Pa­nic se dé­voile… en par­tie

La Voix du Sud - - ACTUALITÉS - ÉRIC GOURDE re­dac­tion_­la­cet­che­min@tc.tc

ARTS. Il signe ses oeuvres sous le pseu­do­nyme de Pa­nic. Son tra­vail at­tire l’at­ten­tion et re­çoit aus­si de belles marques d’ap­pré­cia­tion. L’au­teur des graf­fi­tis de Saint-an­selme pré­fère tou­te­fois conti­nuer de de­meu­rer dans l’ombre.

Ce que l’on sait, c’est qu’il est na­tif du sud du ter­ri­toire et ré­side dans la ré­gion. Quatre de ces oeuvres se re­trouvent au parc des Chutes Rouillard et quelques-unes sous les via­ducs du che­min St-jacques et du rang St-phi­lippe. «Il y en a aus­si une sur une ci­terne, près de la piste cy­clable que j’ai réa­li­sée à la de­mande du maire. C’est la pre­mière et la seule pour la­quelle j’ai re­çu un ca­chet », confie-t-il.

Pour­quoi res­ter dans l’ombre ? « C’est un peu pour en­tre­te­nir la blague et faire par­ler le monde. Les gens savent qui est Pa­nic, mais pas qui je suis vrai­ment. C’est la beau­té de la chose », in­dique ce­lui qui a in­ves­ti quelques cen­taines de dol­lars de­puis le dé­but de la sai­son es­ti­vale.

Notre ar­tiste en herbe s’est lan­cé dans cette nou­velle dis­ci­pline il y a deux ans seule­ment, sauf qu’il a choi­si de s’exé­cu­ter pour la pre­mière fois pu­bli­que­ment au dé­but de l’été. Il ne fré­quente pas les ga­le­ries d’art ou autres en­droits où l’on re­trouve des ta­bleaux. Il n’a pas non plus l’in­ten­tion de suivre des for­ma­tions à brève échéance, pré­fé­rant ap­prendre par lui-même.

Pa­nic était ac­com­pa­gné d’un ami, vi­si­ble­ment son plus grand ad­mi­ra­teur lors de notre ren­contre. «C’est un jeune homme humble qui aime bri­co­ler. Il a com­men­cé chez lui et m’a mon­tré ses pre­mières oeuvres pour me de­man­der ce que j’en pen­sais. C’est en­suite qu’il s’est mis à cher­cher un en­droit pour se lan­cer. Il a lais­sé sa si­gna­ture et les gens ont com­men­cé à ja­ser. »

Ce der­nier ajoute que le tout est sim­ple­ment lié à la dé­cou­verte d’une pas­sion. « Ce que j’ai ai­mé en lui, c’est qu’il a cher­ché ce qu’il ai­mait et ce qu’il pour­rait faire. Il a trou­vé cette pas­sion. Des gens vont cher­cher toute leur vie ce qu’ils pour­raient ai­mer et c’est ce que lui a trou­vé. Il a choi­si de faire quelque chose qu’il ai­mait. Ça se re­flète dans ses ta­bleaux et les gens re­con­naissent main­te­nant sa si­gna­ture. C’est ce qui fait que les gens ont ai­mé ce­la, se­lon moi. »

«Je n’ai ja­mais été bon avec un crayon», confie notre graf­fi­teur qui pré­tend aus­si n’avoir ja­mais sui­vi de for­ma­tion en la ma­tière. «J’en ai vu à quelques en­droits et j’ai trou­vé ça beau. J’ai vou­lu es­sayer avec un ami et j’ai at­tra­pé la pi­qûre. Le concept a plu à plu­sieurs per­sonnes d’après ce que je sais. J’ap­prends de nou­velles tech­niques qui sont plus dif­fi­ciles en fai­sant des re­cherches sur in­ter­net, alors ce n’est pas plus fa­cile qu’au dé­but ».

DES GRAF­FI­TIS, PAS DU VAN­DA­LISME

Pa­nic consi­dère que ces oeuvres sont des graf­fi­tis, car il uti­lise des ca­nettes de pein­ture au mo­ment de les créer. « Si on fait abs­trac­tion du via­duc et que l’on consi­dère seule­ment le parc, j’ai vou­lu mon­trer qu’il est pos­sible de faire de l’art sans bri­ser. Les graf­fi­tis, ce n’est pas que du van­da­lisme. Le jour où quel­qu’un dé­cide que c’est ter­mi­né, on dé­chire la pel­li­cule et tout re­vient comme avant ».

Il se dit au fait que peu de gens pra­tiquent ce type de chose. Il réa­lise ses oeuvres la nuit et doit installer quelques lampes pour s’exé­cu­ter et être à l’abri des re­gards pour ain­si conser­ver son ano­ny­mat. « Ce n’est qu’une pel­li­cule plas­tique tra­di­tion­nelle que l’on en­roule au­tour de deux arbres rap­pro­chés et nous avons la sur­face pour en­suite des­si­ner di­rec­te­ment sur place. Je m’ins­pire d’images sur in­ter­net et après, je les mo­di­fie pour en­suite les re­pro­duire. Je les « car­too­nise » si on veut. Je crée des images ins­pi­rées de des­sins ani­més. Un ar­tiste ? Oui et non. Je suis ca­pable de réa­li­ser une oeuvre, mais je ne suis pas un grand ar­tiste. C’est sûr que je pour­rais pos­si­ble­ment en faire un un jour. »

Pa­nic a aus­si d’autres idées en tête. « J’ai d’autres pro­jets ailleurs, mais je ne sais pas en­core si ça va se ma­té­ria­li­ser d’ici la fin de l’été. Je vais gar­der ça se­cret pour le mo­ment ». Il ter­mine en di­sant qu’il dé­voi­le­ra son iden­ti­té à l’ave­nir, dès qu’il se sen­ti­ra prêt. Outre les graf­fi­tis qu’il réa­lise, il a aus­si à com­men­cer à peindre, mais en­core une fois à l’abri des re­gards.

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