Le Shef­for­dois Fio­rillo ac­cu­sé d’abus de confiance

La Voix de l'Est - - ACTUALITÉS - LOUIS-DE­NIS ÉBACHER

L’ex-chef des tra­vaux pu­blics de Pontiac est of­fi­ciel­le­ment ac­cu­sé d’abus de confiance et de s’être faus­se­ment pré­sen­té comme un agent de la paix.

En fé­vrier der­nier, nos sources rap­por­taient que M. Fio­rillo avait ten­té de tra­fi­quer la liste des prix d’un en­tre­pre­neur en construc­tion, et qu’il s’était fait pas­ser pour un agent de l’Uni­té per­ma­nente an­ti­cor­rup­tion (UPAC), à Pontiac.

L’en­quête de l’UPAC, en­ta­mée en dé­cembre 2016, s’est ter­mi­née le 8 sep­tembre 2017, avec l’au­to­ri­sa­tion de la plainte par le Di­rec­teur des pour­suites cri­mi­nelles et pé­nales (DPCP).

Se­lon un do­cu­ment de la cour, Frank Fio­rillo a, entre le 3 et le 4 no­vembre 2016, com­mis un abus de confiance « re­la­ti­ve­ment aux fonc­tions de sa charge (étant fonc­tion­naire) en rap­port avec l’oc­troi de contrats mu­ni­ci­paux ». Se­lon le Code cri­mi­nel, cette in­frac­tion est pas­sible d’une peine de cinq ans de pri­son.

La même peine maxi­male est pré­vue pour le deuxième chef d’ac­cu­sa­tion, soit de s’être iden­ti­fié faus­se­ment comme un agent de la paix, dans la même pé­riode.

ENREGISTREMENT

En no­vembre, l’en­tre­pre­neur en ex­ca­va­tion Jean-Fran­çois Au­mont avait en­re­gis­tré une conver­sa­tion avec M. Fio­rillo. Ce der­nier, qui di­sait avoir été « pla­cé ici par l’UPAC», pro­po­sait à M. Au­mont de mo­di­fier sa liste de prix à la hausse.

« C’est le même prix pour tout le monde, af­firme M. Fio­rillo à son in­ter­lo­cu­teur. Pour que tout le monde fasse de l’ar­gent, mais aus­si pour ce qui ar­rive en con­sé­quence à long terme».

M. Fio­rillo lui au­rait aus­si pro­po­sé de re­ti­rer une mise en de­meure dé­po­sée contre la mu­ni­ci­pa­li­té, en échange de contrats de construc­tion. « Tu fais ça, lun­di ma­tin, t’es sur le chan­tier », au­rait-il lan­cé.

L’ex-chef des tra­vaux pu­blics a été congé­dié avant l’ou­ver­ture de l’en­quête de l’UPAC. M. Fio­rillo avait af­fir­mé à ce mo­ment qu’il ne s’agis­sait pas d’un congé­die­ment, mais d’une dé­mis­sion.

Frank Fio­rillo, au­jourd’hui ré­sident de Shef­ford, en Mon­té­ré­gie, doit com­pa­raître par voie de som­ma­tion en no­vembre pro­chain, au pa­lais de jus­tice de Ga­ti­neau.

« BONNENOUVELLE »

Le di­rec­teur gé­né­ral ad­joint par in­té­rim de Pontiac, Do­mi­nic La­brie, af­firme qu’il s’agit d’une bonne nou­velle, « dans les cir­cons­tances ».

Se­lon le di­rec­teur ad­joint, le maire Ro­ger La­rose a dé­mon­tré aux agents de l’UPAC qu’il n’y était pour rien. « Le pro­blème se li­mi­tait à M. Fio­rillo. »

L’UPAC a vé­ri­fié toutes les fac­tu­ra­tions et les dos­siers d’ap­pel d’offres de la mu­ni­ci­pa­li­té, dans la pé­riode vi­sée.

GRAN­BY

Frank Fio­rillo est aus­si connu dans les en­vi­rons de Gran­by, où il a eu des dé­mê­lés avec des gens d’af­faires, ces der­nières an­nées.

En juillet, l’en­tre­prise Les Ha­bi­ta­tions FJ inc, d’East Farn­ham, a pré­ci­sé sur sa page Fa­ce­book que l’in­di­vi­du n’était plus son em­ployé. « Pour votre sé­cu­ri­té et celle des autres, lit-on, faites très at­ten­tion à cette per­sonne (...) Frank Fran­ces­co Fio­rillo a per­du son em­ploi, il s’en prend main­te­nant aux clients et four­nis­seurs. »

La jus­tice et d’autres in­ves­tis­seurs des Can­tons-de-l’Est ont eu maille à par­tir avec le même in­di­vi­du dès 2015, se­lon La Voix de l’Est.

— PHO­TO AR­CHIVES LA VOIX DE L’EST

Le Shef­for­dois Frank Fio­rillo

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