Les li­bé­raux uti­lisent leur ma­jo­ri­té pour l’adop­ter

La Voix de l'Est - - ACTUALITÉS -

QUÉ­BEC — Les li­bé­raux de Phi­lippe Couillard ont uti­li­sé leur ma­jo­ri­té en chambre pour adop­ter le contro­ver­sé pro­jet de loi 107, qui fait de l’Uni­té per­ma­nente an­ti­cor­rup­tion (UPAC) un corps po­li­cier à part en­tière.

L’UPAC de­vient du coup le pre­mier corps de po­lice spé­cia­li­sé en ma­tière de lutte contre la cor­rup­tion au pays.

Soixante et un dé­pu­tés li­bé­raux ont vo­té pour l’adop­tion du pro­jet de loi mer­cre­di, alors que 49 dé­pu­tés de l’op­po­si­tion ont vo­té contre. Il n’y a eu au­cune abs­ten­tion.

Le Par­ti qué­bé­cois (PQ), la Coa­li­tion ave­nir Qué­bec (CAQ) et Qué­bec so­li­daire (QS) avaient dé­jà fait sa­voir qu’ils n’ap­puie­raient pas la pièce lé­gis­la­tive, en rai­son du cli­mat de sus­pi­cion qui en­toure l’UPAC. Ils dé­si­rent aus­si voir le com­mis­saire de l’UPAC nom­mé aux deux tiers par l’As­sem­blée na­tio­nale.

La se­maine der­nière, des do­cu­ments dé­ca­viar­dés ont ré­vé­lé que l’UPAC se livre de­puis près de deux ans à une chasse aux sources jour­na­lis­tiques qui se­raient à l’ori­gine de nom­breux re­por­tages.

Les do­cu­ments sug­gèrent que les po­li­ciers soup­çonnent quatre per­sonnes de cou­ler de l’in­for­ma­tion aux jour­na­listes : le dé­pu­té li­bé­ral Guy Ouel­lette, l’ex-po­li­cier Ri­chard Des­pa­ties, le po­li­cier Sté­phane Bon­homme ain­si que l’ex-en­tre­pre­neur Li­no Zam­bi­to, qui était un té­moin-ve­dette à la com­mis­sion Char­bon­neau.

Les al­lé­ga­tions is­sues des do­cu­ments dé­ca­viar­dés n’ont pas en­core pas­sé le test des tri­bu­naux.

Le lea­der par­le­men­taire du PQ, Pas­cal Bé­ru­bé, vou­lait que le gou­ver­ne­ment at­tende avant de don­ner plus de pou­voirs à l’UPAC. Il a pré­sen­té une mo­tion d’ajour­ne­ment du pro­jet de loi, sans suc­cès.

Mer­cre­di, le pre­mier mi­nistre Phi­lippe Couillard s’est ré­joui de l’adop­tion du pro­jet de loi 107, car il pré­voit la for­ma­tion d’un co­mi­té de sur­veillance pour l’UPAC, dont les membres se­ront nom­més aux deux tiers par l’As­sem­blée na­tio­nale. Ils de­vront rendre des comptes ré­gu­liè­re­ment aux par­le­men­taires. Le chef du gou­ver­ne­ment a dit vou­loir créer ce co­mi­té dans les plus brefs dé­lais.

En ver­tu du pro­jet de loi, le pro­chain com­mis­saire de l’UPAC se­ra nom­mé pour une pé­riode de sept ans, au lieu de cinq ans. Son man­dat ne se­ra pas re­nou­ve­lable.

LI­SÉE CONGÉDIERAIT LAFRENIÈRE

Se­lon le chef du PQ, Jean-Fran­çois Li­sée, l’étau se res­serre au­tour de l’ac­tuel com­mis­saire de l’uni­té d’en­quête, Ro­bert Lafrenière. Si le PQ gagne les pro­chaines élec­tions gé­né­rales, M. Li­sée a dé­cla­ré qu’il le li­mo­ge­rait.

« C’est clair pour moi que pour ré­ta­blir la cré­di­bi­li­té de l’UPAC, lorsque le PQ se­ra au pou­voir, il y au­ra un nou­veau ou une nou­velle com­mis­saire », a-t-il dit aux jour­na­listes.

C’est un exemple fla­grant d’in­gé­rence politique dans un corps de po­lice, a ré­tor­qué le pre­mier mi­nistre. « C’est très mau­vais de faire ça, sur le plan de la gou­ver­nance, sur le plan du dis­cours pu­blic, de la politique pu­blique. »

L’adop­tion du pro­jet de loi 107 « est un ajout im­por­tant pour la lutte à la cor­rup­tion au Qué­bec », a ré­agi l’UPAC dans un com­mu­ni­qué, mer­cre­di.

Se­lon elle, la loi ac­croît la com­pé­tence et l’in­dé­pen­dance du com­mis­saire, no­tam­ment au ni­veau de la ges­tion de ses ef­fec­tifs po­li­ciers. Elle lui oc­troie éga­le­ment un ac­cès di­rect aux bases de don­nées po­li­cières. Elle pré­cise aus­si l’acte ré­pré­hen­sible : ce­lui-ci touche do­ré­na­vant la cor­rup­tion, le tra­fic d’in­fluence et l’abus de confiance dans tout le sec­teur pu­blic.

— P⋆OTO ARC⋆IVES LA PRESSE

L’UPAC de­vient le pre­mier corps de po­lice spé­cia­li­sé en ma­tière de lutte contre la cor­rup­tion au pays.

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