La co­lère d’un agri­cul­teur cu­th­ber­tois

Condam­na­tion à une amende de 5,000 $, plus les frais

L'Action D'Autray - - ACTUALITÉS - Pierre Bel­le­mare

Res­pec­teux de l’en­vi­ron­ne­ment dans ses pra­tiques cultu­rales, l’agri­cul­teur Jean-Fran­çois Gross de Saint-Cu­th­bert ne dé­co­lère pas en­vers le mi­nis­tère du Dé­ve­lop­pe­ment du­rable, de l’En­vi­ron­ne­ment, de la Faune et des Parcs. Il est ex­cé­dé d’être poin­té du doigt pour une amende de 5,000$ (plus les frais) à la­quelle il a été condam­né.

Il juge qu’il se re­trouve à por­ter le cha­peau pour une er­reur qu’un sous-trai­tant a com­mise en dé­po­sant des boues de pa­pe­tières à 200 plu­tôt qu’à 300 mètres, comme l’exige la rè­gle­men­ta­tion, d’un ou­vrage de cap­tage d’eau sou­ter­raine des­ti­née à la consom­ma­tion hu­maine. Il ne peut lui ré­cla­mer des dom­mages puisque ce­lui-ci n’est pas sol­vable (faillite).

Fer­ti­li­sa­tion

Culti­vant du blé, du soya et du maïs sur quelque 900 hec­tares, M. Gross se sert des boues de pa­pe­tières comme fer­ti­li­sants. Il se fait fort, de­puis 2001, de n’uti­li­ser au­cun fer­ti­li­sant chi­mique à base de phos­phore et de po­tasse.

« On va­lo­rise les ma­tières ré­si­duelles des pa­pe­tières et, mal­heu­reu­se­ment, on se re­trouve res­pon­sable par ricochet de l’er­reur d’un in­ter­mé­diaire », af­firme-t-il. Il dit avoir fait confiance à ces gens-là. M. Gross ne traite pas di­rec­te­ment avec les pa­pe­tières.

Il croit qu’on fait de lui un cas d’es­pèce et que le mi­nis­tère de­vrait s’at­ta­quer à des dos­siers plus im­por­tants. « J’ai l’im­pres­sion d’avoir été trai­té au plus bas ni­veau par l’En­vi­ron­ne­ment », main­tient-il.

L’agri­cul­teur cu­th­ber­tois s’est dé­fen­du lui­même en cour. Il croyait ob­te­nir la clé­mence du Tri­bu­nal, en consi­dé­rant l’er­reur d’un in­ter­mé­diaire sur qui il n’avait au­cun contrôle puis­qu’il ne le payait pas. Il se consi­dère loin d’être un pol­lueur puis­qu’il prend soin de l’en­vi­ron­ne­ment.

Son but pre­mier, avec les boues de pa­pe­tières, est d’uti­li­ser des fer­ti­li­sants or­ga­niques sur sa ferme cé­réa­lière. Il pré­co­nise les mé­thodes les plus éco­lo­giques pos­sibles. « Quand on va­lo­rise, on aide l’en­semble de la so­cié­té à re­cy­cler les dé­chets de fa­çon éco­lo­gique », dit-il.

« Ça m’en­rage d’être con­si­dé­ré comme le der­nier des pol­lueurs alors que je fais exac­te­ment le contraire », ajoute-t-il.

M. Gross est membre du club en­vi­ron­ne­men­tal la­nau­dois « So­leil Le­vant ». Cet or­ga­nisme conseille les pro­duc­teurs (plus d’une cen­taine en sont membres) pour qu’ils adoptent des pra­tiques agroen­vi­ron­ne­men­tales saines.

M. Gross est un pré­cur­seur en ma­tière de pra­tiques cultu­rales.

De­puis 1993, il uti­lise la mé­thode du se­mis di­rect. C’est une fa­çon de faire qui crée le moins d’impact sur le sol, qui évite d’en bri­ser l’équilibre na­tu­rel. On ne la­boure pas avant de se­mer. On conserve les ré­si­dus de culture au sol pour le pro­té­ger contre l’éro­sion. En forte sai­son, dix per­sonnes tra­vaillent à la ferme de M. Gross.

Pho­to Pierre Bel­le­mare

Jean-Fran­çois Gross

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