De la cha­leur hu­maine à pro­fu­sion à La­no­raie

Confé­rence de Co­lette Pro­ven­cher

L'Action D'Autray - - LA UNE - PIERRE BELLEMARE

Son ex­pé­rience a cap­ti­vé la cen­taine de per­sonnes ve­nues l’en­tendre dans le cadre d’une ac­ti­vi­té or­ga­ni­sée par le Ré­seau des ai­dants na­tu­rels D’au­tray.

CHEMINEMENT

Ori­gi­naire de Trois-ri­vières, Co­lette Pro­ven­cher pos­sède une vie im­pré­gnée par l’aide aux autres.

Ca­dette d’une fa­mille de cinq en­fants, elle men­tionne qu’elle n’était pas la pré­fé­rée de sa mère. Cet as­pect a tein­té son che­min de vie. Elle a été en quête de se faire ai­mer par les gens qui l’en­tou­raient, qu’elle cô­toyait. À titre d’exemple, elle a men­tion­né qu’il lui ar­ri­vait d’ac­cep­ter une in­vi­ta­tion à sou­per et d’ar­ri­ver avec une bou­teille de vin… l’en­trée et le des­sert.

Elle pré­cise n’avoir ja­mais su dire non.

Co­lette Pro­ven­cher est mère de deux en­fants. Elle et son conjoint ont fait en sorte de ne pas avoir le même ho­raire de tra­vail. Re­ve­nant à la mai­son vers 18 heures, elle était là pour les re­pas, le do­do et re­tour­nait tra­vailler pour 23 heures.

« J’en ai mis de l’éner­gie. J’en ai fait des sa­cri­fices », ra­conte-t-elle.

À un cer­tain mo­ment, elle a pris charge des quatre en­fants de sa soeur, ve­nant de se sé­pa­rer. Il y avait donc six en­fants au­tour de la table et dans le quo­ti­dien. Cer­tains vi­vaient l’ado­les­cence. D’autres avaient be­soin d’un autre verre de lait.

Le temps a pas­sé. Les quatre en­fants sont re­tour­nés avec leur mère.

Plus tard, Mme Pro­ven­cher a vé­cu un di­vorce.

« La vie a conti­nué. J’ai dû en­core plus conci­lier car j’étais ren­due seule», ra­conte-t-elle. Par ailleurs, elle s’est oc­cu­pée de sa mère ha­bi­tant seule à Trois-ri­vières. Elle pré­pa­rait des plats et al­lait rem­plir men­suel­le­ment son congé­la­teur. Elle l’ap­pe­lait quatre fois par jour pour s’as­su­rer que tout al­lait bien. Elle lui de­man­dait par­fois de po­ser cer­tains gestes afin de s’as­su­rer qu’elle de­meure ac­tive.

Celle-ci est de­meu­rée au­to­nome jus­qu’à l’âge de 94 ans.

À cette époque, sa mère a de­man­dé d’al­ler ha­bi­ter chez sa soeur. De­meu­rant toutes deux Bou­cher­ville, il a été conve­nu que leur mère se re­trou­ve­rait en « garde par­ta­gée ». D’au­tant plus que sa soeur tra­vaillait le jour et que Co­lette était à l’an­tenne en soi­rée.

Sa mère était chez elle du lun­di au jeu­di. « Ç’a été le bon­heur », rap­pelle-t-elle. Du même coup,

TÉ­MOI­GNAGE.L’AT­MO­SPHÈRE s’est ré­chauf­fée gran­de­ment au pa­villon Jean-bour­don de La­no­raie, il y a quelques jours. Co­lette Pro­ven­cher, pré­sen­ta­trice météo à l’an­tenne du ré­seau TVA, s’est li­vrée d’une fa­çon gé­né­reuse dans une confé­rence sur son rôle de proche ai­dante.

l’échange mère-fille a per­mis de faire dis­pa­raitre des ir­ri­tants du pas­sé.

Au fil des se­maines et des mois, sa mère est de­ve­nue in­con­ti­nente. De ma­nière à ce qu’elle de­meure au­to­nome le plus long­temps pos­sible, Co­lette s’est as­su­rée qu’elle po­sait seule les gestes à la chambre de bain (en­le­ver le pan­ta­lon, le re­mettre). Même chose pour re­vê­tir ou en­le­ver les vê­te­ments, ma­tin et soir.

« Je n’avais plus de temps. Mon temps, c’était son temps », men­tionne-t-elle.

Du même coup, elle rap­pelle aux ai­dants na­tu­rels de ne pas ou­blier de pen­ser à eux.

En­trée à l’hô­pi­tal pour un rhume, sa mère est dé­cé­dée un 5 jan­vier.

«Prendre du temps pour moi, c’est d’être avec vous au­jourd’hui », a ter­mi­né Mme Pro­ven­cher.

(Photo TC Me­dia – Pierre Bellemare)

Co­lette Pro­ven­cher a par­lé de son rôle de proche ai­dante lors d’une ren­contre du Ré­seau des ai­dants na­tu­rels D’au­tray. Elle est en­ca­drée de la co­or­don­na­trice, Ka­rine Ra­telle, et de la pré­si­dente, Li­liane Blais.

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