Fi­ni le par­ty !

La Voix de l'Est - - LA UNE - Isa­belle Gaboriault isa­belle.gaboriault@la­voix­de­lest.ca

Àmoins d’être com­plè­te­ment déconnecté, tout le monde sait que ce mer­cre­di 14 fé­vrier, c’est la Saint-Va­len­tin. Dites-moi, êtes-vous de ces couples qui ont pré­vu se payer un sou­per quatre ser­vices au res­to ou en­core de ceux qui par­ta­ge­ront un « com­bo pan­thère noire » de­vant

Cin­quante nuances plus claires au ci­né­ma ? En­vi­sa­gez-vous d’al­ler skier en amou­reux, d’of­frir un bou­quet conte­nant au moins une rose bleue ou du cho­co­lat Lau­ra Se­cord dans une boîte en forme de coeur ? Vous êtes alors des plus fous (ou ro­man­tiques) ? De ceux qui sou­haitent pous­ser l’au­dace jus­qu’à pré­voir une play­list de chan­sons d’amour qui ser­vi­ra de trame so­nore à leur soi­rée, pen­dant que d’autres, his­toire de « réus­sir leur Saint-Va­len­tin », ont la ferme in­ten­tion de suivre à la lettre tous les trucs par­ta­gés sur In­ter­net ?

Par­tout on y parle de re­cettes aphro­di­siaques, de jus pour boos­ter la li­bi­do ou de sex­toys

eco-friend­ly. J’ai même lu qu’il exis­tait des pré­ser­va­tifs avec les­quels faire d’une pierre deux coups : se pro­té­ger ET pro­té­ger l’en­vi­ron­ne­ment.

J’ou­bliais. Se­rez-vous de ces ma­mans qui ont pen­sé concoc­ter de pe­tits sacs à sur­prises su­crées à leurs en­fants qu’elles en­tendent en­voyer à l’école vê­tus de rouge ou de rose pour qu’ils soient « dans le thème » ? Le tout en ayant — sub­ti­le­ment — en­fi­lé des sous-vê­te­ments qui

fittent en­semble, voire de la lin­ge­rie, celle qu’elles ne portent pas nor­ma­le­ment un mer­cre­di (soir de na­ta­tion du pe­tit), pour fê­ter en grand.

Pa­raît que 67 % des couples font l’amour le soir de la Saint-Va­len­tin. Une ac­ti­vi­té for­te­ment re­com­man­dée par les car­dio­logues.

Y’a rien de mieux pour la san­té car­dio-vas­cu­laire !

L’éner­gie dé­pen­sée pen­dant un acte sexuel se­rait, di­sen­tils, la même que celle né­ces­saire pour mon­ter deux étages à vive al­lure. Le faire trois fois par se­maine (l’amour, pas gra­vir deux étages !) éloi­gne­rait le can­cer de la pros­tate chez l’homme et ce­lui du sein chez la femme.

Si vous pré­voyez vous in­ves­tir corps et âme pour vivre une belle soi­rée de Saint-Va­len­tin, je pré­fère vous le dire tout de suite : vous de­vrez re­voir vos plans pour cette an­née, car il y a un hic.

Je ne me fe­rai peut-être pas ai­mer en me fai­sant ain­si cas­seuse de par­ty, mais en 2018, la SaintVa­len­tin tombe en même temps que le mer­cre­di des Cendres.

Le phé­no­mène ne s’est pas vu de­puis 1945, Mes­dames, Mes­sieurs. En fait, c’est la cin­quième fois que ça se pro­duit de­puis 1918. Les deux évé­ne­ments se sont che­vau­chés en 1923, 1924, 1934 et 1945.

C’est quoi le mer­cre­di des Cendres ?

C’est le dé­but du ca­rême ! (Je vous rap­pelle que j’ai ob­te­nu 100 % comme note fi­nale en ca­té­chèse en cin­quième se­con­daire. Faut que ça serve au­tant de connais­sances, que je me dis.)

Pour les ca­tho­liques, le mer­cre­di des Cendres re­pré­sente un jour de pé­ni­tence. Un jour de jeûne et d’abs­ti­nence.

Ce jour-là, c’est : pas de viande, pas de gras, pas de sucre.

Dans d’autres mots : ce jour-là, c’est pas de Saint-Va­len­tin !

Du moins, ce n’est pas la fête de l’amour comme ce que nous en avons fait au fil du temps. Comme Noël, on a ma­té­ria­li­sé cette jour­née. On l’a dé­na­tu­rée. On se donne des na­nanes en es­pé­rant que l’autre en­tende « je t’aime ». Des vrais no­nos.

Pour­quoi alors ne pas pro­fi­ter du fait que le mer­cre­di des Cendres et la Saint-Va­len­tin se par­tagent le ca­len­drier pour voir cette fête sous un nou­veau jour ?

Pour se dire les vraies af­faires. Ou se les écrire, si c’est trop dé­sta­bi­li­sant de vive voix.

Une fa­çon de faire fort jo­lie, simple et éco­no­mique.

Boire et se nour­rir des pa­roles de l’autre. Sim­ple­ment. C’est pas beau, ça ?

Jeû­ner n’au­ra ja­mais eu si bon goût.

Par­tout on y parle de re­cettes aphro­di­siaques, de jus pour boos­ter la li­bi­do ou de sex­toys eco-friend­ly. J’ai même lu qu’il exis­tait des pré­ser­va­tifs avec les­quels faire d’une pierre deux coups: se pro­té­ger ET pro­té­ger l’en­vi­ron­ne­ment

— PHO­TO 123RF.COM

À moins d’être com­plè­te­ment déconnecté, tout le monde sait que ce mer­cre­di 14 fé­vrier, c’est la Saint-Va­len­tin.

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