Deux vi­sions s’op­posent à l’île Du­pas

Qu’ar­ri­ve­ra-t-il de l’église et du ré­fé­ren­dum po­pu­laire ?

L'Action D'Autray - - ACTUALITÉS - Isa­belle Pa­du­la

Pour la deuxième fois en quelques mois la séance du conseil mu­ni­ci­pal de l’île Du­pas a été annulée faute d’avoir quo­rum . Il faut dire que deux conseillers ont quit­té leur poste l’an der­nier et qu’il reste seule­ment quatre conseillers et le maire à sié­ger dans la pe­tite mu­ni­ci­pa­li­té. Les conseillers Léo­pold Gou­let et Alain Goyette n’ont pas par­ti­ci­pé à la der­nière réunion, ce qui a eu pour consé­quence d’an­nu­ler la séance. Le pro­blème: l’ac­qui­si­tion de l’église par la mu­ni­ci­pa­li­té via un ré­fé­ren­dum po­pu­laire. Quel ave­nir se­ra ré­ser­vé à l’église de l’île Du­pas ? Qu’ar­ri­ve­rat-il de la vie dé­mo­cra­tique du­pa­sienne ?

En fé­vrier der­nier, 150 ci­toyens ont par­ti­ci­pé à une ren­contre d’in­for­ma­tions sur le pro­jet d’en­tente entre la fa­brique et la mu­ni­ci­pa­li­té vi­sant l’ac­qui­si­tion de l’église. Le mi­nistre Ber­nard Drain­ville était sur place tout comme le re­pré­sen­tant du dé­pu­té An­dré Villeneuve, des membres du Centre lo­cal de dé­ve­lop­pe­ment de la MRC de D’Au­tray et le conseil mu­ni­ci­pal. Le co­mi­té Ave­nir et Vo­ca­tion de l’église avait alors an­non­cé que les ci­toyens se­raient in­vi­tés sous peu à s’ex­pri­mer lors d’un ré­fé­ren­dum po­pu­laire sur l’ave­nir de leur église. Mo­né­tai­re­ment, les ci­toyens de­vaient se pro­non­cer s’ils ac­cep­taient de payer une somme de 100$ pen­dant 10 ans pour la sau­ve­garde de l’église. Mais de­puis, au­cune ac­tion n’a été réa­li­sée, car la ré­so­lu­tion né­ces­saire pour pro­cé­der au ré­fé­ren­dum po­pu­laire sur cette ques­tion ne passe pas au conseil mu­ni­ci­pal.

Vi­sion du maire

Le maire Mau­rice Dé­sy est ca­té­go­rique: l’as­pect mo­né­taire du dos­sier ne tient pas la route et voi­là pour­quoi il s’op­pose fer­me­ment à un ré­fé­ren­dum po­pu­laire sur le pro­jet d’en­tente. « Les chiffres ne sont pas sé­rieux, le do­cu­ment n’est pas clair et les études ne sont pas ter­mi­nées. » Le maire pro­pose de re­faire l’exer­cice avec un ar­chi­tecte et une étude de fai­sa­bi­li­té. Monsieur Dé­sy avance que la mu­ni­ci­pa­li­té as­su­me­rait les coûts d’une telle dé­marche et qu’il ac­cep­te­rait d’al­ler en ré­fé­ren­dum po­pu­laire par la suite. « Mais cette fois ce se­ra avec de vrais chiffres qui se­lon moi tour­ne­ront da­van­tage au­tour de 250$ an­nuel­le­ment. » Plu­sieurs ci­toyens se posent la ques­tion à sa­voir si le maire est pour ou contre le pro­jet. « Mon im­pres­sion n’est pas trop fa­vo­rable à cette ac­qui­si­tion », avoue-t-il. Quelle est sa so­lu­tion ? « Je vou­drais que la fa­brique garde l’église cinq ou six ans en­core. Dans l’im­mé­diat, nous ne sommes pas obli­gés de la dé­mo­lir ni de la fer­mer. » ré­pond-il. Syl­vie Tou­pin, se­cré­taire-tré­so­rière de la mu­ni­ci­pa­li­té, tient à gar­der ses dis­tances avec la si­tua­tion. « Je veux de­meu­rer neutre. » af­firme-t-elle.

Vi­sion du co­mi­té

Alain Goyette, conseiller mu­ni­ci­pal, est exas­pé­ré de la si­tua­tion. « La pro­blé­ma­tique est dé­mo­cra­tique. Une ma­jo­ri­té de per­sonnes veulent se pro­non­cer sur le pro­jet d’en­tente conclu entre la mu­ni­ci­pa­li­té et la fa­brique, sont prêtes à al­ler vo­ter et à res­pec­ter le choix qui se­ra fait. Par en­tê­te­ment ou in­com­pré­hen­sion, le maire fait tout ce qu’il y a en son pou­voir pour que cet exer­cice dé­mo­cra­tique ne se réa­lise pas et je ne com­prends pas pour­quoi. Nous sommes de la même équipe élec­to­rale et notre pro­gramme s’in­ti­tu­lait pour­tant Sau­vons le coeur du vil­lage. » Et pour ce qui est de la cré­di­bi­li­té des chiffres ? « La taxe se­rait fixée à 100$ an­nuel­le­ment tel qu’il ap­pa­rait sur le pro­jet d’en­tente, ré­itère monsieur Goyette. Un co­mi­té a tra­vaillé sur le pro­jet d’en­tente pen­dant plus d’un an avec des ex­perts et plu­sieurs re­pré­sen­tants dont le maire d’ailleurs. À quoi ser­vi­rait un re­tour à la case dé­part ? » se de­mande-t-il.

L’ave­nir

Qu’ar­ri­ve­ra-t-il de la vie dé­mo­cra­tique du­pa­sienne ? « C’est dif­fi­cile pour Léo­pold Gou­let et moi d’ac­cep­ter de nous as­seoir avec cer­tains gens du conseil qui agissent contre la dé­mo­cra­tie. Nous sommes ac­tuel­le­ment en ré­flexion pour trou­ver une ma­nière de faire fonc­tion­ner l’ap­pa­reil mu­ni­ci­pal au­tre­ment. » Jean Drain­ville, pré­sident du co­mi­té Ave­nir et Vo­ca­tion de l’église, est dé­çu. « Les conseillers avaient choi­si une ap­proche qui per­met­tait à la po­pu­la­tion de s’ex­pri­mer dé­mo­cra­ti­que­ment et là les agis­se­ments du maire semblent nous me­ner droit à une im­passe. » Le temps presse, rap­pelle monsieur Drain­ville, car l’ac­tuelle pa­roisse se­ra in­ces­sam­ment dis­so­lue pour faire place à une nou­velle fa­brique. Les du­pa­siens ne se­ront alors plus seuls à dé­ci­der du sort de leur église.

Pho­to Isa­belle Pa­du­la

Les ci­toyens de l’île Du­pas pour­ront-ils se pro­non­cer sur l’ave­nir de leur église dans le cadre d’un ré­fé­ren­dum po­pu­laire ?

Pho­to Isa­belle Pa­du­la

Les conseillers mu­ni­ci­paux Alain Goyette et Léo­pold Gou­let sont tous deux en fa­veur d’un pro­ces­sus de consul­ta­tion au­près de leurs conci­toyens quant à l’ave­nir de l’église.

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