EN ZONE DE TURBULENCES

Four­nis­seurs im­payés, dé­fi­cit et dé­mis­sions : le spec­tacle aé­rien bat de l’aile

La Voix de l'Est - - LA UNE - SPEC­TACLE ET SA­LON AÉ­RIEN DES CAN­TONS-DE-L’EST JEAN-FRAN­ÇOIS GUILLET jean-fran­cois.guillet@la­voix­de­lest.ca

BROMONT — Les or­ga­ni­sa­teurs de la plus ré­cente mou­ture du Spec­tacle et sa­lon aé­rien des Can­tons-de-l’Est (SSACE) font face à un dé­fi­cit de plus de 100 000 $. Ils tentent ac­tuel­le­ment de trou­ver une so­lu­tion pour rem­bour­ser leurs four­nis­seurs et re­lan­cer l’évé­ne­ment pour 2018. À l’ori­gine, les or­ga­ni­sa­teurs du SSACE 2017, dont le bud­get glo­bal avoi­si­nait un de­mi­mil­lion, pré­voyaient pour­tant dé­ga­ger un sur­plus de 50 000 $ à 100 000 $. Or, on parle dé­sor­mais d’un im­po­sant manque à ga­gner. « On a en­vi­ron 170 000 $ dans le compte de banque, mais on a des dettes qui dé­passent 300 000 $. D’un autre cô­té, il nous reste en­core de l’ar­gent à re­ce­voir », a in­di­qué en en­tre­vue le vice-pré­sident du con­seil d’ ad­mi­nis­tra­tion, Jacques La­ten­dresse.

Mal­gré la pluie et un pe­tit bud­get, le spec­tacle aé­rien de 2014 avait at­ti­ré plus de 35 000 per­sonnes à l’aé­ro­port Ro­landDé­sour­dy, gé­né­rant même un sur­plus. En 2017, près de 34 000 spec­ta­teurs ont vi­si­té le site du­rant les trois jours de ca­ni­cule.

Se­lon Alexis Étienne, di­rec­teur gé­né­ral res­pon­sable de la lo­gis­tique du ré­cent spec­tacle aé­rien, la for­mule d’il y a trois ans, de moins grande en­ver­gure, au­rait dû être pré­co­ni­sée. Il re­met no­tam­ment en ques­tion l’in­ex­pé­rience et le manque d’ou­ver­ture de cer­tains membres de l’équipe.

« Un dé­fi­cit de plus de 100 000 $, c’est un non-sens, a cla­mé le pi­lote d’ex­pé­rience ayant été im­pli­qué dans plu­sieurs spec­tacles aé­riens. J’ai le­vé le dra­peau rouge à plu­sieurs re­prises parce que le bud­get de mar­ke­ting grim­pait trop vite. [...] Mais on m’a dit que le co­mi­té exé­cu­tif avait don­né toute au­to­ri­té à Mi­chel Le­comte (res­pon­sable des ventes et du mar­ke­ting). [...] Si une per­sonne m’avait abor­dé, dans les trois du C.A. qui m’ont re­cru­té en dé­but d’an­née, en me di­sant qu’ils vou­laient faire un « Su­per­bowl » du spec­tacle aé­rien, j’au­rais dit non. Faire du pro­fit, ce n’est pas l’ob­jec­tif d’un évé­ne­ment comme ça. » Se­lon nos in­for­ma­tions, le bud­get de mar­ke­ting de l’évé­ne­ment est pas­sé de près de 35 000 $ ini­tia­le­ment à plus de 125 000 $ au fi­nal.

Une dé­pense tout à fait jus­ti­fiée, sou­tient M. Le­comte. « C’est uto­pique qu’avec un bud­get de 35 000 $, tu puisses don­ner le plein es­sor à un évé­ne­ment por­teur comme le spec­tacle aé­rien, a-t-il fait va­loir. [...] En 2014, ça a été fait avec des gens qui ont tra­vaillé jour et nuit, avec des moyens li­mi­tés, de sorte que le ni­veau de dé­penses n’était pas du même ordre que cette an­née. [...] Pour 2017, on a mis un plan de com­mu­ni­ca­tion réa­liste, rai­son­nable à la me­sure de nos moyens qui, somme toute, a bien fonc­tion­né. »

FOUR­NIS­SEURS

Plu­sieurs four­nis­seurs du SSACE sont mé­con­tents et s’im­pa­tientent (voir autre texte), crai­gnant de ne pas ra­voir l’ar­gent qui leur est dû. Jacques La­ten­dresse a ten­té de se faire ras­su­rant à ce su­jet. « C’est notre ob­jec­tif que tout le monde soit payé, a-t-il dit, men­tion­nant ne pas avoir été in­for­mé de la grogne chez les four­nis­seurs. [...] Per­sonne ne se met d’ar­gent dans les poches. On est tous bé­né­voles et on a don­né près de 1000 heures cha­cun. J’ai même in­ves­ti moi-même dans le pro­jet. »

MM. Le­comte et La­ten­dresse ont ré­cem­ment ren­con­tré les di­ri­geants de la Ville pour leur faire part de la si­tua­tion fi­nan­cière pré­caire de l’évé­ne­ment. Bien qu’ils n’en aient pas fait of­fi­ciel­le­ment la de­mande, les deux hommes sou­hai­te­raient que Bromont in­jecte de l’ar­gent pour les ai­der à épon­ger le dé­fi­cit. « On ai­me­rait que [la Ville] nous sup­porte fi­nan­ciè­re­ment pour payer notre monde en 2017 et faire l’édi­tion 2018 », a sou­te­nu le vice-pré­sident du C.A.

Il ne semble tou­te­fois pas y avoir d’ou­ver­ture en ce sens du cô­té de la mu­ni­ci­pa­li­té. « On va ana­ly­ser le dos­sier avec le nou­veau con­seil mu­ni­ci­pal. D’un autre cô­té, c’est un évé­ne­ment unique et im­por­tant qui at­tire les foules. [...] Mais ça passe par une santé fi­nan­cière. [...] Épon­ger le dé­fi­cit [d’un évé­ne­ment], les Villes s’as­surent de ne pas tom­ber dans ce pan­neau-là », a fait va­loir le di­rec­teur gé­né­ral de Bromont, Éric Sé­vi­gny.

Se­lon M. La­ten­dresse, le quart des fac­tures des four­nis­seurs de­vraient leur être rem­bour­sé sous peu. Il met tou­te­fois un bé­mol. « Il y a des dé­bour­sés de chèques qui vont se faire pour ceux qu’on re­con­naît. Cer­taines fac­tures dé­passent les contrats dé­jà éta­blis.[...] On veut ren­con­trer les plus gros four­nis­seurs pour leur ex­pli­quer la si­tua­tion. » Si l’en­semble de la dette n’est pas ef­fa­cé en­vers les four­nis­seurs, a pré­ci­sé M. La­ten­dresse, ceux-ci pour­raient se faire of­frir un dé­dom­ma­ge­ment « sous la forme de vi­si­bi­li­té pour la pro­chaine édi­tion ».

— PHO­TO ALAIN DION

Jacques La­ten­dresse et Mi­chel Le­comte, res­pec­ti­ve­ment vice-pré­sident et res­pon­sable du mar­ke­ting et des ventes du SSACE 2017, tentent de trou­ver une so­lu­tion pour épon­ger l’im­por­tant dé­fi­cit de l’évé­ne­ment et payer les four­nis­seurs.

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