Saint-an­selme : Yves Tur­geon sur­pris de son élec­tion

La Voix du Sud - - QUELQUES ANECDOTES - ÉRIC GOURDE re­dac­tion_­la­cet­che­min@tc.tc

MU­NI­CI­PAL. Nou­vel­le­ment élu maire de Saint-an­selme, Yves Tur­geon avoue avoir été sur­pris d’une cer­taine fa­çon à la suite de son élec­tion.

S’il croyait en ses chances, les échos qu’il re­ce­vait sur le ter­rain ne confir­maient pas ses sou­haits né­ces­sai­re­ment. «Je n’ai jamais été ca­pable de me faire une idée. Sur le ter­rain, on ob­ser­vait une vo­lon­té de chan­ge­ment. Les gens que l’on croi­sait nous di­saient que ce ne se­rait pas fa­cile, mais que c’était pos­sible. C’est vrai­ment à la toute fin que l’on a pu le réa­li­ser.»

Le ré­sul­tat est at­tri­buable sur­tout au mes­sage qu’il a par­ta­gé avec les ci­toyens, se­lon lui. « Ce n’est pas qu’une vic­toire élec­to­rale, mais celle des va­leurs que j’ai vé­hi­cu­lées pen­dant la cam­pagne soit le chan­ge­ment, l’écoute, le res­pect et autres. On s’en va vers quelque chose de très dif­fé­rent, pas seule­ment au ni­veau éco­no­mique, mais sur­tout ver­sus les re­la­tions qu’a la mu­ni­ci­pa­li­té avec ses ci­toyens. Il y avait une vo­lon­té de chan­ge­ment très forte.»

En dé­but de par­cours, il s’est in­té­res­sé aux mé­dias so­ciaux pour trans­mettre ses idées. Il convient qu’il y a pos­si­ble­ment eu quelques dé­ra­pages. «Je n’étais pas sur Fa­ce­book. J’ai ou­vert une page pour avoir une vi­si­bi­li­té, pour ten­ter de re­joindre une clien­tèle. J’ai consta­té que c’était im­por­tant, mais j’ai aus­si été vic­time un peu de ça. J’ai frap­pé fort dès le dé­part et des per­sonnes m’ont sug­gé­ré de faire dif­fé­rem­ment. D’autres per­sonnes se sont échap­pées et c’est dif­fi­cile à rat­tra­per des fois.»

IGA ET AUTRES

Main­te­nant élu, M. Tur­geon es­père pro­vo­quer des avan­cées à court terme dans le dos­sier du ma­ga­sin COOP-IGA, sans né­ces­sai­re­ment pri­vi­lé­gier un en­droit pour au­tant. «Est-ce que ce se­ra dans le boi­sé? Au­cune idée, je n’ai eu au­cun contact avec le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion. Il y a plu­sieurs en­droits pos­sibles en plus de ceux dé­jà connus. C’est le conseil d’ad­mi­nis­tra­tion qui choi­si­ra le site, sauf que la mu­ni­ci­pa­li­té peut chan­ger le zo­nage d’un en­droit au be­soin.»

Consul­ta­tion de la po­pu­la­tion et re­la­tions entre ci­toyens et mu­ni­ci­pa­li­té sont des thèmes qu’il a abor­dés à plu­sieurs re­prises dans ses in­ter­ven­tions. «On a te­nu des pe­tites ren­contres avec les ci­toyens pen­dant la cam­pagne et c’est pos­si­ble­ment quelque chose qu’on pour­ra gar­der pour la suite. Le bud­get se­ra ou­vert et les ci­toyens pour­ront nous ai­guiller sur les prio­ri­tés à adop­ter. Ça peut être aus­si simple qu’une chaine de rue ou un dé­nei­ge­ment qui se fait mal. Nous al­lons consul­ter pour ex­pli­quer nos ob­jec­tifs et connaitre leurs be­soins.»

Membre du co­mi­té consul­ta­tif d’ur­ba­nisme de sa lo­ca­li­té, il sou­haite éga­le­ment s’at­tar­der sur le su­jet ra­pi­de­ment. « Que l’on parle de la gran­deur des re­mises ou des ga­rages des ci­toyens, il y a des pos­si­bi­li­tés de construire des bâ­ti­ments uti­li­taires qui sont ac­tuel­le­ment blo­qués par un zo­nage trop strict, par­ti­cu­liè­re­ment en mi­lieu ru­ral.»

La sor­tie nord du vil­lage, vers Saint-hen­ri, de­vrait aus­si faire l’ob­jet d’une ré­flexion se­lon lui. «Ce n’est pas beau. C’est l’ac­cueil, c’est la porte d’en­trée du vil­lage. Notre beau pay­sage sur la mon­tagne se­ra bien­tôt obs­trué aus­si par du com­mer­cial et de l’in­dus­triel. La mu­ni­ci­pa­li­té a été par­te­naire dans la res­tau­ra­tion de la croix, alors faut pou­voir la voir. Ces ter­rains ne sont pas ven­dus en­core, alors nous avons le temps.»

