Mi­chel Bon­neau se­rein dans la dé­faite

La Voix du Sud - - QUELQUES ANECDOTES - ÉRIC GOURDE re­dac­tion_­la­cet­che­min@tc.tc

MU­NI­CI­PAL. Dé­fait di­manche soir lors de l’élec­tion mu­ni­ci­pale, l’ex-maire de Saint-an­selme, Mi­chel Bon­neau, avoue avoir été sur­pris et très dé­çu du ré­sul­tat.

Se­lon lui, toute per­sonne qui se pré­sente dans une cam­pagne élec­to­rale doit jus­te­ment être prête à ac­cep­ter un tel ver­dict. « En cam­pagne, tout le monde te dit qu’ils vont vo­ter pour toi mais ça, c’est un com­por­te­ment hu­main et ça fait par­tie de la vie. La pos­si­bi­li­té de perdre est tou­jours là et il faut être ca­pable de l’ac­cep­ter. Les gens éva­lue­ront s’ils ont fait un bon choix le temps ve­nu. Moi, je peux pen­ser que j’étais l’homme de la si­tua­tion pour un autre quatre ans, la po­pu­la­tion en a dé­ci­dé au­tre­ment.»

Une chose est cer­taine, Mi­chel Bon­neau ne lais­sait per­sonne in­dif­fé­rent avec sa fa­çon de faire. Il es­time en­core que c’était la bonne. « Après 12 ans, je pars la tête haute. J’ai fait le tra­vail pour le­quel on m’avait élu. Je suis un dé­ve­lop­peur et quel­qu’un de conti­nuel­le­ment po­si­tif. À bien des en­droits, des gens oc­cupent une fonc­tion et n’ont pas les ca­pa­ci­tés de la rem­plir. À l’oc­ca­sion, ces gens-là n’ont pas l’équipe pour les rendre bons. Je pense que j’ai été quel­qu’un qui a été ca­pable de le faire et de mon­ter ceux qui m’ac­com­pa­gnaient à un ni­veau. J’ai tra­vaillé avec des gens à l’es­prit très ou­vert et dy­na­miques qui ont cru dans les pro­jets qu’on ame­nait. »

Son bi­lan à la di­rec­tion de sa lo­ca­li­té n’est pas né­gli­geable et Mi­chel Bon­neau n’hé­site pas à s’at­tri­buer cer­tains mé­rites à cet égard. «Pour­quoi à Saint-an­selme nous nous sommes re­vi­ta­li­sés? Ce n’est pas moi qui ai in­ves­ti, mais j’ai fait mon tra­vail de pro­po­ser des choses aux en­tre­pre­neurs, d’être à l’af­fût de leurs be­soins et d’être dis­po­nible pour eux. J’ai eu la même at­ti­tude avec les dé­ve­lop­pe­ments do­mi­ci­liaires que l’on a réa­li­sés en étant plus proac­tif. Nous avons dé­ve­lop­pé 65 ter­rains d’un coup à mon ar­ri­vée. Nous les avons ven­dus en 28 mois. J’ai ame­né une nou­velle fa­çon de pen­ser, c’était mon rôle.»

M. Bon­neau croit avoir concré­ti­sé la ma­jo­ri­té des choses qu’il sou­hai­tait li­vrer à la mai­rie. S’il avait pu pour­suivre son man­dat, il au­rait pu pour­suivre sur la lan­cée se­lon ses dires. «Nous avons agran­di l’école pri­maire deux fois. La po­ly­va­lente était en dan­ger, car nous n’avions plus d’élèves de­dans. On a réa­li­sé une piste cy­clable ex­tra­or­di­naire pour Bel­le­chasse et je fais par­tie des quatre qui l’ont ini­tié. J’es­père que les sui­vants s’en ser­vi­ront comme ou­til de dé­ve­lop­pe­ment. »

Il au­rait d’ailleurs ai­mé pou­voir re­lier le parc des chutes Rouillard à la Cy­clo­route. «C’est un des beaux en­droits dans la ré­gion. On n’a pas réus­si à le faire, mais ce n’est pas un échec. Des ci­toyens n’y croyaient pas, des conseillers non plus. Nous avions la réa­li­té du bud­get que ce­la im­pli­quait et des droits de pas­sages en cause aus­si.»

