Une pa­trouille père-fils

La Voix de l'Est - - ACTUALITÉS - KA­RINE BLAN­CHARD ka­rine.blan­chard@la­voix­de­lest.ca

GRAN­BY — Ce n’est pas tous les jours qu’un père et son fils peuvent pa­trouiller côte à côte, sur­tout lors­qu’ils ne tra­vaillent pas pour la même or­ga­ni­sa­tion po­li­cière. Cette ex­pé­rience, l’ins­pec­teur Sté­phane Gui­mond, du Ser­vice de po­lice de Sher­brooke, l’a vé­cue avec son fils Jean-Phi­lippe, en pa­trouillant quelques heures dans les rues de Gran­by.

« C’est spé­cial. C’est un mé­tier hors norme. Quand tu as la chance de le faire un peu avec ton fils qui a dé­ci­dé de suivre la même voie que toi, c’est par­ti­cu­lier », laisse tom­ber l’ins­pec­teur Gui­mond, res­pon­sable des en­quêtes et de la sé­cu­ri­té des mi­lieux pour le corps po­li­cier sher­broo­kois.

L’idée d’une pa­trouille père-fils a été pré­sen­tée aux di­rec­tions des ser­vices de po­lice de Gran­by et Sher­brooke pour rendre l’ex­pé­rience pos­sible. C’est fi­na­le­ment ven­dre­di que le pa­ter­nel a tra­vaillé pen­dant un quart de tra­vail en com­pa­gnie de son fils âgé de 23 ans.

« Ça fait un an et de­mi que je suis pa­trouilleur. Je com­mence à avoir un peu d’ex­pé­rience », dit ce­lui qui a été em­bau­ché au Ser­vice de po­lice de Gran­by un mois après avoir com­plé­té sa for­ma­tion à l’École na­tio­nale de po­lice à Ni­co­let. « C’est un re­tour pour moi. Ça fait 27 ans que je n’ai pas pa­trouillé », pour­suit son père, qui a été po­li­cier à la Sû­re­té du Qué­bec pen­dant près de 30 ans, dont sept ans à la tête de l’Es­couade ré­gio­nale mixte de l’Es­trie.

Le simple fait de se lais­ser conduire par son fils était une ex­pé­rience en soi. « Ha­bi­tuel­le­ment, il n’a pas le droit de conduire ! dit son père, amu­sé par la si­tua­tion. Se faire conduire par fis­ton, dans un contexte po­li­cier en plus, c’est vrai­ment spé­cial. C’est de toute beau­té. »

IN­TER­CEP­TION

Au mo­ment de s’en­tre­te­nir avec La Voix de l’Est, le duo avait réa­li­sé une in­ter­cep­tion sur le ré­seau rou­tier. Le per­mis de conduire de l’au­to­mo­bi­liste était sanc­tion­né, ce qui a me­né à la sai­sie du vé­hi­cule. « C’était du chi­nois pour lui ! » ra­conte le pa­trouilleur gran­byen. « Il m’a mon­tré ce que c’est un billet d’in­frac­tion et ça a vrai­ment chan­gé », pour­suit son père.

Le po­li­cier d’ex­pé­rience avait d’ailleurs de bons mots à for­mu­ler à l’at­ten­tion de son fils. « Les gens ne sont ja­mais con­tents quand on leur an­nonce qu’on re­morque leur vé­hi­cule. Il a bien fait ça. Il a le bon ton, la bonne ligne, la bonne in­ter­ven­tion. Il ins­pire le res­pect », constate-t-il.

Pen­dant leur quart de tra­vail, le duo père-fils est aus­si in­ter­ve­nu dans un dos­sier de mort na­tu­relle et a es­cor­té le per­son­nel mu­ni­ci­pal pour un dé­pôt ban­caire.

« Ça fait drôle parce que je ne suis pas ha­bi­tué au contact avec la po­pu­la­tion, d’être iden­ti­fié, d’être dans un vé­hi­cule mar­qué. Les gens te re­gardent et te font bon­jour. Avant, j’étais vrai­ment dans l’ombre, dans le se­cret. Cer­tains se de­man­daient même ce qu’on fai­sait ! », ra­conte l’ins­pec­teur Gui­mond.

— P⋆OTO C⋆RISTOP⋆E BOIS­SEAU-DION

L’ins­pec­teur res­pon­sable des en­quêtes au Ser­vice de po­lice de Sher­brooke, Sté­phane Gui­mond, a eu le plai­sir de pa­trouiller avec son fils Jean-Phi­lippe, po­li­cier au Ser­vice de po­lice de Gran­by, ven­dre­di.

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