AT­TRAC­TION ET RÉ­TEN­TION

Yves Tur­geon ob­serve éga­le­ment la dif­fi­cul­té qu’ont cer­tains com­merces à as­su­rer leur pé­ren­ni­té. Il in­dique aus­si que plu­sieurs nou­veaux ar­ri­vants ont de la dif­fi­cul­té à s’iden­ti­fier à leur nou­veau mi­lieu de vie. «Nous avons 700 nou­veaux ré­si­dents de­puis deux ans et plu­sieurs disent qu’il ne se passe rien. On a un bon ser­vice des loi­sirs, un bel aré­na et des ac­ti­vi­tés, mais rien qui ne semble ras­sem­bler la po­pu­la­tion afin qu’elle crée des liens. Il faut que Saint-an­selme de­vienne im­por­tant pour eux. Nous sommes à mi-che­min entre une men­ta­li­té ur­baine et ru­rale. Quand on ac­cueille de nou­veaux ar­ri­vants, ce se­rait bien de réus­sir à les in­té­grer, qu’ils dé­couvrent un nou­veau mi­lieu et ne choi­sissent pas de faire des al­lers-re­tours quo­ti­diens. Fau­drait voir ce qui les gar­de­rait ici. Ce se­ra dur ça.»

En plus des nou­veaux ar­ri­vants, il es­père que les jeunes dé­jà sur place choi­si­ront d’y res­ter. «Nous avons deux dé­fis ré­gio­naux, la main d’oeuvre et l’exode des jeunes. À 12 ans, les jeunes choi­sissent s’ils vont de­meu­rer ici ou non. À 18-20 ans, le dé­part se fait ou non. Quand on parle d’ac­ti­vi­tés de loi­sirs ou d’une vie cultu­relle plus in­té­res­sante et plus sti­mu­lante, c’est une fa­çon de les gar­der ici.»

Le dé­ve­lop­pe­ment de sa lo­ca­li­té doit se faire avec pru­dence es­time Yves Tur­geon, qui ne nie pas que le phé­no­mène de l’éta­le­ment ur­bain a re­joint sa mu­ni­ci­pa­li­té. «Il faut dé­ve­lop­per vers nos zones blanches avant d’al­ler vers le vert. Il y a des de­mandes ac­tuel­le­ment di­ri­gées vers la Com­mis­sion de pro­tec­tion du ter­ri­toire agri­cole. Le plus ré­cent parc in­dus­triel a peut-être été une er­reur à ce su­jet, quoique lors­qu’on parle de ga­rages ou autres com­merces du genre c’est cor­rect, mais une phar­ma­cie, c’est triste car c’est loin. Ce n’est ce­pen­dant pas l’en­droit pour le nou­veau ma­ga­sin IGA et au coeur du vil­lage, ce n’est peut-être plus sa place.»

LES TEN­DANCES

Un man­dat de quatre ans, c’est long et court en même temps convient M. Tur­geon qui de­vra faire ses classes ra­pi­de­ment et ral­lier son conseil à ses idées. « Il y a des va­leurs que je veux ap­por­ter et j’es­père que les conseillers vont les adop­ter. L’écoute, le res­pect, don­ner la pa­role aux ci­toyens, etc. Y’a du dé­ve­lop­pe­ment do­mi­ci­liaire à ve­nir c’est cer­tain. Il faut s’at­tendre à 200 uni­tés de lo­ge­ment d’ici 20 ans, alors ça pren­dra de la place et fau­dra bien les lo­ca­li­ser. Ne se­rait-ce que de rac­cor­der ça à des ré­seaux exis­tants, ce se­rait bien. »

En plus de s’at­tar­der à l’évo­lu­tion de Saint-an­selme, Yves Tur­geon es­père aus­si mettre la main à la pâte sur cer­tains vo­lets ré­gio­naux. Il ob­serve lui aus­si la ten­dance vers des re­grou­pe­ments à cer­tains ni­veaux. «Il faut ap­puyer nos voi­sins dans leur dé­ve­lop­pe­ment aus­si et trou­ver notre ori­gi­na­li­té, créer des so­li­da­ri­tés. »

À titre d’exemple, il se dit au fait des in­ten­tions des MRC de la Beauce de re­joindre la Cy­clo­route de Bel­le­chasse dans sa lo­ca­li­té. « Il fau­dra voir quel pour­rait être le rôle de Saint-an­selme là-de­dans. C’est une in­fra­struc­ture ré­gio­nale et in­ter-mrc. L’idée est bonne, mais fau­dra voir au ni­veau fi­nan­cier ce que ce­la im­pli­quer et aus­si voir com­ment ce­la pour­rait être moins dé­ran­geant pour les pro­prié­taires des ter­rains concer­nés ».

(Pho­to La Voix du Sud - Ar­chives)

Yves Tur­geon s’est dit sur­pris, mais très sa­tis­fait de sa vic­toire.

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