Pour en fi­nir avec les exa­mens du mi­nis­tère en 2e et en 4e an­née du pri­maire

La Voix de l'Est - - OPINIONS -

En cette pé­riode pos­té­lec­to­rale, le mo­ment est op­por­tun pour sou­mettre aux nou­veaux dé­ci­deurs une me­sure fa­cile pour amé­lio­rer l’en­sei­gne­ment au pri­maire.

La ma­jo­ri­té des élec­teurs savent que le mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion im­pose des exa­mens uni­formes à tous les élèves de se­con­daire 5 et de 6e an­née du pri­maire. Dans le cas du se­con­daire 5, la réus­site de ces exa­mens est même né­ces­saire pour ob­te­nir son di­plôme.

La fin du pri­maire et du se­con­daire sont deux étapes im­por­tantes de notre sys­tème d’édu­ca­tion et il est per­ti­nent d’éva­luer les per­for­mances des élèves à chaque an­née. L’ana­lyse des ré­sul­tats per­met au mi­nis­tère de prendre en­suite les ac­tions né­ces­saires.

Ce­pen­dant, ce que la ma­jo­ri­té des élec­teurs ignorent, c’est que de­puis quelques an­nées, le mi­nistre im­pose aus­si des exa­mens uni­formes en fran­çais et en ma­thé­ma­tiques à tous les élèves de

2e et 4e du pri­maire. J’ob­serve que le mi­nis­tère et les com­mis­sions sco­laires semblent tel­le­ment em­bri­ga­dés dans l’orien­ta­tion d’une réus­site sco­laire me­su­rable que ces exa­mens ont pris des pro­por­tions dé­rai­son­nables. En mai et juin, par­tout au Qué­bec, les pe­tits de

2e et de 4e doivent pas­ser plu­sieurs jour­nées as­sis en si­lence à suer pour réus­sir des exa­mens tou­jours trop longs et trop com­pli­qués en lec­ture, en écri­ture, en cal­cul et en ré­so­lu­tion de pro­blèmes.

Les ba­rèmes de cor­rec­tion im­po­sés aux en­sei­gnants sont aus­si dé­taillés et com­plexes que ceux du ni­veau uni­ver­si­taire. Ça aus­si c’est dé­rai­son­nable.

Chaque an­née, ces exa­mens causent beau­coup de fa­tigue et de stress chez les élèves et une grande sur­charge de tra­vail chez les en­sei­gnants. Les torts sont vi­sibles dans les écoles et pour­tant ni les com­mis­sions sco­laires ni le mi­nis­tère ne s’en pré­oc­cupent.

Se­lon moi, le mi­nis­tère pour­rait tout aus­si bien ob­te­nir les don­nées qui lui sont né­ces­saires en uti­li­sant des échan­tillon­nages. Par exemple, uti­li­ser an­nuel­le­ment seule­ment 5 % des classes. Une an­née pour­rait même être ci­blée pour le fran­çais et la sui­vante pour les ma­thé­ma­tiques.

Ain­si, les classes choi­sies n’au­raient que la moi­tié du far­deau à réa­li­ser et pour­raient es­pé­rer ne plus être dé­ran­gées pour plu­sieurs an­nées. Pour les autres classes, le mois de mai se­rait en­tiè­re­ment dis­po­nible pour que les en­sei­gnants en­seignent et que les élèves ap­prennent.

En bo­nus, les contri­buables éco­no­mi­se­raient le coût des do­cu­ments et les mil­liers d’heures payées aux fonc­tion­naires pour im­pri­mer et dis­tri­buer des mil­liers d’exa­mens à la gran­deur du Qué­bec, pour com­pi­ler des cen­taines de mil­liers de don­nées, pour les ana­ly­ser et pro­duire des rap­ports dont nous n’en­ten­dons ja­mais par­ler.

Je lis et j’écoute des ci­toyens chaque jour et je constate que nous sommes plu­sieurs à avan­cer dans notre do­maine d’ex­per­tise des pro­po­si­tions simples qui au­raient des bé­né­fices ra­pides sur les plans hu­main et fi­nan­cier.

Après 34 ans de car­rière au pri­maire, le di­rec­teur est sor­ti de l’école, mais l’école n’est pas sor­tie du di­rec­teur.

Jean Ca­dieux Gran­by

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