DANS L’OEIL D’UNE OLYM­PIENNE

La Voix de l'Est - - SPORTS -

Les gens aiment re­gar­der les ath­lètes aux Jeux olym­piques. Voir un ath­lète se dé­pas­ser, se sur­pas­ser, c’est beau. Mais les Jeux peuvent aus­si être in­justes et cruels.

En 2004, aux Jeux d’Athènes, j’étais qua­trième avec deux tours à faire lors de la course sur route. J’étais en­core dans le coup et une mé­daille était pos­sible. Puis, j’ai été en­traî­née dans la chute de Leon­tien Van Moor­sel et tous mes es­poirs se sont en­vo­lés en fu­mée.

C’était in­juste, c’était cruel. J’étais dé­çue et les gens de mon en­tou­rage l’étaient éga­le­ment. Mais c’est ça, les Jeux olym­piques. C’est ça, le sport.

Ma­non Ju­tras, une ex-co­équi­pière à moi, m’a dé­jà dit quelque chose que je n’ai jamais ou­blié. Elle m’a dit : « Lyne, il faut que tu sa­voures et que tu ap­pré­cies cha­cun des mo­ments que te mènes jus­qu’aux Jeux. Car une fois aux Olym­piques, tu ne sais jamais ce qui va ar­ri­ver ! »

Ma­non avait TEL­LE­MENT rai­son. Tu tra­vailles comme un fou ou une folle pen­dant quatre ans pour at­teindre ton ob­jec­tif, pour réa­li­ser ton rêve, et tout se joue en­suite sur quelques mi­nutes ou sur quelques heures. Et la ma­jo­ri­té des gens, qui ne suivent pas le sport ama­teur à l’an­née longue, vont te ju­ger sur ces quelques mi­nutes ou ces quelques heures. Quand on y pense, c’est… in­juste.

Je vous parle de ça ce ma­tin parce que je pense au fon­deur Alex Har­vey, un ath­lète que j’aime beau­coup, qui n’a pas ob­te­nu les ré­sul­tats es­pé­rés de­puis le début des Jeux de Pyeong­Chang.

Har­vey est un grand ath­lète. C’est aus­si une bonne per­sonne, avec de belles va­leurs. Et je trouve que les gens le jugent par­fois sé­vè­re­ment.

Il faut sa­voir que pour ga­gner une mé­daille olym­pique, les astres doivent être par­fai­te­ment ali­gnés. Il faut que tu sois bien dans ta tête et dans ton corps et il faut aus­si, dans le cas de cer­tains sports comme le ski de fond ou le cyclisme, que ton équi­pe­ment soit par­fait. Rem­por­ter une mé­daille olym­pique, qu’elle soit d’or, d’ar­gent ou de bronze, c’est un ex­ploit ex­tra­or­di­naire et les gens ne s’ima­ginent pas tou­jours, jus­te­ment, à quel point c’est dif­fi­cile.

Har­vey est un ex­cellent ath­lète et il va re­bon­dir. Mais qu’im­porte ses per­for­mances à Pyeong­Chang, ça n’en­lève rien à tout ce qu’il a réus­si avant. C’est un grand cham­pion, point.

KIM BOU­TIN : ÉPOU­VAN­TABLE !

Un mot sur la pa­ti­neuse de vi­tesse Kim Bou­tin, qui a re­çu des mes­sages hai­neux après avoir rem­por­té la mé­daille de bronze.

Je ne veux pas trop m’étendre trop sur le su­jet, parce que ça me choque trop ! Hon­nê­te­ment, je ne peux pas croire que, en 2018, des ath­lètes puissent être me­na­cés. Après tout, on est aux Jeux olym­piques, royaume de la paix, de l’ami­tié et du sport.

Non, je n’en re­viens juste pas !

Pro­pos recueillis par Mi­chel Tas­sé

— P⋆OTO LA PRESSE CA­NA­DIENNE

Alex Har­vey (nu­mé­ro 4) est un ex­cellent ath­lète et il va re­bon­dir. Mais qu’im­porte ses per­for­mances à Pyeong­Chang, ça n’en­lève rien à tout ce qu’il a réus­si avant. C’est un grand cham­pion, point.

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