Deux em­ployées du SEHY en lock-out

Un pas en ar­rière dans les né­go­cia­tions

La Voix de l'Est - - LA UNE - PAS­CAL FAU­CHER pas­cal.fau­cher@la­voix­de­lest.ca

Rien ne va plus dans les né­go­cia­tions entre le Syn­di­cat de l’en­sei­gne­ment de la Haute-Ya­mas­ka (SEHY) et ses deux em­ployées qu’il a mises en lock-out le 4 juin.

Après plu­sieurs ren­contres et la par­ti­ci­pa­tion d’un conci­lia­teur, le syn­di­cat-em­ployeur — qui re­pré­sente près de 1800 en­sei­gnants de la com­mis­sion sco­laire du Val-desCerfs — a ma­ni­fes­té le sou­hait de tout re­prendre le pro­ces­sus. Les né­go­cia­tions durent de­puis 2017.

Les par­ties avaient pour­tant « pra­ti­que­ment tout ré­glé » avant l’im­po­si­tion du lock-out, dit Eu­gé­nie Pa­ra­dis-Charette, vi­ce­pré­si­dente aux com­mu­ni­ca­tions du Syn­di­cat des em­ployées et em­ployés de syn­di­cat et des or­ga­nismes col­lec­tifs du Qué­bec (SEESOCQ), qui dé­fend les deux em­ployées tou­chées, des se­cré­taires.

« Ils veulent re­com­men­cer au com­plet à cause du lock-out, dé­nonce Mme Pa­ra­dis-Cha­re­rette. Je n’ai ja­mais vu quelque chose comme ça. Ça traîne et c’est la vie de deux per­sonnes qui est en jeu. »

Le SEESOCQ a dé­po­sé une plainte pour né­go­cia­tion de mau­vaise foi de­vant le Tri­bu­nal administratif du tra­vail (TAT), qui doit être en­ten­due la se­maine pro­chaine. « Plus ils [le SEHY] étirent ça, plus ils rendent dif­fi­cile le re­tour au tra­vail des deux em­ployées. Mais ils disent que ce sont des perles ! »

Pour­quoi un lock-out, alors ? Ver­sion du SEESOCQ : avec cette « aber­ra­tion » — les em­ployées concer­nées n’étaient pas en grève — le SEHY cherche à se ven­ger d’avoir per­du face à lui dans un autre dos­sier en 2016. Une accusation que ré­fute le pré­sident du SEHY Éric Bédard, qui dit plu­tôt avoir « trop don­né » à ses se­cré­taires dans le pas­sé en termes de condi­tions de tra­vail.

« Il faut qu’on cor­rige ça », avait-il in­di­qué à La Voix de l’Est en juin.

CONGÉS

Joint cette se­maine, M. Bédard a re­con­nu qu’« on re­part ça de­puis le dé­but » parce qu’« on est à mille lieues de s’en­tendre ». « On veut un contrat de tra­vail qui nous per­mette de faire notre tra­vail de pa­tron cor­rec­te­ment. Nos de­mandes ne sont pas exa­gé­rées. » Les congés se­raient au coeur de la né­go­cia­tion, dit-il.

Il pré­cise que le SEHY a connu son lot de pro­blèmes de­puis 2015 à cause de deux conseillères syn­di­cales qui n’au­raient pas bien fait leur tra­vail, et « ça nous a coû­té très cher ». C’est jus­te­ment dans ce dos­sier que le SEESOCQ, qui contes­tait l’abo­li­tion des deux postes de conseillères syn­di­cales, a eu gain de cause de­vant le TAT.

« Le lock-out, c’est la pire des so­lu­tions, je le re­con­nais, mais c’est la seule qu’on avait. »

Le SEHY ne compte plus que trois em­ployés-cadres, soit le pré­sident, le 1er vice-pré­sident Mar­tin La­bois­son­nière et So­phie Veilleux, tré­so­rière.

De son cô­té, le SEESOCQ a pu main­te­nir les em­ployées lo­ckou­tées à 75 % de leur sa­laire grâce à des dons de dif­fé­rents syn­di­cats et de par­ti­cu­liers. Une cam­pagne GoFundMe a aus­si été lan­cée via in­ter­net pour leur ve­nir en aide.

— P⋆OTO ARC⋆IVES LA VOIX DE L’EST

«On veut un contrat de tra­vail qui nous per­mette de faire notre tra­vail de pa­tron cor­rec­te­ment, dit le pré­sident du Syn­di­cat de l’en­sei­gne­ment de la Haute-Ya­mas­ka (SEHY), Éric Bédard. Nos de­mandes ne sont pas exa­gé­rées.»

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