› ON EN JASE AU­TOUR D’UN BON CI­GARE

La Voix de l'Est - - CHRONIQUES -

La se­maine der­nière, je vous di­sais que mon amie, Kim­ber­ly Na­deau (di­rec­trice gé­né­rale du Club de golf Les Cèdres) était en­ceinte de son pre­mier en­fant. Il semble que la ci­gogne aime bien la ré­gion, puisque la très gen­tille Ki­na Ge­nesse, conjointe de mon an­cien élève et main­te­nant en­sei­gnant Phi­lippe Ca­ba­na (école se­con­daire Mgr-Des­ran­leau de Bed­ford) s’ap­prête, elle aus­si, à don­ner nais­sance à un pe­tit pou­pon. Bien en­ten­du, le père de Phi­lippe, mon confrère Be­noît Ca­ba­na, per­son­nage bien connu de la com­mu­nau­té spor­tive, en­tend prendre son rôle de grand-pa­pa au sé­rieux. Cet en­fant à ve­nir ne sait pas la chance qu’il au­ra de re­ce­voir un aus­si bon en­ca­dre­ment de la part d’une fa­mille tis­sée ser­rée.

C’est le coeur gros que j’ai ré­di­gé les quelques mots qui sui­vront, mais je de­vais le faire, ne se­rait-ce que pour sa­luer la mé­moire d’un homme que j’ai bien ai­mé cô­toyer. Même si on s’y at­ten­dait — le compte à re­bours avait dé­bu­té il y a quelques mois, étant don­né la ma­la­die qui l’ac­ca­blait —, j’ai beau­coup de dif­fi­cul­tés à m’y ré­si­gner : mon ami De­nis Foi­sy est dé­cé­dé ven­dre­di der­nier. J’avais fait sa connais­sance il y a quelques an­nées lors d’une ren­trée sco­laire où notre di­rec­teur gé­né­ral au Verbe Di­vin, Jean Stri­ga­nuk, nous avait an­non­cé que ce re­trai­té de Bell Ca­na­da al­lait de­ve­nir sur­veillant d’élèves. Cos­taud et sé­rieux, avec ses che­veux ra­sés et son vi­sage car­ré sur le­quel se re­trou­vait une pe­tite bar­biche bien taillée, il res­sem­blait da­van­tage à un por­tier qu’à une per­sonne du troi­sième âge qui al­lait prendre soin de nos « pe­tits amours ». Au fil du temps, j’ai ap­pris à le connaître et, sur­tout, à l’ap­pré­cier. Nous étions de­ve­nus presque des in­times, car en plus de nous cô­toyer sur une base quo­ti­dienne, nous avions l’ha­bi­tude de jouer au golf ensemble chaque été. Mais outre nos pas­sions com­munes pour le golf et l’édu­ca­tion, De­nis et moi éprou­vions tou­jours un plai­sir évident à sur­prendre l’autre avec la der­nière blague en­ten­due. Com­bien de fois l’ai-je en­ten­du mon­ter les marches me­nant à mon bu­reau et, entre deux ra­cle­ments de gorge pour ca­cher le fait qu’il ve­nait de tous­ser (il était un fu­meur in­vé­té­ré), il en­trait et me lan­çait : « Hey le jeune, j’en ai une à te conter ! » Et, chaque fois, on se bi­don­nait, heu­reux que nous étions d’ain­si bien dé­mar­rer notre jour­née. Il re­par­tait tou­jours en me fai­sant sa tra­di­tion­nelle imi­ta­tion de Mon­sieur La­treille, un per­son­nage po­pu­la­ri­sé par l’hu­mo­riste Réal Bé­land. Une imi­ta­tion qu’il maî­tri­sait à la per­fec­tion. Mon cher De­nis, ne t’en fais pas : tes jeunes que tu ai­mais tant, nous al­lons conti­nuer d’en prendre soin, je te le pro­mets. Veille sur eux de là-haut. J’offre à Ni­cole, sa conjointe, ain­si qu’à toute sa fa­mille dont font par­tie no­tam­ment mes amis, ses frères Guy et Claude, mes plus sin­cères condo­léances.

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