Réus­site sco­laire à la hausse grâce à la lec­ture

La Voix du Sud - - LA UNE - ÉRIC GOURDE re­dac­tion_­la­cet­che­min@tc.tc

ÉDU­CA­TION. À l’aube de la ren­trée sco­laire, Syl­vain Trem­blay es­time que l’ap­pren­tis­sage de la lec­ture et de l’écri­ture sont au coeur d’une hausse im­por­tante de la réus­site dans les écoles qu’il di­rige.

Ré­sident de Sainte-claire, M. Trem­blay a mis sur pied le pro­jet Éco­réus­site dans des écoles de Mont­ma­gny-sud, en col­la­bo­ra­tion avec des par­te­naires du mi­lieu, qui a pu s’étendre à toute la com­mu­nau­té. Il est di­rec­teur des écoles pri­maires de Sainte-apol­line et Saint-paul, de même que de l’école se­con­daire de Saint-paul.

La re­cette est ba­sée sur la re­cherche d’une col­la­bo­ra­tion école-fa­mille-com­mu­nau­té et semble fonc­tion­ner puisque l’on ob­serve une im­pres­sion­nante aug­men­ta­tion des taux de réus­site sur le ter­ri­toire qui est pas­sé de 50 % en fran­çais en qua­trième an­née du pri­maire pour l’an­née 2008, à 98% toutes ma­tières et tous ni­veaux confon­dus l’an­née der­nière. Les ré­sul­tats sont sur­pre­nants.

En fonc­tion de­puis 2011, Éco­réus­site est, som­mai­re­ment, un plan de 18 ac­tions dif­fé­rentes qui visent à don­ner le goût à la lec­ture et dé­ve­lop­per des ap­ti­tudes chez les élèves. « J’étais un peu ré­ti­cent au dé­but, mais comme c’était une table de par­te­naires qui par­ti­ci­paient aux ren­contres et que tout le monde a dé­ci­dé d’em­bar­quer sur un pro­jet dé­dié aux en­fants avant qu’ils entrent à l’école, ça me plai­sait. Les re­cherchent prouvent que les jeunes en mi­lieu dé­fa­vo­ri­sé ont été en contact avec des livres pen­dant 250 heures, tan­dis que chez ceux en mi­lieu plus ai­sé, ce chiffre passe à 2 500 heures. La dif­fé­rence est là. »

Au dé­part, l’ini­tia­tive est née d’une col­la­bo­ra­tion d’in­ter­ve­nants du mi­lieu avec l’école pour ré­pondre lo­ca­le­ment à un be­soin de fi­nan­ce­ment, ex­plique M. Trem­blay. «L’ABC des Hauts-pla­teaux est un or­ga­nisme com­mu­nau­taire qui oeuvre en lutte au dé­cro­chage et se cher­chait un fi­nan­ce­ment pour un ser­vice de bi­blio­thèque mo­bile, qui se ren­drait chez les gens. Il n’y a que trois bi­blio­thèques dans Mont­ma­gny-sud soit à Saint-fa­bien, Sainte-apol­line et Notre-dame-du-ro­saire. »

Les jeunes ont ac­cès à un vo­let du pro­gramme au­tant les soirs, les week-ends que pen­dant la pé­riode es­ti­vale. « Nous avons une tente iden­ti­fiée qui se pro­mène dans les fes­ti­vals de la ré­gion et où les jeunes ont ac­cès à des livres. Ils ont une de­mi-heure de lec­ture à tous les jours lors des ter­rains de jeux par exemple. Les en­fants de­meurent ac­tifs et en lien avec la lec­ture et l’écri­ture, ain­si qu’avec le dé­ve­lop­pe­ment du lan­gage oral », ajoute M. Trem­blay.

CHAN­GE­MENT DES MEN­TA­LI­TÉS

Le pro­gramme ini­tié par M. Trem­blay et ses par­te­naires ob­tient de plus en plus de re­con­nais­sance et a été ré­com­pen­sé à maintes re­prises de­puis sa mise sur pied. À la lu­mière des ré­sul­tats, les pa­rents ont aus­si choi­si de suivre le mou­ve­ment. «Nous avons dé­po­sé une de­mande au mi­nis­tère de l’édu­ca­tion où nous avons fi­na­le­ment ob­te­nu un peu de ma­té­riel. Un pro­gramme nous a re­mis 2 000$ pour nous ai­der à fi­nan­cer le pro­jet. Les pa­rents se sont sen­tis fiers grâce à ce­la et ils ont du même coup réus­si à dé­ve­lop­per leurs com­pé­tences pa­ren­tales en lien avec les de­voirs et les le­çons. »

Pour­quoi un tel suc­cès? M. Trem­blay est d’avis qu’il fal­lait d’abord bien choi­sir à qui pou­vait s’adres­ser un tel pro­gramme. « Nous avons été avant-gar­distes, car on a choi­si de ci­bler les 0-8 ans alors que les âges sont tra­di­tion­nel­le­ment di­vi­sés au­tre­ment. Dans les gar­de­ries, ce sont les 1re et 2e an­nées qui font la lec­ture aux plus pe­tits. Dans notre ré­gion, des pa­rents m’ont confié que les jeunes de­mandent main­te­nant des livres à Noël. »

D’autres cherchent main­te­nant à s’en ins­pi­rer. «Ce que je lis dans votre jour­nal, c’est que cer­tains s’ins­pirent en par­tie de ce que l’on fait. On a vu les Croques-livres ap­pa­raitre dans Les Et­che­mins. Il y a d’autres ac­tions dans Bel­le­chasse et ailleurs éga­le­ment, qui sont sem­blables, adap­tées aux réa­li­tés des mi­lieux. Les in­ter­ve­nants de groupes si­mi­laires se parlent et ça fait des pe­tits. J’ai eu un ap­pel de la Côte-nord. Je re­çois aus­si des in­vi­ta­tions pour al­ler pré­sen­ter nos idées par cer­taines di­rec­tions d’écoles. »

Il est d’au­tant plus heu­reux que le mi­nis­tère de l’édu­ca­tion a re­te­nu cer­tains élé­ments dans sa pla­ni­fi­ca­tion. « Le mi­nistre connait très bien notre pro­gramme. Je l’ai ren­con­tré l’au­tomne der­nier et il m’a dit « Bon­jour M. Trem­blay, c’est vous ça Éco­réus­site!» Je re­con­nais d’ailleurs des élé­ments de notre pro­gramme dans la nou­velle Po­li­tique na­tio­nale. »

Syl­vain Trem­blay et ses par­te­naires n’ont pas l’in­ten­tion de s’ar­rê­ter là et en­tendent pour­suivre le con­cept. «On ai­me­rait l’élar­gir aux 0-24 ans pour, à titre d’exemple, des jeunes dé­cro­cheurs qui de­viennent pa­rents. Cer­tains pour­raient al­ler cher­cher cer­taines qua­li­fi­ca­tions et au même mo­ment, les en­fants se­raient pris en charge par des par­te­naires. On es­père mettre ça en branle à l’au­tomne. »

(Pho­to gra­cieu­se­té)

Syl­vain Trem­blay re­ce­vant l’ordre du mé­rite de la Fé­dé­ra­tion des com­mis­sions sco­laires du Qué­bec en com­pa­gnie de De­nis Tar­dif du Re­grou­pe­ment des com­mis­sions sco­laires de Chau­dière-ap­pa­laches, ain­si que d’an­dré Cha­mard et Alain Gre­nier, res­pec­ti­ve­ment di­rec­teur gé­né­ral et pré­sident de la C. S. Côte-du-sud.

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