Un contrat dans Outremont pour Pa­vages d’Amour

La Voix Pop - - ACTUALITÉS - ROMAIN SCHUÉ romain.schue@tc.tc

PO­LI­TIQUE. Au­teure d’un ser­vice de dé­nei­ge­ment ju­gé « exé­crable » par le maire de Mon­tréal, De­nis Co­derre, l’en­tre­prise Pa­vages d’Amour re­fe­ra fi­na­le­ment af­faire avec la Ville de Mon­tréal.

Un contrat de 1,9 M$ a été ac­cor­dé le 3 mai par le co­mi­té exé­cu­tif à cette en­tre­prise pour des tra­vaux de re­cons­truc­tion de conduites d’égout et d’aque­duc ain­si que de ré­fec­tion de la chaus­sée et des trot­toirs dans l’ar­ron­dis­se­ment d’Outremont. Ces tra­vaux de­vraient dé­bu­ter en juillet et se ter­mi­ner en oc­tobre.

Pa­vages d’Amour a pour­tant fait les man­chettes cet hi­ver. Plus de 1200 plaintes de ci­toyens avaient été dé­po­sées contre la firme res­pon­sable du dé­nei­ge­ment dans le Sud-Ouest. Cette der­nière com­men­çait alors la pre­mière an­née d’un contrat de cinq ans d’une va­leur de 13,8 M$.

Des constats si­mi­laires avaient été faits dans Ahunt­sic–Car­tier­ville. Le conseiller de Bor­deaux-Car­tier et vice-pré­sident du co­mi­té exé­cu­tif de la Ville, Ha­rout Chi­ti­lian, s’était même dit « fu­rieux ».

Après avoir ju­gé cette si­tua­tion «in­ac­cep­table » à la mi-fé­vrier, Pierre Des­ro­chers, le pré­sident du co­mi­té exé­cu­tif, avait re­com­man­dé la ré­si­lia­tion du contrat de Pa­vages d’Amour dans le Sud-Ouest.

Pour ob­te­nir ce contrat mu­ni­ci­pal Pa­vages d’Amour a sou­mis une pro­po­si­tion in­fé­rieure de 12 % à l’éva­lua­tion me­née par la Ville. Six com­pa­gnies avaient aus­si dé­po­sé une offre.

Une si­tua­tion qui étonne l’op­po­si­tion à l’Hô­tel de Ville. « Après un tel dé­ra­page, com­ment se fait-il que l’on donne en­core des contrats im­por­tants à cette en­tre­prise ? ques­tionne Valérie Plante, chef de Pro­jet Mon­tréal. On au­rait pu at­tendre un peu avant de trai­ter à nou­veau avec elle. »

PAS SUR LA  LISTE NOIRE 

À ce jour, Pa­vages d’Amour n’est pas ins­crite sur la « liste noire » de la Ville – une liste qui ré­per­to­rie les en­tre­prises ju­gées pro­blé­ma­tiques – ni dans le do­maine du dé­nei­ge­ment, ni dans ce­lui des tra­vaux de voi­rie, ex­plique Phi­lippe Sabourin, porte-pa­role ad­mi­nis­tra­tif de la Ville.

«Un li­tige est en cours», men­tionne-t-il, ad­met­tant que l’en­tre­prise « pour­rait ar­ri­ver sur cette liste » à l’ave­nir. Une telle me­sure per­met­trait à la Ville de ne pas ac­cor­der sys­té­ma­ti­que­ment un contrat au plus bas sou­mis­sion­naire. Les élus au­raient dans ce cas un pou­voir dis­cré­tion­naire et pour­raient re­fu­ser une telle en­tente.

Alors que l’ad­mi­nis­tra­tion pré­cise ob­te­nir « un ni­veau de ser­vice sa­tis­fai­sant en ce qui a trait aux tra­vaux d’in­fra­struc­tures», Pa­vages d’Amour confirme n’avoir «ja­mais eu de pro­blème » dans ce do­maine. « Je suis au cou­rant de ce qu’il s’est pas­sé, mais notre par­tie n’a au­cun lien avec le dé­nei­ge­ment. On a d’ex­cel­lentes re­la­tions avec la Ville et on va conti­nuer d’of­frir les mêmes ser­vices que l’on don­nait », cer­ti­fie Do­mi­nic Bou­ras­sa, char­gé de pro­jet au dé­par­te­ment de gé­nie ci­vil de la firme.

(Pho­to:TC Me­dia – Ni­cho­las De Ro­sa)

Pa­vages d’Amour a ob­te­nu ce nou­veau contrat mu­ni­ci­pal en étant le plus bas sou­mis­sion­naire.

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