Aus­si­tôt par­ti, aus­si­tôt ou­blié

Les joueurs du CH tournent la page sur le dos­sier Pa­cio­ret­ty

La Tribune - - CAMP D’ENTRAÎNEMENT DU CH - RI­CHARD LAB­BÉ

BROS­SARD — On peut avan­cer, sans crainte de se trom­per, que les joueurs du Ca­na­dien se sont ra­pi­de­ment re­mis du dé­part de Max Pa­cio­ret­ty, pour­tant leur ca­pi­taine des trois der­nières an­nées.

Vous avez vu ces images d’un Pa­cio­ret­ty tout sou­riant, ici ju­ché dans un hé­li­co de­puis le ciel chaud de Las Ve­gas, là plan­té dans l’un des cé­lèbres dé­cors de la ville? Au­tant de mises en scène qui per­mettent de croire que l’ex­ca­pi­taine du Ca­na­dien a dé­jà tour­né la page.

On peut dire que la page a éga­le­ment été tour­née dans le ves­tiaire de l’équipe à Bros­sard.

Deux vé­té­rans du club, les dé­fen­seurs Jor­die Benn et Jeff Pe­try, ont es­sen­tiel­le­ment dit la même chose au su­jet du dé­part de Pa­cio­ret­ty, ven­dre­di à Bros­sard : il est temps de pas­ser à un autre ap­pel.

« C’est ça, le ho­ckey, a af­fir­mé Benn en ré­ponse aux ques­tions sur l’im­pact du dé­part de Pa­cio­ret­ty. Il y a des gars qui ar­rivent et des gars qui re­partent tout le temps. Je sais qu’il était le ca­pi­taine et qu’il s’agit de Max Pa­cio­ret­ty, mais c’est juste un autre joueur de ho­ckey qui a op­té pour une dé­ci­sion d’af­faires et qui s’est fait sor­tir. J’ai dé­jà été échan­gé par les Stars, je suis de­ve­nu membre du Ca­na­dien, et je ne pense pas que per­sonne ne s’en est inquiété. Tout le monde est pas­sé à autre chose quand j’ai été échan­gé. C’est les af­faires, c’est tout. On s’y ha­bi­tue. »

Jeff Pe­try par­tage ce point de vue.

« C’était le bon mo­ment pour une telle dé­ci­sion, ça va faire en sorte qu’il n’y au­ra pas ce nuage d’in­cer­ti­tude au-des­sus de nos têtes, a ad­mis le dé­fen­seur. Tout le monde est prêt à re­par­tir à neuf après la sai­son qu’on vient de connaître. [Pa­cio­ret­ty] n’était pas le gars le plus vo­lu­bile. Nous n’avons pas beau­coup de gars vo­lu­biles ici de toute fa­çon, mais nous avons des gars qui mènent par l’exemple. »

AU­CUNE UR­GENCE

Pour l’heure, on ne sait tou­jours pas si c’est la di­rec­tion qui choi­si­ra ou si ce sont les joueurs qui de­vront pas­ser au vote afin d’élire le pro­chain ca­pi­taine, mais se­lon Jor­die Benn, il n’y a per­sonne dans ce ves­tiaire qui va perdre le som­meil pour ça.

« Que l’on vote ou non, ça ne dé­range pas, parce que c’est tout le monde qui doit contri­buer au lea­der­ship, a-t-il ajou­té. On n’a pas be­soin d’un ca­pi­taine, il y a des équipes qui ont pas­sé une sai­son en­tière sans en avoir un. Ce n’est pas quelque chose qui nous pré­oc­cupe. Si quel­qu’un ob­tient le "C", tant mieux pour lui, c’est un hon­neur im­mense, mais on sait dé­jà qui sont les lea­ders ici. »

En at­ten­dant, ce sont les images d’un Pa­cio­ret­ty tout sou­riant, à la fois zen et dé­ten­du, qui ont ra­pi­de­ment fait le tour de la pla­nète LNH. Ce­lui qui porte le nu­mé­ro 67 s’est aus­si confié à une jour­na­liste de Las Ve­gas, à qui il a ex­pli­qué qu’au mo­ment d’ap­prendre la nou­velle de la tran­sac­tion, il s’était sen­ti « al­lé­gé de 20 livres » en se ren­dant à l’aré­na le jour sui­vant.

Doit-on donc en conclure que c’est un vé­ri­table cal­vaire que de por­ter le pour­tant pres­ti­gieux maillot bleu, blanc et rouge?

« Dans mon cas, en ar­ri­vant ici de­puis Ed­mon­ton, c’était un nou­veau dé­part, et on m’a ac­cueilli à bras ou­verts, lance Pe­try. Je crois sur­tout que la sai­son der­nière a af­fec­té tout le monde, pas juste lui. On a par­lé d’at­ti­tude à la fin, et pour nous tous, c’était des hauts, des bas. Il y a eu des mo­ments, la sai­son der­nière, où on avait vrai­ment ce pro­blème d’at­ti­tude, et je m’in­clus dans le groupe. Nous de­vons ap­prendre à res­ter d’hu­meur égale. »

Benn, lui, se sou­vient en­core des séries du prin­temps 2017, de la fé­bri­li­té et de l’am­biance, et il en garde un très bon sou­ve­nir. C’est ce qu’il faut re­te­nir du mi­lieu mont­réa­lais, à son avis, bien que ce mi­lieu ne soit pas tou­jours de tout re­pos.

« C’est le pa­ra­dis du ho­ckey ici... Les mé­dias vont peut-être nous bous­cu­ler un peu, les fans aus­si, et c’est dif­fé­rent d’un mar­ché comme Dal­las, où j’ai joué au­pa­ra­vant. À Dal­las, il y a les Cow­boys, le ba­se­ball et le bas­ket­ball. Si tu perds deux matchs de suite là-bas, per­sonne ne va en par­ler. Si tu perds deux matchs de suite ici, tout le monde va en par­ler. C’est comme ça au Ca­na­da. Mais c’est aus­si très mo­ti­vant. Lors des séries de 2017, l’am­biance qu’il y avait en ville, je n’avais ja­mais vrai­ment vu ça. »

— PHOTO LA PRESSE, AN­DRÉ PICHETTE

Jor­die Benn et Jeff Pe­try pensent qu’ il est temps de pas­ser à un autre ap­pel dans le dos­sier de Max Pa­cio­ret­ty.

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