Bi­biane Tal­bot ap­prend à vivre plei­ne­ment avec la ma­la­die de Par­kin­son

La Voix du Sud - - ACTUALITÉS - FRÉ­DÉ­RIC DES­JAR­DINS fre­de­ric.des­jar­dins@tc.tc

SAN­TÉ. De­puis 22 ans, Bi­biane Tal­bot doit com­po­ser avec la ma­la­die de Par­kin­son. Mal­gré les nom­breux symp­tômes, cette ré­si­dente de Sainte-au­ré­lie re­fuse que sa vie soit to­ta­le­ment frei­née par ce trouble neu­ro­lo­gique.

Au­jourd’hui âgé de 67 ans, Bi­biane Tal­bot prend 17 pi­lules par jour, éta­lées sur six prises, pour pal­lier le manque de do­pa­mine as­so­cié à la ma­la­die, ain­si que contrô­ler sa haute pres­sion et son manque de cal­cium.

«On a dé­jà ap­pe­lé l’am­bu­lance deux fois parce qu’elle avait ou­blié de prendre ses mé­di­ca­ments. Elle était raide et ne pou­vait même pas se le­ver du lit», se sou­vient Re­né Pa­quet, son conjoint.

Aus­si opé­rée aux deux ge­noux pour des pro­blèmes d’ar­throse, Bi­biane Tal­bot n’a pour­tant ja­mais ces­sé d’être ac­tive. Voya­geant l’été avec son ma­ri dans une rou­lotte pour cou­rir les cam­pings et fes­ti­vals, elle fait aus­si du tri­cot et de la danse coun­try.

Bi­biane Tal­bot et Re­né Pa­quet sont éga­le­ment bé­né­voles pen­dant Na­sh­ville en Beauce à Saint-pros­per, ain­si qu’au sein d’en­traide Par­kin­son Beauce.

«Mes pe­tits-en­fants m’ont sou­vent po­sé des ques­tions sur la ma­la­die et j’ai été hon­nête avec eux. J’ai tou­jours vou­lu conser­ver mon au­to­no­mie le plus pos­sible. Je me donne un coup de pied dans le der­rière pour sor­tir et bou­ger. Mon frère a été han­di­ca­pé par un ar­rêt car­diaque et est res­té en chaise rou­lante jus­qu’à son dé­cès. Je ne veux pas vivre comme ça», ex­plique-t-elle.

CHAN­GE­MENT PRO­GRES­SIF

Avant l’âge de 45 ans, Bi­biane Tal­bot était en par­faite san­té. Mé­na­gère et gar­dienne d’en­fants dans des ré­si­dences pri­vées, elle a com­men­cé à res­sen­tir des rai­deurs dans ses bras et à perdre l’équi­libre en mar­chant, au point où celle-ci avait de la dif­fi­cul­té à s’ha­biller et se coif­fer.

«Je res­sen­tais aus­si beau­coup de fa­tigue. Mon mé­de­cin croyait au dé­part que c’était re­lié à la glande thy­roïde. Comme les trai­te­ments n’ont pas fonc­tion­né, j’ai consul­té un neu­ro­logue qui a vu tout de suite que c’était le Par­kin­son », ex­plique Bi­biane Tal­bot.

Le fac­teur hé­ré­di­taire a joué dans le cas pré­sent, car son père avait dé­jà souf­fert de cette af­fec­tion. Ce­pen­dant, il est im­pos­sible de pré­ve­nir l’ar­ri­vée de la ma­la­die de Par­kin­son. Au­cun mé­di­ca­ment ne peut en­core ra­len­tir ou ar­rê­ter la pro­gres­sion de celle-ci.

Re­né Pa­quet avoue que Bi­biane Tal­bot a trou­vé dif­fi­cile d’ac­cep­ter son état. «Elle au­rait pu être opé­rée au cer­veau, mais il n’y avait au­cune ga­ran­tie que sa vie se­rait mieux», pré­cise-t-il.

Avec En­traide Par­kin­son Beauce, Bi­biane et Re­né Tal­bot ont consta­té l’im­por­tance de mieux faire connaître ce trouble neu­ro­lo­gique au­près du pu­blic et des ins­tances gou­ver­ne­men­tales.

«Ma femme a été plu­sieurs an­nées sans au­cun re­ve­nu, car elle ne pou­vait se qua­li­fier pour au­cun pro­gramme d’aide. Le Par­kin­son n’était pas in­clus dans les ma­la­dies ad­mis­sibles», dé­nonce Re­né Pa­quet.

En­traide Par­kin­son Beauce tien­dra une col­lecte de fonds lors d’un ga­la ama­teur le 29 oc­tobre à 13h au res­tau­rant la Grille à Saint-pros­per. L’ob­jec­tif est d’amas­ser 3000 $, les chan­teurs et mu­si­ciens peuvent s’ins­crire sur place.

Pour être bé­né­vole à En­traide Par­kin­son Beauce, on peut ap­pe­ler au 418 484-2860 ou 418 225-2233. L’or­ga­nisme pos­sède aus­si sa page Fa­ce­book.

(Pho­to TC Me­dia – Fré­dé­ric Des­jar­dins)

Bi­biane Tal­bot peut comp­ter sur le sou­tien de son conjoint, ain­si que ses en­fants et pe­tits-en­fants.

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