dif­fé­rent grâce à tous les bien­faits qu’il ap­porte », in­siste Pier­rot Ri­chard.

— PHOTO SPECTRE MÉ­DIA, AN­DRÉ VUILLEMIN

Hé­lène Ouel­let pos­sède un chat ro­bo­ti­sé dont elle prend grand soin, comme s’il s’agis­sait d’un vé­ri­table chat.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.