En­vi­ro­nek s’en­tend avec la MRC de Bel­le­chasse

La Voix du Sud - - CERCLE DE FERMIÈRES : DÉCÈS DE YOLANDE FRADETTE-LA - ÉRIC GOURDE re­dac­tion_­la­cet­che­min@tc.tc

EN­VI­RON­NE­MENT. La MRC de Bel­le­chasse et l’en­tre­prise En­vi­ro­nek de Saint-ma­la­chie ont ré­cem­ment ra­ti­fié une en­tente re­la­ti­ve­ment au tri et à la ré­cu­pé­ra­tion des dif­fé­rentes tu­bu­lures d’éra­blières.

Cette en­tente vise à créer, à dé­ve­lop­per et à so­li­di­fier l’éco­no­mie so­ciale de la MRC mais per­met­tra aus­si d’éco­no­mi­ser sur les coûts et aug­men­ter la du­rée de vie du lieu d’en­fouis­se­ment si­tué à Ar­magh. Pour En­vi­ro­nek, une di­vi­sion du Groupe Ap­tas, la nou­velle vient of­fi­cia­li­ser une dé­marche qui exis­tait dé­jà, mais en par­tie.

«Les acé­ri­cul­teurs de Bel­le­chasse peuvent, de­puis juillet der­nier, ve­nir nous por­ter leurs tu­bu­lures usées. En plus d’une contri­bu­tion à l’en­vi­ron­ne­ment par une ac­tion res­pon­sable, ils peuvent, se­lon des cri­tères pré­cis, re­ce­voir un mon­tant d’ar­gent se­lon le poids. Au lieu de la bru­ler ou d’en­com­brer un centre d’en­fouis­se­ment», men­tionne le di­rec­teur gé­né­ral du Groupe Ap­tas, Lio­nel Bis­son. «L’en­tente n’était pas for­melle. Ils ont ré­cem­ment pris la dé­ci­sion de ne plus en­fouir la tu­bu­lure, mais plu­tôt de la di­ri­ger chez nous, ce qui n’était pas le cas avant.»

Des dis­cus­sions et des es­sais ont été réa­li­sés l’an der­nier. L’en­tente vient pré­ci­ser le mode de fonc­tion­ne­ment et les ta­rifs ap­pli­cables entre les deux en­ti­tés, men­tionne Vincent Beau­doin, char­gé de pro­jet en sen­si­bi­li­sa­tion en ges­tion de ma­tières ré­si­duelles à la MRC de Bel­le­chasse. « Si des en­tre­prises dans le do­maine ont des ma­tières du genre, elles peuvent en­core tran­si­ger au lieu d’en­fouis­se­ment ou di­rec­te­ment chez En­vi­ro­nek. Ul­ti­me­ment, on vien­dra peut-être à dé­ve­lop­per un mode de fonc­tion­ne­ment qui per­met­tra aux acé­ri­cul­teurs d’avoir ac­cès à plu­sieurs points de ser­vice ou à une col­lecte ponc­tuelle.»

La tu­bu­lure n’est pas tel­le­ment sui­vie en termes de ton­nage, ajoute M. Beau­doin, mais les bé­né­fices en­vi­ron­ne­men­taux sont évi­dents se­lon lui. «Des gens la re­cyclent, mais d’autres la brûlent en­core dans le fond de leur éra­blière. On pense qu’étape par étape, on réus­si­ra à di­mi­nuer l’en­fouis­se­ment et en re­cy­cler beau­coup avec le temps.»

UN PRO­DUIT PRO­MET­TEUR

Une fois trans­for­mée, la mar­chan­dise est ven­due à 100% à des clients d’un peu par­tout. Nous avons un client dans Bel­le­chasse, mais aus­si de nou­veaux mar­chés dans la ré­gion de Mon­tréal et en On­ta­rio. La plu­part fa­briquent des pro­duits non ali­men­taires. Ce sont des fa­bri­cants de drain agri­cole, d'ob­jets en plas­tique ou autres», ajoute Lio­nel Bis­son. «Pour l’en­semble de la tu­bu­lure qui entre, c’est aug­men­ta­tion de 39% par rap­port à l’an der­nier. On va trai­ter quelque 500 tonnes cette an­née pour en­vi­ron 20% de toute la tu­bu­lure usa­gée au Qué­bec, c’est ex­cellent.»

Le fait que la tu­bu­lure peut être ré­cu­pé­rée est tou­jours mé­con­nu chez les acé­ri­cul­teurs se­lon Vincent Beau­doin. «Le fait de je­ter de la ma­tière se­ra tou­jours la chose qui nous coû­te­ra le plus cher col­lec­ti­ve­ment. On veut res­pon­sa­bi­li­ser les gens sur le su­jet et leur rap­pe­ler qu’ils peuvent même faire de l’ar­gent en pro­cé­dant de telle ma­nière. »

D’autres mu­ni­ci­pa­li­tés et MRC s’in­té­ressent au mo­dèle, ajoute M. Bis­son. «On a re­çu beau­coup d’ap­pels au cours des der­nières se­maines, car la nou­velle a com­men­cé à être dif­fu­sée. À titre d’exemple, la mu­ni­ci­pa­li­té de La Gua­de­loupe a choi­si d’al­ler de l’avant et d’ins­tal­ler un conte­neur spé­ci­fi­que­ment pour la tu­bu­lure et nous l’ame­ner à Saint-ma­la­chie le mo­ment ve­nu. Nous avons aus­si des dis­cus­sions avec la MRC de Mont­ma­gny, la Ville de Gran­by et des lo­ca­li­tés des Lau­ren­tides.»

M. Bis­son croit que la dé­marche pour­rait avoir un ef­fet boule de neige sur le mi­lieu. « Je m’at­tends à ce que l’on puisse at­teindre le 1 000 tonnes de ma­tières trai­tées en 2020. La hausse peut être très ra­pide, car les acé­ri­cul­teurs eux-mêmes sont de plus en plus conscien­ti­sés et les mu­ni­ci­pa­li­tés et les ré­gies res­pon­sables ont main­te­nant des plans de ges­tion des ma­tières ré­si­duelles et des éco­centres.» Le nombre d’em­ployés à Saint-ma­la­chie a d’ailleurs plus que dou­blé au cours de la der­nière an­née pas­sant de 6 à 15 per­sonnes à temps plein.

M. Bis­son in­dique que l’en­tre­prise étu­die ac­tuel­le­ment l’évo­lu­tion de sa pro­duc­tion ce qui pour­rait ame­ner un agran­dis­se­ment des ins­tal­la­tions à Saint-ma­la­chie. «La sur­face que l’on a ré­pond à nos be­soins ac­tuels, mais plus on s’ap­pro­che­ra d’un cer­tain seuil de pro­duc­tion, plus nous au­rons be­soin d’une sur­face plus grande et de nou­veaux équi­pe­ments. Nous sommes d’ailleurs à étu­dier ces pos­si­bi­li­tés.»

L’en­tre­prise En­vi­ro­nek à Saint-ma­la­chie compte main­te­nant une quin­zaine d’em­ployés à temps plein.

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