Moins de trois mois d’at­tente

La Voix de l'Est - - ACTUALITÉS - MA­RIE-CH­RIS­TINE BOU­CHARD ma­rie-ch­ris­tine.bou­chard@latribune.qc.ca

SHER­BROOKE — Les ap­pa­reils de ré­so­nance ma­gné­tique (IRM) et de to­mo­den­si­to­mé­trie (TDM, mieux connus sous le nom de CT-scan en an­glais) ne sont pas sous-uti­li­sés dans les centres hos­pi­ta­liers du CIUSSS de l’Es­trie-CHUS, as­sure la di­rec­tion.

De nom­breux ap­pa­reils d’ima­ge­rie mé­di­cale ser­vant à détecter une grande va­rié­té de ma­la­dies et à en me­su­rer la pro­gres­sion sont net­te­ment sous-uti­li­sés dans les hô­pi­taux des grands centres ur­bains du Qué­bec. Les hô­pi­taux du CHUS étaient ci­blés comme étant sous-uti­li­sés.

L’IRM est un exa­men mé­di­cal qui uti­lise un champ ma­gné­tique et des ra­dio­fré­quences pour gé­né­rer des images très pré­cises des par­ties du corps et or­ganes in­ternes. L’exa­men per­met aux mé­de­cins d’éta­blir un diag­nos­tic sans faire ap­pel à la radiation.

« Nous avons trois ap­pa­reils IRM, soit deux au CHUS et un au Centre hos­pi­ta­lier de Gran­by. Nous avons aus­si ac­cès, pour 30 heures par se­maine seule­ment, à un qua­trième ap­pa­reil qui ap­par­tient au Centre de re­cherche (CRC) du CHUS. Le reste du temps, cet ap­pa­reil sert au CRC et nous n’y avons pas ac­cès », met en lu­mière Ka­rine Du­chai­neau, di­rec­trice par in­té­rim des ser­vices mul­ti­dis­ci­pli­naires au CIUSSS de l’Es­trie-CHUS.

Les ap­pa­reils d’ima­ge­rie par ré­so­nance ma­gné­tique fonc­tionnent sept jours par se­maine, en­vi­ron 16 heures par jour. Dans la der­nière an­née, plus de 3400 exa­mens sup­plé­men­taires ont été réa­li­sés par rap­port à l’an­née pré­cé­dente.

En même temps, la liste d’at­tente pour ce type d’exa­men a di­mi­nué de 65 %.

« 80 % des pa­tients ont pu pas­ser leur IRM à l’in­té­rieur du dé­lai pres­crit de trois mois. Chaque fois qu’une de­mande ar­rive, elle est ana­ly­sée par un ra­dio­logue et clas­sée se­lon son ur­gence », ajoute Mme Du­chai­neau.

« Il faut aus­si pré­ci­ser que toutes les de­mandes qui sont faites pour des pa­tients hos­pi­ta­li­sés ou en vi­site à l’ur­gence sont réa­li­sées sans at­tente, dans le cadre du sé­jour à l’hô­pi­tal », ajoute-t-elle.

MÊME CHOSE AU

Du cô­té du CT-scan, si­tua­tion si­mi­laire. « De 80 à 90 % des de­mandes sont réa­li­sées à l’in­té­rieur de trois mois », sou­tient Mme Du­chai­neau.

Le CT-scan est aus­si une tech­nique d’ima­ge­rie mé­di­cale qui consiste à pro­duire des images en coupes fines du corps à l’aide des rayons X.

« Dans la der­nière an­née, nous avons pro­cé­dé à 77 800 exa­mens, une aug­men­ta­tion de 10 % », dit-elle.

« Sur le ter­ri­toire, nous avons un to­tal de huit CT-scans : quatre à Sher­brooke (CHUS Hô­tel-Dieu et Fleu­ri­mont), un au Gra­nit, un à Ma­gog, un à La Pom­me­raie et un à Haute-Ya­mas­ka », brosse en por­trait Mme Du­chai­neau.

L’uti­li­sa­tion de ces ap­pa­reils est va­riable. « Au CHUS, ils fonc­tionnent 16 h par jour. Au Gra­nit, il n’y a pas as­sez de clien­tèle pour faire fonc­tion­ner l’ap­pa­reil sur deux quarts de tra­vail. D’ailleurs, on offre ré­gu­liè­re­ment ce qu’on ap­pelle “‘une deuxième chance” à la clien­tèle en at­tente dans un autre éta­blis­se­ment pour al­ler pas­ser un CT-scan à Lac-Mé­gan­tic, mais les gens sont très nom­breux à re­fu­ser », ajoute la di­rec­trice par in­té­rim.

Du cô­té du Centre hos­pi­ta­lier de Gran­by, on est à la re­cherche d’un tech­no­logue pour com­bler un poste de soir. « On a bon es­poir de pou­voir re­cru­ter ra­pi­de­ment. Ça va nous per­mettre d’ou­vrir quelques soirs sup­plé­men­taires à Gran­by », sou­tient Mme Du­chai­neau.

Le dé­par­te­ment d’ima­ge­rie du CHUS Fleu­ri­mont a pour sa part su­bi une cure de jeu­nesse au cours des der­niers mois, et un CT-scan, qui avait at­teint la fin de sa vie utile, a été rem­pla­cé. « Notre ac­ces­si­bi­li­té avait été ré­duite pen­dant les tra­vaux, le temps de faire le chan­ge­ment de l’ap­pa­reil. Mais main­te­nant que nous avons notre nou­veau scan en ser­vice, nous al­lons pou­voir rat­tra­per notre re­tard ra­pi­de­ment », ajoute Mme Du­chai­neau.

Les de­mandes pour des exa­mens sont tou­jours plus nom­breuses chaque an­née. Une ques­tion s’im­pose : est-ce que les mé­de­cins de­mandent trop d’exa­mens d’ima­ge­rie pour va­li­der leur diag­nos­tic ou leur trai­te­ment ? « La ques­tion se pose. C’est ba­sé sur les bonnes pra­tiques mé­di­cales et l’INESSS (Ins­ti­tut na­tio­nal d’ex­cel­lence en san­té et en ser­vices so­ciaux), ain­si que des co­mi­tés de mé­de­cins en col­la­bo­ra­tion avec l’Uni­ver­si­té de Sher­brooke, se penche sur ce type de ques­tions », pré­cise Ka­rine Du­chai­neau.

— P⋆OTO FOUR­NIE PAR LE CIUSSS DE L’ES­TRIE-C⋆US

Le CIUSSS de l’Es­trie-CHUS compte huit ap­pa­reils de to­mo­den­si­to­mé­trie (TDM, mieux connus sous le nom de CT-scan en an­glais) dans six hô­pi­taux de son ter­ri­toire.

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