Un nou­veau ser­vice of­fert par le CIUSSS

La Voix de l'Est - - ACTUALITÉS - ISA­BELLE PION isa­belle.pion@latribune.qc.ca

SHER­BROOKE — Les jeunes qui pré­sentent un pre­mier épi­sode psy­cho­tique (PEP) ont long­temps eu plu­sieurs portes d’en­trée dans les ur­gences de la ré­gion. Le CIUSSS de l’Es­trieCHUS a mis en place un nou­veau ser­vice afin de mieux les sou­te­nir et, du même coup, di­mi­nuer les risques de ré­ci­dives.

Le ser­vice du « Pre­mier épi­sode psy­cho­tique » s’adresse aux 12 à 35 ans. La psy­chose est « un trouble men­tal sé­rieux », qui se ca­rac­té­rise par une perte de contact avec la réa­li­té. Ce trouble peut en­traî­ner des hal­lu­ci­na­tions, des émo­tions exa­gé­rées ou en­core des pro­pos bi­zarres et dé­cou­sus. En­vi­ron 3 % de la po­pu­la­tion en se­ra at­teinte au cours de sa vie et 47 % des cas de PEP sont une ma­ni­fes­ta­tion de la schi­zo­phré­nie.

Quelles sont les dif­fé­rences, con­crè­te­ment, entre l’an­cienne fa­çon de faire et la nou­velle ?

« Dans les 72 heures, on donne un pre­mier ren­dez-vous té­lé­pho­nique à la per­sonne pour une en­tre­vue d’éva­lua­tion », note An­nie La­li­ber­té, chef de ser­vice en san­té men­tale, ser­vices ex­ternes et hô­pi­tal de jour au CIUSSS de l’Es­trie-CHUS. « Avant, c’était as­sez dif­fus au ni­veau des portes d’en­trée. »

Elle sou­ligne qu’au­pa­ra­vant, les gens pou­vaient au­tant pas­ser par les ur­gences que la DPJ.

« Une des choses im­por­tantes, c’est d’in­ter­ve­nir pré­co­ce­ment dans les signes de la psy­chose. Plus tôt on in­ter­vient, meilleur est le pro­nos­tic fi­nal de ré­in­ser­tion so­cio­pro­fes­sion­nelle de la per­sonne. »

Plus la per­sonne est trai­tée tôt, plus les chances sont éga­le­ment meilleures de contrô­ler et d’ar­rê­ter la pro­gres­sion des symp­tômes.

DI­MI­NUER LES RISQUES DE RÉ­CI­DIVES

Sans mé­di­ca­tion, une per­sonne a 80 % de chances de ré­ci­dive. Avec la mé­di­ca­tion et l’ap­proche psy­cho­so­ciale, le risque chute à 20 %, illustre Mme La­li­ber­té. Les per­sonnes peuvent en­suite vivre des consé­quences graves, al­lant de l’in­va­li­di­té aux pro­blèmes ju­di­ciaires.

Se­lon elle, 80 % de la po­pu­la­tion ayant un pre­mier épi­sode psy­cho­tique est âgée entre 15 et 25 ans. « À 12 ans, c’est plu­tôt ex­cep­tion­nel, mais on vou­lait quand même of­frir le ser­vice lorsque ça pou­vait se pré­sen­ter. C’est une équipe qui est vrai­ment spé­cia­li­sée et dé­diée au pre­mier épi­sode de psy­chose. Donc elle est for­mée pour in­ter­ve­nir, au­tant avec le pa­tient qu’avec ses proches. »

Les in­ter­ven­tions de l’équipe sont éla­bo­rées entre dif­fé­rents in­ter­ve­nants, dont les champs d’ex­per­tise va­rient des soins in­fir­miers à la psy­chia­trie, en pas­sant par l’er­go­thé­ra­pie.

La lé­ga­li­sa­tion du can­na­bis au Qué­bec étant à nos portes, estce que celle-ci sou­lève des pré­oc­cu­pa­tions pour les risques de psy­chose ? « C’est sûr que quel­qu’un qui va pré­sen­ter une fra­gi­li­té psy­cho­tique, le can­na­bis peut la faire dé­clen­cher à ce mo­ment-là. C’est sûr qu’à la base, ça va prendre une fra­gi­li­té psy­cho­tique. C’est comme si le can­na­bis pou­vait ac­cé­lé­rer un peu les symp­tômes. C’est cer­tain que l’on est pré­oc­cu­pé par ça », ré­pond Mme La­li­ber­té, en spé­ci­fiant qu’elle n’est pas psy­chiatre, mais qu’il y a bel et bien des pré­oc­cu­pa­tions à ce su­jet.

— P⋆OTO ARC⋆IVES LA TRI­BUNE

Les per­sonnes ayant un pre­mier épi­sode psy­cho­tique ont long­temps eu plu­sieurs portes d’en­trée dans le sys­tème hos­pi­ta­lier.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.