L’ÉMER­GENCE DES RÉ­SEAUX SO­CIAUX

La cam­pagne élec­to­rale a été par­ti­cu­liè­re­ment ani­mée à Saint-an­selme, en par­tie avec l’ar­ri­vée des ré­seaux so­ciaux. M. Bon­neau en a fait usage à plu­sieurs re­prises et re­fe­rait la même chose mal­gré la tour­nure qu’ont pris cer­tains dé­bats dans la cam­pagne. « J’ai uti­li­sé le Fa­ce­book parce que c’est une fa­çon de re­joindre les gens. Mal­heu­reu­se­ment, cer­tains peuvent vo­mir tout ce qu’ils veulent là-des­sus. Ils sont très cou­ra­geux seul de­vant leur cla­vier et plu­sieurs disent n’im­porte quoi, ils n’ont au­cun filtre et ont l’im­pres­sion qu’il n’y a pas de consé­quences. C’est main­te­nant le pire en­ne­mi de tout le monde en politique. On le voit avec Trump et on l’a vu avec Co­derre à Mont­réal.»

Il dé­plore éga­le­ment que plu­sieurs per­sonnes aient com­men­té des dos­siers alors qu’ils n’étaient pas bien in­for­més ou n’étaient tout sim­ple­ment pas ré­si­dents de Saint-an­selme. «Des gens ne vo­taient pas ici, n’ont par­ti­ci­pé à au­cune ren­contre, étaient très mal in­for­més et se sont per­mis de com­men­ter et de ju­ger le tra­vail qui a été fait. Des gens ont vé­hi­cu­lé des choses à mon égard re­la­ti­ve­ment à la re­la­tion que j’avais avec mes conseillers. C’est fa­cile de dire ça sur un ré­seau so­cial quand tu n’es jamais ve­nu à une seule ren­contre du conseil.»

AVEC PHI­LO­SO­PHIE

Ayant eu peu de temps pour ré­flé­chir à la suite des choses, il es­time tout de même avoir dé­jà en­cais­sé la nou­velle et se dit prêt à pas­ser à autre chose. «Perdre c’est désa­gréable. C’est une perte im­por­tante, mais j’ai dé­jà per­du des choses plus im­por­tantes dans ma vie. Avant d’être maire, j’avais une vie et après, j’en au­rai une aus­si. Il faut prendre ce­la avec phi­lo­so­phie. Je n’ai pas in­ven­té Saint-an­selme. Ça fait 180 ans qu’on est entre Saint-hen­ri et Sainte-claire. Avant moi, il y avait un maire qui a fait de son mieux, moi j’ai fait de mon mieux et main­te­nant ce se­ra quel­qu’un d’autre qui fe­ra de même, à son ni­veau et à sa ma­nière.»

Si une chose change main­te­nant dans la vie de Mi­chel Bon­neau, c’est son de­voir de ré­serve. «Je n’ai plus de ligne de conduite. Quand tu re­de­viens un in­di­vi­du, tu re­gagnes une cer­taine li­ber­té. Je vais pou­voir dire ce que je veux, à qui je veux et quand je veux. Je n’au­rai plus à gar­der de se­crets en rai­son de la fonc­tion que j’oc­cu­pais. »

Son suc­ces­seur, Yves Tur­geon, au­ra main­te­nant à ral­lier son conseil mu­ni­ci­pal à ses idées, es­time M. Bon­neau. «85% du bud­get d’une mu­ni­ci­pa­li­té est dé­ci­dé par les obli­ga­tions que l’on a. Pour le reste, comme maire, tu as le de­voir de créer une am­biance po­si­tive et de pro­fi­ter des oc­ca­sions. Tu as aus­si le de­voir d’ame­ner des pro­jets et quand ton conseil te donne une di­rec­tion, tu te dois de la suivre et je n’ai jamais dé­ro­gé de ça.»

(Pho­to La Voix du Sud - Éric Gourde)

Mi­chel Bon­neau avait le sou­rire, mal­gré la dé­faite, lors­qu’il nous a re­çu.

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