Fin des né­go­cia­tions

La Voix Pop - - ACTUALITÉS - JUSTINE GRAVEL Justine.gravel@tc.tc

ÉDU­CA­TION. Me­na­cés d’ex­pul­sion, les six centres d’édu­ca­tion po­pu­laire, dont ceux de Pointe-Saint-Charles, la Pe­tite-Bour­gogne et Saint-Hen­ri, ont été contraints de si­gner leurs baux. Les né­go­cia­tions avec la Com­mis­sion sco­laire de Mon­tréal (CSDM), en cours de­puis oc­tobre, ont achop­pé no­tam­ment sur le fait que do­ré­na­vant, les or­ga­nismes de­vaient payer un loyer.

« Ça fait 50 ans que nous sommes lo­gés gra­tui­te­ment », dé­plore Ni­co­las De­lisle-L’Heu­reux, du Car­re­four d’édu­ca­tion po­pu­laire de Pointe-Saint-Charles.

Les né­go­cia­tions sont tom­bées au point mort lorsque les or­ga­nismes ont re­çu une lettre le 6 dé­cembre les som­mant de si­gner le bail ou de se trou­ver un autre lo­cal. C’est donc avec « le cou­teau à la gorge » qu’ils ont ac­cep­té les nou­velles clauses.

«C’est une honte, s’est in­sur­gée Vio­laine Cou­si­neau, com­mis­saire in­dé­pen­dante du Sud-Ouest lors du conseil des com­mis­saires le 24 jan­vier. Ce n’était pas une fleur qui leur était faite ces der­nières an­nées d’être lo­gés gra­tui­te­ment, ils ont vrai­ment une mis­sion com­plé­men­taire à celle de la CSDM ».

SI­TUA­TION PRÉCAIRE

Le loyer s’élè­ve­ra à 3,23 $ par pied car­ré, ce qui si­gni­fie que le Car­re­four d’édu­ca­tion po­pu­laire de Pointe-Saint-Charles de­vra dé­bour­ser en­vi­ron 37 000 $ par an­née à comp­ter de 2023. Étant un plus grand centre, le loyer du Co­mi­té d’édu­ca­tion aux adultes de la Pe­tite-Bour­gogne et de Saint-Hen­ri (CEDA) se chif­fre­ra au­tour de 160 000 $ par an.

Ces cinq an­nées de sur­sis ne re­pré­sentent qu’une ap­pa­rence de gra­tui­té aux yeux de M. De­lisle-L’Heu­reux. À par­tir de juin 2019, les centres pour­raient de­voir as­su­mer leurs frais d’opé­ra­tion, comme l’élec­tri­ci­té, le chauf­fage et l’en­tre­tien, payés pour le mo­ment par le mi­nis­tère de l’Édu­ca­tion.

«En réa­li­té, nous de­vrons dé­bour­ser au mi­ni­mum 40 000 $ à 45 000 $ par an­née seule­ment pour pour­suivre nos ac­ti­vi­tés dans le bâ­ti­ment », sou­ligne-t-il.

Une si­tua­tion qui touche di­rec­te­ment la pé­ren­ni­té des or­ga­nismes, sur­tout de­puis la coupe des sub­ven­tions de la CSDM en 2012. «Toute notre éner­gie est dé­pen­sée à sur­vivre, dit M. De­lisle-L’Heu­reux. Pen­dant ce temps-là, on ne dé­ve­loppe pas notre mis­sion ».

Les or­ga­nismes se­ront aus­si su­jets à ex­pul­sion après six ans d’oc­cu­pa­tion pour que la CSDM ré­cu­père les lo­caux se­lon ses be­soins.

LA CSDM SE DÉFEND

La pré­si­dente de la CSDM, Ca­the­rine Ha­rel-Bour­don, ad­met que l’ave­nue de la me­nace n’était pas la meilleure fa­çon de pro­cé­der, mais que c’était né­ces­saire de conclure le bail ra­pi­de­ment avant le 31 jan­vier. Elle sou­tient tou­te­fois que les condi­tions des baux, qui s’éche­lonnent sur 15 ans, sont plus qu’ac­cep­tables.

« Nous ne pou­vons pas payer en plus leurs frais d’opé­ra­tion avec l’ar­gent des élèves alors que tous nos autres lo­ca­taires paient un loyer », se défend-elle.

D’ici là, les or­ga­nismes conti­nue­ront à faire pres­sion au­près du gou­ver­ne­ment pour qu’il conti­nue à as­su­mer ses frais, mais rien n’est ga­ran­ti. Ils le sau­ront seule­ment lors de la pré­sen­ta­tion du bud­get pro­vin­cial de mars 2019.

(Pho­to : TC Me­dia – Justine Gravel)

De­puis les nou­velles condi­tions de son bail, le CEDA pour­rait payer jus­qu’à 160 000 $ de loyer à par­tir de 2023.

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