Les pal­ma­rès d’écoles, cé­geps ou uni­ver­si­tés sont-ils orien­tants?

La Tribune - - OPINIONS -

Lors­qu’un étu­diant ou une étu­diante consulte un conseiller d’orien­ta­tion (c.o.) et de­mande : « Quelle ins­ti­tu­tion offre le meilleur pro­gramme en ad­mi­nis­tra­tion? », ses ré­ponses pour­raient res­sem­bler à :

« Qu’ai­me­rais-tu dé­ve­lop­per comme com­pé­tences dans ce do­maine? », « Que connais-tu des dif­fé­rences entre les ins­ti­tu­tions of­frant ce pro­gramme? », « Se­lon toi quels sont les avan­tages ou in­con­vé­nients qui pour­raient in­fluen­cer ton de­gré d’en­ga­ge­ment? », « Quel pro­gramme au­ras-tu plus le goût de dé­fendre lorsque tu te pré­sen­te­ras en en­tre­vue d’em­bauche? ». À cette der­nière ques­tion, ré­pondre « ce­lui qui était no1 au pal­ma­rès 2018 » sem­ble­rait bien mince pour convaincre un em­ployeur.

Le pro­gramme de for­ma­tion d’une ins­ti­tu­tion a des avan­tages et des in­con­vé­nients re­la­tifs aux be­soins tou­jours uniques d’une per­sonne. Il est im­pos­sible d’éta­blir in­dé­pen­dam­ment des be­soins par­ti­cu­liers d’un in­di­vi­du si une ins­ti­tu­tion as­su­re­ra un suc­cès mieux qu’une autre. Il n’y a pas de meilleur pro­gramme d’études en soi, mais seule­ment un bon pro­gramme d’études pour soi. Au­tre­ment dit, un choix de pro­gramme d’études dé­pend d’une mul­ti­tude de fac­teurs à ana­ly­ser avec la per­sonne qui va s’y in­ves­tir.

Ac­com­pa­gner la per­sonne à mieux dé­fi­nir sa connais­sance du monde des études et du tra­vail pour ef­fec­tuer un choix qui fait du sens pour soi est au coeur du tra­vail d’un conseiller en orien­ta­tion.

Nous sug­gé­rons for­te­ment de pro­cé­der à un ques­tion­ne­ment de fond avant de consul­ter un pal­ma­rès d’ins­ti­tu­tions. Se fier que sur une ré­pu­ta­tion pour orien­ter un choix d’études n’a rien d’ai­dant pour en­ga­ger le po­ten­tiel d’un étu­diant en meilleure connais­sance de sa cause. Les for­mules « prêtes à pen­ser » ne res­pon­sa­bi­lisent pas la per­sonne puis­qu’elles re­mettent entre les mains d’au­to­ri­tés ex­té­rieures des an­crages de mo­ti­va­tion qui doivent se for­ger à l’in­té­rieur de soi.

Les conseillers d’orien­ta­tion ne pré­fèrent donc pas se pro­non­cer sur la va­leur d’une ins­ti­tu­tion en soi et va­lo­risent plu­tôt un po­si­tion­ne­ment as­su­mé de l’étu­diant pour fa­vo­ri­ser son réel en­ga­ge­ment.

Tania Mi­la­ni

Pré­si­dente de l’As­so­cia­tion des conseillers d’orien­ta­tion au col­lé­gial

Érick Beau­lieu

Porte-pa­role de l’As­so­cia­tion des conseillers et des conseillères d’orien­ta­tion du pri­vé

Chan­tal Le­pire

Pré­si­dente du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’As­so­cia­tion qué­bé­coise des pro­fes­sion­nels du dé­ve­lop­pe­ment de car­rière

Luc Gé­li­nas

Pré­sident de l’As­so­cia­tion des conseillères et des conseillers d’orien­ta­tion du ré­seau sco­laire du Qué­bec

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.