In­ven­tion mé­di­cale

La Voix Pop - - LA UNE - JUSTINE GRAVEL justine.gravel@tc.tc

SANTÉ. Il a fal­lu plus de 10 ans de re­cherches au pro­fes­seur Yvan Pe­tit de l’École de tech­no­lo­gie su­pé­rieure (ÉTS) pour que son in­ven­tion, l’im­plant Y3, soit ho­mo­lo­guée par Santé Ca­na­da et la Food and Drug Ad­mi­nis­tra­tion (FDA) aux États-Unis. La pro­thèse sou­lage les maux des per­sonnes vi­vant avec une frac­ture du grand tro­chan­ter en fixant cette par­tie su­pé­rieure du fé­mur à la hanche.

Il s’agit d’une pre­mière pour l’ÉTS de­puis ses dé­buts, il y a 44 ans. « Voir son in­ven­tion se faire ho­mo­lo­guer est très rare dans le mi­lieu bio­mé­di­cal. C’est le tra­vail d’une vie », dit le cher­cheur, dont l’ob­jec­tif pre­mier était de contri­buer à ai­der la santé des gens.

La frac­ture du grand tro­chan­ter se pro­duit chez près de 10 % des pa­tients ayant su­bi un rem­pla­ce­ment to­tal de la hanche, ce qui est le cas de plus de 50 000 Ca­na­diens. Cet os de la cuisse est gran­de­ment fra­gi­li­sé à la suite de cette opé­ra­tion, ma­jo­ri­tai­re­ment réa­li­sée chez des per­sonnes âgées.

« Quand une per­sonne vit des com­pli­ca­tions à la suite d’une ar­thro­plas­tie de la hanche, ça re­pré­sente un risque de mor­ta­li­té dans l’an­née qui suit, in­dique M. Pe­tit. Ça en­gendre une grande perte d’au­to­no­mie et ils ne peuvent plus ré­pondre à leurs be­soins ».

MEILLEURE SO­LU­TION

Le cher­cheur s’est at­te­lé à la tâche lorsque son col­lègue le Dr Yves La­flamme de l’Hô­pi­tal Sa­cré-Coeur, où est amé­na­gé son la­bo­ra­toire, lui a fait part que les so­lu­tions exis­tantes pour ce type de frac­ture étaient loin d’être sa­tis­fai­santes, avec un taux d’échec d’en­vi­ron 30 %.

« C’était urgent d’in­ven­ter autre chose », se sou­vient M. Pe­tit. C’est donc en 2007 qu’il a dé­bu­té ac­ti­ve­ment sa quête de ré­sul­tat, ac­com­pa­gné du Dr La­flamme et de Yan Bour­geois, alors étu­diant à la maî­trise à l’ÉTS.

Do­té de deux branches dis­po­sées en forme de Y, l’im­plant per­met de fixer la par­tie su­pé­rieure du fé­mur à la hanche de ma­nière à ce que la per­sonne puisse bou­ger à sa guise sans ris­quer de re­tour­ner sur la table d’opé­ra­tion en rai­son de com­pli­ca­tions.

« Les im­plants exis­tants fonc­tion­naient si la per­sonne se conten­tait de faire des gestes simples, comme mar­cher, mais ne fonc­tion­naient pas pour des gestes se­con­daires comme se le­ver d’une chaise ou faire des tor­sions», ex­plique M. Pe­tit.

COM­MER­CIA­LI­SA­TION

De­puis l’ho­mo­lo­ga­tion de l’im­plant par Santé Ca­na­da et la FDA au prin­temps der­nier, AmorC­hem, un fonds de ca­pi­tal de risque in­ves­tis­sant dans des pro­jets pro­ve­nant d’uni­ver­si­tés, dé­tient la li­cence pour com­mer­cia­li­ser l’ins­tru­ment mé­di­cal aux États-Unis et au Ca­na­da.

« Pré­sen­te­ment la stra­té­gie com­mer­ciale est tou­jours en cours, in­dique le cher­cheur de 53 ans. Le Dr La­flamme est im­pa­tient de pou­voir pré­sen­ter cette so­lu­tion à ses pa­tients ».

Pour le mo­ment, l’im­plant Y3 n’a ja­mais été tes­té sur des êtres vi­vants, il a plu­tôt fait l’objet de tests sur des ca­davres de per­sonnes ayant don­né leur corps à la science. M. Pe­tit compte en­ta­mer des études cli­niques dès que son in­ven­tion se­ra sur le mar­ché.

(Pho­tos: TC Me­dia - Isa­belle Ber­ge­ron)

Main­te­nant que l’im­plant Y3 est ap­prou­vé par les au­to­ri­tés sa­ni­taires ca­na­diennes et amé­ri­caines, l’in­ven­tion du cher­cheur Yvan Pe­tit, pour­ra être uti­li­sé au­près des pa­tients.

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